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#226 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 27-10-2024 20:13:32
PS : Je rappelle que la présente discussion est née d'une question de curiosité :
« Question donc : Quel est le critère pour que la courbe d'un polynôme du 4ème degré $ax^4 + bx^3 + cx^2 + dx + e$ présente un axe de symétrie ? »
Et que la réactivation de cette discussion provient d'une autre question de curiosité :
Si les cinq coefficients sont des entiers choisis au hasard entre deux entiers $N_1$ et $N_2$, peut-on modéliser la probabilité que le polynôme puisse être retranscrit sous "sa forme canonique" $a(x - \alpha)^4 + \beta(x - \alpha)^2 + \gamma$ ?
[Ajouté] Et que dire de ta curiosité, Ernst ? La tienne a été bien plus motrice que la mienne ! Et quelles compréhensions a-t-elle générées !
#227 Re : Entraide (collège-lycée) » Exercice Math Expertes » 27-10-2024 19:09:27
Bonsoir,
Un point fondamental qu'il faut toujours garder à l'esprit, et que rappelle implicitement Yoshi, est que si $a \equiv b \pmod{n}$ , $a^k \equiv b^k \pmod{n}$.
Par ailleurs, Sophie est née en juillet 85 dans la Vienne (86), plus précisément à Poitiers (183). Elle a été la 48ème personne (pas forcément nouvelle-née ; des adultes peuvent aussi être enregistrés lorsqu'ils entrent dans le système administratif français) à être enregistrée par l'INSEE en juillet 1985 dans la ville de Poitiers.
#228 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 27-10-2024 18:47:41
Bonsoir Ernst, bonsoir Jean-Louis (content de retrouver tes interventions, sans doute trop rares), bonsoir à ceux qui viennent nous rendre visite ce soir,
Je rejoins tout à fait Jean-Louis : la curiosité ne permet pas seulement d'observer, mais permet, surtout, de comprendre et d'apprendre, et donc d'élargir notre connaissance du monde.
Je lisais hier dans l'Express une interview de l'anthropologue Ludovic Slimak expliquant dans son livre "Sapiens nu : le premier âge du rêve (Odile Jacob)" qu'il y a 70 000 - 50 000 ans Sapiens s'est mis à penser autrement.
Je cite l'article :
[...] il y a environ 70 000 à 50 000 ans, un déclic se produit presque partout sur Terre. Sapiens change. Il évolue. C’est alors une explosion de nouvelles technologies, parures, peintures, armes, dans un mouvement qui a progressé à un rythme de plus en plus rapide, jusqu’à aboutir à nos sociétés modernes. Alors qu’Homo Sapiens s’était voué, pendant des centaines de milliers d’années, à reproduire à l’identique ce que les anciens faisaient, il a radicalement opté pour le changement.
[...]
A un moment, des groupes humains sont sortis du processus de continuité et ont proposé autre chose. Ils sont entrés dans une mécanique où changer n’est plus tabou et où il est même devenu fondamental d’inventer de nouvelles choses, de nouvelles technologies, d’aller conquérir de nouveaux territoires.
Sans doute la curiosité a eu une grande part dans cette évolution : qu'y a-t-il derrière cette montage ? ou cette mer ? pourquoi se produit tel phénomène que j'observe ? pourquoi telle amélioration technique produit tel effet ? — je rappelle à ce propos que la thermodynamique est née de la nécessité de comprendre les principes de fonctionnement de la machine à vapeur, et donc d'en optimiser son utilisation — et si j'essayais ceci ou cela ?
Ce n'est bien sûr pas la curiosité qui crée la conviction, mais bien la concordance entre la théorie et la réalité. (Einstein n'a commencé à être cru qu'à partir du moment où on a pu effectivement observer la déviation de la lumière d'étoiles visuellement proches du Soleil.)
Mais pour qu'une théorie puisse se mettre en place, il faut qu'ait préalablement joué le puissant moteur qu'est la curiosité. Comme je le rappelle dans ma signature, « Pourquoi ? » est sans doute le principal moteur de la connaissance.
Ernst, je n'ai pas bien compris ce que tu mentionnes
L’autre aspect fascinant ici, c’est celui de l’infini. Au départ je remarque une concentration des solutions autour de zéro et donc une raréfaction avec l’éloignement. [...]
