Forum de mathématiques - Bibm@th.net
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#1 05-11-2008 17:27:27
- tibo
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devenir prof (de math)
bonjour,
qui crois-tu qu'on puisse trouver sur un forum de Maths, à part des profs, des "amateurs éclairés", des étudiants qui ont la fibre enseignante... ? Détail : je n'ai plus 18 ans depuis (bien) longtemps...
désolé yoshi d'épiloguer, mais en fait sur un forum de math on ne rencontre que des gens interressés par les math ou qui s'y sont un jour interressé
Ce n'aurait pas été une "tare" que d'être enseignant... quoique...
Ce serait à refaire, je ne suis pas sûr du tout que je choisirais la même voie
Je souhaiterai devenir prof de math, et j'aimerai savoir pourquoi tu dis ça.
Est-ce si horrible que ça le métier de prof?
(Si d'autres prof de math ou non passent par là, leurs avis seront toujours enrichissant)
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#2 05-11-2008 21:10:30
- yoshi
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Re : devenir prof (de math)
Bonsoir,
Je vais tâcher de retrouver le post dont tu sors mes citations : coupées de leur contexte, elles risquent d'être mal comprises.
Pour autant que je m'en souvienne le "quoique..." de la 2e citation était un clin d'oeil provocateur...
Pour la 1ere citation, je ne vois pas en quoi dans ce que tu dis tu épiloguerais : faut vraiment que je recherche la discussion.
Bon, vaste question...
Je vais distinguer deux choses, le métier dans l'absolu et les conditions d'exercice de ce métier avec comme corollaire la reconnaissance que l'on en a de la part des "enseignés" (et de leurs parents) et de notre hiérarchie (ex maintenant, pour moi)...
Donc l'Absolu...
Il faut avoir la fibre enseignante, aimer faire partager son savoir. J'ai souvent dit qu'être enseignant ce n'est pas un un simple boulot (ce serait triste et ne donnerait pas de bons résultats)- ni un boulot simple d'ailleurs - mais un sacerdoce au même titre qu'être curé !
Un enseignant doit toujours se sentir investi de la même mission que celle dévolue à ceux qu'on avait surnommé les "hussards noirs de la République"... Il ne faut donc, jamais, à ce titre, ni ménager sa peine, ni son temps mais faire tout ce qui est notre pouvoir (et au delà) pour tirer les uns hors du trou, hisser le niveau des autres en pensant aux échéances et programmes futurs (mais aussi passés !).
Ca implique des remises en cause - parfois instantanées - de son discours lorsqu'il ne passe pas et ne pas s'obstiner, savoir rester humble et proche des élèves dans l'exercice de l'autorité dont on est investi.
Lorsque j'ai commencé, on m'a appris à préparer mon cours et à essayer de tout prévoir : j'ai appliqué consciencieusement pendant des années lorsque j'ai pris conscience que je passais à côté (ceci n'engage que moi) et j'ai repensé à mes profs de Lycée dont certains ressassaient le même cours pendant des années, à la virgule près...
Il faut aussi savoir acceter que l'on puisse ne pas comprendre ce que vous dites : il suffit de n'avoir pas oublié qu'on a été élève aussi et qu'on a -parfois- pataugé !
Alors, je pensais soigneusement à un "squelette" avec des points de passage obligés et de quoi le remplir (difficultés, solutions) et laissais une part à l'improvisation/adaptation à la classe. Les élèves ne sont pas les même d'une année sur l'autre, d'un jour sur l'autre (!), d'une classe à l'autre : réceptivité, difficultés différentes...
Moyennant quoi, le métier n'est pas monotone : ah ! Le sourire qui illumine le visage de celui pour qui tu viens de trouver les mots (parfois pas "académiques") qui lui "parlent" !
Dans ces conditions, on ne s'y ennuie pas, on reste jeune, et chaque est un nouveau départ dans la carrière...
Voilà pour le côté Idyllique...
Maintenant la face obscure...
IL y a le programme que tu es obligé d'appliquer, même sachant que vu ton public, ça ne va pas passer. Sacro-saint programme ! Un jour un collègue s'était vu reprocher de faire des révisions et de ne pas boucler le programme à 10 jours du Brevet des Collèges...
Programme dont tu te demandes parfois à quoi ont pensé ceux qui l'ont conçu (chut ! ce genre de propos n'est pas bienséant...).
Cela dit, en marchant sur des oeufs, en "étant border line", partant du principe que ce qui n'est pas explicitement interdit sera toléré, tu prends parfois quelques libertés avec le Programme (avec un P majuscule) au risque de te faire taper sur les doigts lors d'une Inspection, si tu n'es pas convaincant et que l'Inspecteur a l'esprit peu compréhensif... Et ce n'est pas anodin !