#229 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 26-10-2024 06:24:28
Bonjour à tous,
Combien manquent à l'enseignement, et pas seulement des maths, la curiosité, la découverte, l'étonnement, l'émerveillement, les interrogations passant de nébuleuses à résolues, la recherche de nouvelles voies, et toute la théâtralisation qui va avec !
#230 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 25-10-2024 22:53:03
Pour moi le plaisir des maths, c’est exactement celui-là, découvrir des structures, s’émerveiller de celles-ci, et essayer de les comprendre.
Oui !!
#231 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 25-10-2024 21:49:49
Hello Ernst, bonsoir tout le monde,
Là tu m'émerveilles !
Je ne me doutais pas en réactivant le sujet avec ma question que j'allais provoquer un tel intérêt et de tels développements ! Merci ! :-)
J'avais écrit au début de tes pages interactives qu'elles pouvaient devenir addictives.
Je confirme : on peut se laisser engloutir à essayer différentes combinaisons et à s'étonner de toutes les bizarreries, effectivement pas du tout intuitives, qu'on découvre.
Par exemple, pour les intervalles [1,1], [-4,4], [-4,4], [-3,3] le calcul génère 27 solutions (dont les solutions avec $b = 0$ entraînant $d = 0$ qui se se traduisent par « à partir du moment où $b = 0$, un polynôme de degré 4 ne peut être symétrique que si $d = 0$ », ce qui semble logique).
Mais ensuite, quelle que soit la borne inférieure en dessous de -4, par exemple -100, ou quelle que soit la borne supérieure au-delà de +4, par exemple 1000, on obtient toujours les mêmes 27 solutions. C'est fou.
#232 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 24-10-2024 22:04:50
Bonsoir Ernst, bonsoir à tous
Merciii pour cette belle collection de polynômes symétriques, dont je me suis amusé à visualiser la première colonne sur GeoGebra !! :-)
Tu as parfaitement résumé !
Et c'est très plaisant de voir concrètement les combinaison ad hoc, et de pouvoir en choisir à souhait, voire d'en créer par simple multiplication par un entier.
J'ai été surpris de voir qu'il y a des combinaisons avec $a = 4$ qui soient autonomes : je pensais que ces combinaisons résulteraient systématiquement de combinaisons avec $a = 2$ multipliées par 2.
Note : Les polynômes bicarrés (c'est-à-dire avec $b = 0$ et $d = 0$) — à quand les polynômes bigarrés ? — sont systématiquement symétriques.
Si $c$ est positif, la courbe présente un seul extremum ; s'il est négatif, la courbe en présente trois.
Par ailleurs, la proportion est $\dfrac {89}{6655} \approx 1,34 \%$
#233 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 24-10-2024 07:59:32
Bonjour Ernst, bonjour à tous,
Je te suggère de limiter dans ta simulation le coefficient $a$ à 1 et au n premiers nombres premiers, et définir des intervalles, identiques ou non, pour les coefficients $b$, $c$ et $d$.
A partir de chacun des polynômes obtenus, on peut créer autant de polynômes symétriques qu'on souhaite en multipliant les quatre coefficients par un même nombre entier (pour rester dans les polynômes symétriques à coefficients entiers).
Bonne, belle et fructueuse journée à tous.
#234 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 24-10-2024 01:24:59
Cela signifie que si on multiplie les quatre coefficients principaux d'un polynôme de degré 4 symétrique par un nombre quelconque (pas forcément entier), on obtient... un polynôme de degré 4 symétrique.
Je citais le polynôme symétrique $2x^4 - 4x^3 + x^2 + x -2$.
Le polynôme $14x^4 - 28x^3 + 7x^2 + 7x - 2$ est lui aussi symétrique, ainsi que le polynôme $-6x^4 + 12x^3 - 3x^2 - 3x -2$.
Donc, la simulation génère en réalité des polynômes "identiques", "multiples" de quelques polynômes de base (par exemple, dont les coefficients principaux sont compris entre -5 et 5).
Cela explique sans doute aussi pourquoi dans ta simulation deux valeurs de $a$ opposées génèrent le même nombre de solutions.
Sur ce, je me couche, car il est 2 h 20. :-)
#235 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 24-10-2024 00:31:26
Or, dans l'équation qui nous préoccupe, la multiplication par un nombre $k$ quelconque se traduit par $k(b^3 - 4abc + 8a^2d)$
Ceci est dû au fait que la somme des puissances dans les trois termes $b^3$ , $4abc$ , $8a^2d$ est égale à 3, c'est-à-dire $4 - 1$, 4 étant le degré du polynôme devant présenter une symétrie (mais c'est peut-être fortuit ; j'essaierai de voir si pour un polynôme de degré 5, la somme des puissances des différents termes de la, ou des, conditions pour que le polynôme soit symétrique est égale à 4 ; intuitivement, c'est fort possible).
Donc, une expression (un peu délirante, j'en conviens) telle que $17a^4 b^5 c^6 - 283d^{11}b^4 + 189a^2d^{13}$ produirait probablement les mêmes observations.
#236 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 24-10-2024 00:06:28
Bonsoir Ernst (ou bonjour vu l'heure tardive),
Je comprends maintenant mieux ce qui t'intrigue.
Dans ton premier exemple, $9 = 3^2$ et $27 = 3^3$
Donc $9^3 - 27^2 = (3^2)^3 - (3^3)^2 = 3^6 - 3^6 = 0$
(On peut s'amuser à créer sur ce modèle une tripotée d'équations telles que, soyons fous, $x^3 - y^7 = 0$, avec comme solution $19 \: 487 \: 171$ et $1 \: 331$. :-)
Si maintenant on multiplie les deux valeurs par un nombre $k$ quelconque, on a
$(k \times 3^2)^3 - (k \times 3^3)^2 = k^3 \times 3^6 - k^2 \times 3^6 = (k^3 - k^2) \times 3^6 = k^2(k - 1) \times3^6$ qui n'est nul que si $k = 0$ ou $k = 1$.
Or, dans l'équation qui nous préoccupe, la multiplication par un nombre $k$ quelconque se traduit par $k(b^3 - 4abc + 8a^2d)$.
Tu as peut-être raison : il s'agit peut-être d'une complexité apparente...
J'écrivais à un moment que la curiosité est un puissant moteur — d'ailleurs, une de mes maximes de signature l'énonce indirectement.
Ta démarche en est un bel exemple. :-)
#237 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 23-10-2024 18:34:58
Bonsoir Ernst, bonsoir à tous qui venez visiter cette (intéressante) discussion,
Excuse-moi, je ne t'ai pas répondu hier car j'étais quelque peu à hue et à dia. (Les vacances scolaires intermédiaires ne sont pas forcément synonymes de vacances pour moi...)
Tout d'abord, je suis impressionné d'avoir éveillé un tel intérêt de recherche ! Merci, Ernst, de ta curiosité !
Je n'ai pas encore fait connaissance avec Perplexity, mais je sens que je vais rapidement l'essayer, et comparer avec ChatGPT.
Merci du tuyau.
Pour ce qui est du facteur multiplicatif,
si $a' = ka$ , $b' = kb$ , $c' = kc$ et $d' = kd$,
$b'^3 - 4a'b'c' + 8a'^2d' = k^3(b^3 - 4abc + 8a^2d)$
Donc, si $b^3 - 4abc + 8a^2d = 0$ , $b'^3 - 4a'b'c' + 8a'^2d' = 0$ ,
et si $b^3 - 4abc + 8a^2d \ne 0$ , $b'^3 - 4a'b'c' + 8a'^2d' \ne 0$ .
(A moins que je n'aie pas bien compris ce qui t'intrique.)
Bon, perso je ne dispose pas des outils théoriques pour explorer ce comportement [...]
Je me suis posé la même question : existe-t-il des fondements théoriques permettant de traiter des "fonctions implicites" de variables entières élevées à des puissances entières naturelles, par exemple $f(a^{\alpha}, b^{\beta}, c^{\gamma}, d^{\delta}) = 0$ ?
J'ai recopié la question et l'ai soumise à Chat.
Voici sa réponse :
Oui, il existe des fondements théoriques solides pour traiter des fonctions implicites avec des variables entières élevées à des puissances entières naturelles, comme dans l'exemple $f(a^{\alpha}, b^{\beta}, c^{\gamma}, d^{\delta}) = 0$. Ces fondements relèvent principalement de la théorie des fonctions implicites et de domaines connexes comme la géométrie algébrique et la théorie des systèmes polynomiaux. Voici un aperçu des outils théoriques disponibles pour analyser ces types de fonctions :
1. Théorème des fonctions implicites :
Ce théorème fournit un cadre général pour étudier les fonctions implicites. Il garantit que sous certaines conditions, une relation implicite entre des variables peut être résolue localement pour certaines variables en fonction des autres.Dans un contexte avec des puissances entières, si $f(a^{\alpha}, b^{\beta}, c^{\gamma}, d^{\delta}) = 0$ représente une équation qui satisfait certaines conditions de régularité (par exemple, que la fonction est différentiable et que le déterminant de la matrice jacobienne n'est pas nul), alors on peut résoudre l'une des variables, disons $a$, en fonction des autres variables $b$, $c$ et $d$.
2. Systèmes d'équations polynomiales :
Dans votre exemple, les puissances $\alpha$, $\beta$, $\gamma$ et $\delta$ sont des entiers naturels, ce qui signifie que l'équation peut souvent être vue comme une équation polynomiale dans les variables $a$, $b$, $c$$ et $d$. La théorie des systèmes d'équations polynomiales offre plusieurs outils pour traiter ces problèmes :
Méthode de résolution de Groebner : Cette méthode est utilisée pour résoudre des systèmes polynomiaux complexes en réduisant les équations à une forme plus simple.
Théorème de Bézout : Ce théorème énonce qu'un système de $n$ équations polynomiales de degré $d$ en $n$ variables admet un nombre de solutions qui est au plus le produit des degrés des polynômes (sous certaines conditions). Cela peut être utile pour estimer le nombre de solutions à une équation implicite complexe comme celle donnée.
3. Géométrie algébrique :
Lorsque les fonctions implicites impliquent des puissances entières, on entre dans le domaine de la géométrie algébrique, qui s'intéresse aux variétés algébriques (ensembles de solutions d'équations polynomiales). La géométrie algébrique fournit des outils pour étudier les solutions d'équations polynomiales, même si celles-ci ne peuvent pas être résolues de manière explicite. Quelques concepts clés dans ce contexte :
Singularités : Les points où les équations polynomiales deviennent difficiles à résoudre peuvent être des points singuliers. La géométrie algébrique aide à comprendre la structure de ces points et à les analyser.
Régularité et non-singularité : Les conditions de régularité (l'analogue du fait que le déterminant de la matrice jacobienne ne soit pas nul dans le théorème des fonctions implicites) sont importantes pour savoir si une variable peut être résolue en fonction des autres.
4. Systèmes diophantiens :
Lorsque les variables $a$, $b$, $c$ et $d$ sont des entiers, le problème entre dans la catégorie des équations diophantiennes. Ici, la résolution des équations peut devenir extrêmement complexe, et il existe des outils spécifiques pour traiter ce genre de problèmes :
Méthode de descente infinie : Utilisée pour résoudre certaines équations diophantiennes en réduisant progressivement les solutions possibles.
Loi de réciprocité : Utilisée dans certaines équations diophantiennes pour déterminer l'existence ou non de solutions entières.
Résumé :
Si l'équation est différentiable et que certaines conditions de régularité sont vérifiées, le théorème des fonctions implicites peut garantir l'existence de solutions locales.
Si l'équation est polynomiale avec des puissances entières, la théorie des systèmes polynomiaux et des outils comme les bases de Groebner ou le théorème de Bézout sont utiles.
En géométrie algébrique, on peut analyser les solutions en termes de variétés algébriques, ce qui permet de comprendre la structure des solutions.
Si les variables sont des entiers, la théorie des systèmes diophantiens fournit des outils spécifiques pour étudier ces équations.
Bonne soirée. (Et bonne digestion. :-)
Bien cordialement,
Bor.
#238 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 21-10-2024 21:18:05
Bonsoir Ernst, bonsoir tout le monde,
Whaou ! Tu nous as créé un joujou pas mal addictif, car on envie de tester toutes les combinaisons qui passent par la tête !
Maintenant, pour expliquer les bizarreries étonnantes qu'on peut remarquer, c'est sans doute une tout autre paires de manches !!
(Intuitivement, des coefficients devant être tous positifs génèrent moins de possibilités de compensation de signes. D'où peut-être les séries de 0.)
On est là (très) loin des équations diophantiennes !!
Par contre, il est vraiment étonnant que des valeurs particulières de $a$ génèrent un nombre de solutions qui se démarque nettement de celles générées pour des valeurs de $a$ voisines.
C'est saisissant aussi le nombre de solutions testées pour l'intervalle $[-150,150]$ : $8\:208\:541\:201$ soit huit milliards 208 millions 541 mille 201 solutions testées !
Petite suggestion toutefois : si l'intervalle comprend aussi bien des valeurs négatives que positives, il est sans doute préférable de ne pas tenir compte de $a = 0$ car on n'a alors plus un polynôme de quatrième degré.
Bonne fin de soirée à ceux qui s'aventurent dans cette discussion à une heure tardive.
PS : Pour quelqu'un qui ne connaissait pas JavaScript, tu as tout de go réalisé un programme impressionnant !!
Tu pourras nous faire bénéficier de ton code ?
(Personnellement, j'utilise principalement JavaScript pour les possibilités qu'il offre de parcourir le DOM — Document Object Model ; voir par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Document_Object_Model — d'une structure html.)
#239 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 20-10-2024 22:24:59
Bonsoir (ou bonjour) Ernst, bonsoir (ou bonjour) à tous,
Merci pour cette intéressante autre façon de calculer les combinaisons répondant à la condition !
On peut remarquer qu'en fixant $a$ à une valeur autre que $0$ (pour conserver un polynôme du 4ième degré) dans l'intervalle $[[-5 ; 5]]$, on obtient $(11 + 23 + 11 + 29 + 39) \times 2 = 226$ polynômes symétriques.
Comme le nombre de combinaisons analysées est égal à $10 \times 11^3$ ($10$ valeurs possibles pour $a$, $11$ valeurs possibles pour $b$, $c$ et $d$, soit $13\:310$), la probabilité d'obtenir un polynôme symétrique est égale à $\dfrac {226}{13\:310} \approx 1,7 \: \%$, valeur proche de celle calculée par Chat par simulation d'un grand nombre de combinaisons aléatoires ($1, 557 \:\%$).
Pour ce qui est de l'aide que m'apporte ChatGPT, principalement en JavaScript, mais aussi en Python, j'ai pu voir à maintes reprises se mettre en place une interaction qui est pour moi très formatrice, aussi bien en termes des fonctions utilisées que dans la façon de penser le code, hors, effectivement, contingences liées à la syntaxe.
Par contre, il a fallu plusieurs fois deux ou trois jours pour venir à bout d'une difficulté, la résolution se faisant par itérations et communications successives.
Bonne fin de soirée, et bonne et fructueuse, ou bonne et agréable, semaine.
#240 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 19-10-2024 11:34:07
Hello Ernst, hello tout le monde,
Merci de t'être intéressé à la question, et d'avoir pris le temps d'élaborer ce programme ! (C'est intéressant, et en même temps intuitif, de voir que les nombres de solutions pour une valeur absolue donnée de $a$ sont égaux.)
Ce programme m'a au demeurant fait me rendre compte que j'avais oublié de préciser à Chat que $a$ ne doit pas être nul, sinon le polynôme est un polynôme du troisième degré, toujours symétrique.
(J'ai fait rectifier le script en Python ; avec cette restriction, la probabilité que le polynôme soit symétrique lorsque les coefficients sont des entiers compris entre - 5 et +5 est égale à 1,557 %, au lieu de 2,414 %. La modification des bornes de ton programme permettrait de connaître le nombre exact de solutions pour cet intervalle, en décomptant les solutions biaisées par $a = 0$. Je n'ai pas le temps de le faire tout de suite ; je le ferai ce soir à mon retour de cours.)
Bonne journée à tous.
PS : J'ai réactivé cette discussion car je suis précisément en train d'expliquer que la fameuse forme canonique du polynôme du second degré $a(x - \alpha)^2 + \beta$, qu'on voit en Seconde et en Première, est un cas particulier d'une logique générale.
Ton apport, et celui de Chat, me sont précieux car je peux expliquer que les polynômes du 4ème degré symétriques sont très minoritaires, à plus forte raison ceux du 5ème degré, et au-delà. Merci encore.
#241 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 18-10-2024 21:49:24
#242 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 18-10-2024 21:08:44
Ave Yoshissimus,
La courbe est certes jolie, mais, dans mon exemple, les cinq coefficients sont présents. :-)
D'ailleurs, une équation bicarrée étant par nature paire, elle est forcément symétrique.
(Si la condition $b^3 - 4abc + 8a^2d = 0$ est vérifiée, la forme canonique $a(x - \alpha)^4 + \beta(x - \alpha)^2 + \gamma$ est l'équation bicarrée $ax^4 + \beta x^2 + \gamma$ dont la courbe est décalée horizontalement de $\alpha$, vers la droite si $\alpha$ est positif, vers la gauche s'il est négatif.)
Comme dans le cas d'une équation bicarrée les coefficients $b$ et $d$ sont tous deux nuls, la condition est bien vérifiée ; $0^3 - 4 \times a \times 0 \times c + 8a^2 \times 0 = 0$
Par contre, la condition n'a pas de sens si $b = 0$ et si $d \ne 0$ car dans ce cas $8a^2d$ ne peut être nul.
Remarque : Si $b \ne 0$ et si $d = 0$, la condition se réduit à $b^3 - 4abc = 0$, soit $b(b^2 - 4ac) = 0$
Tiens ? on retrouve $b^2 - 4ac$, mais les coefficients ne sont pas les mêmes. :-)
#243 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 18-10-2024 18:56:33
#244 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 18-10-2024 18:28:14
Bonsoir Roro, bonsoir à tous,
Effectivement, si on prend des réels quelconques, la probabilité que la relation soit vérifiée est de toute évidence nulle. :-)
Maintenant, j'aimerais comprendre la logique induite par le choix des bornes $N_1$ et $N_2$.
Par exemple, pourquoi, à amplitude égale, l'intervalle $[-5;5]$ fournit plus de polynômes symétriques que l'intervalle $[0;10]$ ?
(Intuitivement, le signe des coefficients doit jouer. Intuitivement aussi, plus l'amplitude de l'intervalle est grande, plus la probabilité d'obtenir un polynôme symétrique est faible.)
Bonne soirée.
#245 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 18-10-2024 09:18:03
Bonjour Roro, bonjour à tous,
Merci de ta réponse.
Tout d'abord, je dois rectifier ma question : comme la condition porte uniquement sur les coefficients $a$, $b$, $c$, $d$, il faut choisir aléatoirement quatre entiers, et non cinq. (Le coefficient $e$ n'a aucune influence sur la symétrie dans la mesure où il déplace simplement la courbe verticalement.)
J'ai en outre posé la question à ChatGPT qui a utilisé la méthode de Monte-Carlo dont voici le script en Python :
import random
def generate_random_int(min_val, max_val):
"""Génère un entier aléatoire entre min_val et max_val."""
return random.randint(min_val, max_val)def test_canonical_form(N1, N2, trials):
"""Simule la méthode de Monte-Carlo pour estimer la probabilité que le polynôme puisse être écrit sous forme canonique."""
count = 0
for _ in range(trials):
a = generate_random_int(N1, N2)
b = generate_random_int(N1, N2)
c = generate_random_int(N1, N2)
d = generate_random_int(N1, N2)
# Vérifie la condition b^3 - 4abc + 8a^2d = 0
if b**3 - 4*a*b*c + 8*a**2*d == 0:
count += 1
# Probabilité estimée
probability = count / trials
return probability# Paramètres : N1 = borne inférieure, N2 = borne supérieure, trials = nombre d'essais
probability_10_10 = test_canonical_form(-10, 10, 100000)
probability_5_5 = test_canonical_form(-5, 5, 100000)
probability_0_5 = test_canonical_form(0, 5, 100000)
probability_0_10 = test_canonical_form(0, 10, 100000)# Afficher les probabilités pour différents intervalles
print(f"Probabilité pour l'intervalle [-10, 10] : {probability_10_10}")
print(f"Probabilité pour l'intervalle [-5, 5] : {probability_5_5}")
print(f"Probabilité pour l'intervalle [0, 5] : {probability_0_5}")
print(f"Probabilité pour l'intervalle [0, 10] : {probability_0_10}")
Je lui ai demandé de calculer les probabilités pour les intervalles $[-10;10]$ , $[-5;5]$ , $[0;5]$ , $[0;10]$
Voici les résultats qu'il a calculés:
Pour l'intervalle $[−10;10]$ : 0,741 %, soit 741 polynômes symétriques sur 100 000
Pour l'intervalle $[-5;5)$ : 2,414 %, soit 2 414 polynômes symétriques sur 100 000
Pour l'intervalle $[0;5]$ : 6,15 %, soit 6 150 polynômes symétriques sur 100 000
Pour l'intervalle $[0;10]$ : 1,978 %, soit 1 978 polynômes symétriques sur 100 000
La probabilité ne semble donc pas nulle.
Au delà de la méthode de Monte-Carlo (que je qualifierais de "méthode bourrin") , je crois me souvenir qu'il existe des théories de calcul de probabilités lorsque des valeurs sont liés par une relation.
Mais là on sort du cadre du forum collège/lycée.
Bonne journée à tous
#246 Re : Entraide (collège-lycée) » ax^2 + bx + c n'est pas le seul polynôme à avoir une forme canonique ! » 17-10-2024 19:29:00
le graphe de tout polynôme de degré 4, $ax^4 + bx^3 + cx^2 + dx + e$, dont les coefficients vérifient l'égalité $b^3 - 4abc + 8a^2d = 0$, possède un axe de symétrie vertical d'abscisse $- \dfrac b {4a}$ , et le polynôme peut être retranscrit sous sa forme canonique $a(x - \alpha)^4 + \beta(x - \alpha)^2 + \gamma$ , avec $\alpha = - \dfrac b {4a}$ , les expressions de $\beta$ et de $\gamma$ ne présentant pas d'intérêt car déjà trop complexes ;
Bonsoir à tous,
Si les cinq coefficients sont des entiers choisis au hasard entre deux entiers $N_1$ et $N_2$, peut-on modéliser la probabilité que le polynôme puisse être retranscrit sous "sa forme canonique" $a(x - \alpha)^4 + \beta(x - \alpha)^2 + \gamma$ ?
Merci de vos réponses.
Bonne soirée.
#247 Re : Café mathématique » Petit exercice d'uchronie » 12-10-2024 21:56:42
Bonsoir Bernard et Rescassol, bonsoir à tous.
J'aime bien l'idée de "non-science" fiction et de "Speculative Fiction".
J'ai posé la question à mon cher Chat.
Voici sa réponse :
Sans les techniques de calcul différentiel et intégral, notre monde serait très différent sur de nombreux plans, en particulier au niveau scientifique et technologique. Voici quelques exemples concrets :
Absence de la physique moderne : Le calcul différentiel et intégral est au cœur de la mécanique classique (Newton), de la théorie de la relativité (Einstein) et de la mécanique quantique. Sans ces outils, il aurait été impossible de décrire avec précision le mouvement des objets, la gravité, et les interactions fondamentales.
Progrès technologiques limités : L'optimisation et le contrôle des systèmes, comme dans l'ingénierie des ponts, des bâtiments, ou encore les avions, dépendent de calculs liés aux dérivées et intégrales. Sans eux, les progrès en ingénierie, en construction, ou même en électronique auraient été beaucoup plus lents et limités.
Absence de l'ère informatique : Le développement des ordinateurs repose aussi sur les mathématiques appliquées. Des algorithmes de base, comme ceux utilisés en intelligence artificielle, sont dérivés des principes du calcul différentiel.
Problèmes dans la modélisation des phénomènes naturels : La modélisation de phénomènes naturels comme les ondes, la chaleur, la dynamique des fluides, la croissance des populations, nécessitent le calcul différentiel et intégral. Sans ces outils, la prévision météorologique, la compréhension des épidémies, ou encore l'analyse des systèmes écologiques seraient très rudimentaires.
Absence de progrès en économie et en gestion des risques : De nombreux modèles économiques et financiers sont basés sur des équations différentielles. L'absence de ces outils limiterait la gestion efficace des risques financiers, des investissements, et même la planification économique globale.
En résumé, sans le calcul différentiel et intégral, notre compréhension du monde naturel serait beaucoup plus limitée, et nos innovations technologiques, bien plus rudimentaires. Nous vivrions probablement dans un monde bien moins avancé technologiquement et scientifiquement.
______________
Par rapport à vos vécus professionnels, que pourraient être vos réponses ?
#248 Café mathématique » Petit exercice d'uchronie » 11-10-2024 05:55:44
- Borassus
- Réponses : 5
Bonjour à tous,
Je dis souvent à mes élèves que notre monde serait à un niveau technique et scientifique bien en dessous de ce que nous connaissons sans les techniques de calcul développées grâce au calcul différentiel et intégral.
Pouvez-vous m'aider à imaginer ce que serait notre monde sans ces techniques de calcul ?
Dans l'attente du plaisir de lire vos suggestions,
bien cordialement,
Bor.
#249 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Un peu de sport : au trapèze ! » 05-10-2024 20:41:22
Comme les aires des triangles sont 2 fois, 3 fois, 4 fois, 5 fois la petite base, on peut généraliser le raisonnement :
Soit $b$ la petite base.
$\dfrac {bh_j}{2} = 2b \; \Longrightarrow \; h_j = 4$
$\dfrac {x \times h_b}{2} = 4b \; \Longrightarrow \; h_b = \dfrac {8b}{x}$
L'aire du trapèze est égale à
$\dfrac {x + b}{2} \left(4 + \dfrac {8b}{x} \right) = 2b + 3b + 4b + 5b = 14b$
Ce qui amène aux équations successives
[tex]\dfrac {(x + b)(4x + 8b)}{2x} = 14b[/tex]
[tex]x^2 + 12bx + 8b^2 = 28bx[/tex]
[tex]4x^2 - 16x + 8b^2 = 0[/tex]
[tex]x^2 - 4bx + 2b^2 = 0[/tex]
Le discriminant du polynôme est égal à $16b^2 - 8b^2 = 8b^2 = \left( 2 \sqrt {2} \right)^2$
D'où $x_1 = 2b - \sqrt {2}b = b \left(2 - \sqrt{2} \right)$ et $x_2 = 2b + \sqrt {2}b = b \left(2 + \sqrt{2} \right)$
Comme $x$ représente la grande base, la valeur à prendre en compte est $b \left(2 + \sqrt{2} \right)$, soit $x \approx b \times 3,414$
#250 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Un peu de sport : au trapèze ! » 05-10-2024 17:46:46
Bonjour à tous !
PS : voilà un bon exercice pour Borassus, quand il arrivera au second degré (;-)
Bonjour Bernard, bonjour tout le monde,
J'ai ri de bon cœur en me voyant évoqué ainsi. Je vais donc essayer de me hisser jusqu'au second degré. :-)
Comme vous avez sans doute remarqué que j'aime rédiger avec soin les résolutions d'exercices, je vous propose la résolution borassussienne suivante, telle que je l'écrirais pour une ou un de mes élèves :
La hauteur $h_j$ du triangle jaune est déterminée en écrivant que $\dfrac {h_j \times 7} {2} = 14$, d'où $h_j = \dfrac {14 \times 2}{7} = 4$.
(L'aire d'un triangle est égale à la moitié de l'aire du rectangle ayant pour dimensions la longueur d'un des trois côtés du triangle et celle de la hauteur issue du sommet opposé à ce côté.)
De la même façon, la relation entre la hauteur $h_b$ du triangle bleu et la base $x$ est déterminée en écrivant que $\dfrac {x \times h_b}{2} = 28$, d'où $h_b = \dfrac {56}{x}$.
L'aide du trapèze est égale à la somme des aires des quatre triangles, ce qui s'écrit
$\dfrac {x + 7}{2} \times (h_j + h_b) = 14 + 35 + 28 + 21 = 98$
(L'aire d'un trapèze est égale à l'aire du rectangle ayant pour dimensions la moyenne des longueurs des deux bases et la distance entre les deux bases.)
soit $\dfrac {x + 7}{2} \times \left( 4 + \dfrac {56}{x} \right) = 98$ ,
ce qui produit successivement les équations suivantes :
$(x + 7)\,(4x + 56) = 196x$
$4x^2 + 56x + 28x + 392 = 196x$
$4x^2 - 112x + 392 = 0$
$x^2 - 28x + 98 = 0$
Le discriminant $\Delta$ du polynôme est égal à $(-28)^2 - 4 \times 1 \times 98 = 392 = (14 \sqrt {2})^2$.
D'où les deux solutions de l'équation finale centrées sur $- \dfrac {-28}{2 \times 1} = 14$ :
$x_1 = 14 - \dfrac {1}{2} \times 14 \sqrt {2} = 14 - 7 \sqrt {2}$ et $x_2 = 14 + \dfrac {1}{2} \times 14 \sqrt {2} = 14 + 7 \sqrt {2}$
soit $x_1 = 7\left(2 - \sqrt {2} \right) \, \approx \, 4,1$ et $x_2 = 7 \left(2 + \sqrt {2} \right) \, \approx 23,9$.
Comme sur la figure la longueur $x$ correspond à celle de la grande base du trapèze, la valeur devant être retenue est celle de $x_2$.
Bonne soirée, et bon dimanche.
Bien cordialement, et bien amicalement,
B.