A l'heure où on parle d'avancement au mérite pour certains fonctionnaires (quel mot grossier), il faut savoir qu'un enseignant connaît déjà ça : il avance dans sa carrière en gravissant des échelons qui augmentent à chaque fois le nombre de points d'indice sur lequel est calculé son traitement.
Et selon sa note pédagogique, il avance à l'ancienneté, au choix ou au grand choix donc, à des vitesses différentes. Il peut y avoir un différentiel de vitesse de 10 ans pour arriver au dernier échelon : et 10 ans à salaire de fin de carrière, ça commence à chiffrer...
Il y a la hiérarchie (sur place) avec laquelle tu t'entends plus ou moins bien, qui te met plus ou moins de bâtons dans les roues, savonne plus ou moins ton emploi du temps, qui parfois peut faire des rapports sur ton compte sans le dire, en écoutant les ragots (ou aux portes).
Il y a les réformes que tu subis, sans prise sur elles, assorties de grands discours, la main sur le coeur, des politiques...
Il y a les collègues, pas tous marrants, qui te savonnent quelquefois la planche, volontairement ou non, auprès des élèves communs...
Il y a enfin les élèves, pas tous marrants non plus, et plus en plus.
Jour après jour, année après année, tu fais face aux mêmes incivilités, des mêmes oiseaux, à qui "on" sert à chaque fois les mêmes discours lénifiants et qui s'en battent l'oeil d'une force...
Il y a ceux qui n'en ont rien à faire de ton cours (trop de lacunes) qui s'ennuient et cherchent donc à s'occuper (et qui trouvent) : quand dans une classe, tu en as 6/7 sur 25, ce n'est pas triste...
Il y a ceux qui pourraient mais qui n'ont pas la volonté de chercher plus de 30 s : << C'est trop dur ! >> et qui n'ont jamais été habitués chercher plus de 30 s. On est entré dans l'ére du zapping... Et ça ne va pas en s'arrangeant..
Heureusement, il y a les bons côtés : quand le courant passe et que tu gardes des contacts des années après, ceux que tu as encouragés dans une voie et qui réussissent...
Le métier ne serait pas vivable sinon... Mais il t'use nerveusement et physiquement et à la longue ça pèse !
C'est tout pour ce soir !
@+
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#3 05-11-2008 23:16:27
- tibo
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Re : devenir prof (de math)
Merci d'avoir passé autant de temps à me répondre, je me fais une bien meilleure idée du métier.
Etant encore étudiants ,et lycéen il y a peu, je me rend bien compte de l'enfer que l'on peut générer (c'est bizar, je me suis reconnu dans la plupart de tes descriptions d'élèves)
Mais plus le temps passe, plus je me rapproche de la barrière.
Se dire qu'un jour je serai de l'autre coté, devan une trentaine de têtes ahuries parielles à celle que j'ai actuellement (enfin encore faudrait il que je réussisse les concours, et c'est pas encore gagné)...
En fait, ma principale crainte est la monotonie: certe comme tu l'a dit "Les élèves ne sont pas les même d'une année sur l'autre, d'un jour sur l'autre (!), d'une classe à l'autre : réceptivité, difficultés différentes...", mais le programme reste le même (ou si il change, c'est pour se simplifier et se vider de son interêt), et même si on s'arrange pour ne pas répeter son cours à la virgule près, ça reste toujours la même chose. Suivant les élèves, il faut trouver d'autres mots et se remettre en question, mais au bout de quelques années d'enseignement n'a t on pas fait le tour?
J'adore enseigner, étant souvent un des meilleurs en math, on a souvent demandé mon aide, et sans vantardise, les résultats ont presque toujours été là.
Je fais parti d'une association de soutien scolaire et mes élèves ont énormément progréssé (je ne dis pas que c'est uniqument grace à moi, ce sont les élèves qui ont le plus travaillé et non moi) et je m'arrange pour ne pas avoir deux années de suite le même niveau, et deja la je trouve que les difficultés sont trés similaires sinon les même. Certe c'est différent d'enseigner à un élève et à une classe, mais j'imagine qu'enseigner toujours la même chose chaque année doit être monotone.
Je reconnais que c'est très gratifiant lorsqu'un élève comprend enfin quelque chose qu'on essaye depuis des semaines de lui faire comprendre.
Pour les autres problèmes (hierarchie, ...), n'y étant jamais confronté, je me les imagine mal.
Pour les citations, voici le lien:
http://www.bibmath.net/forums/viewtopic.php?id=772&p=1
post 18 et 24
PS: je m'interesserai plutot à un enseignement postbac
Dernière modification par tibo (05-11-2008 23:20:12)
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#4 06-11-2008 00:06:57
- Barbichu
- Membre actif
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Re : devenir prof (de math)
Salut,
(enfin encore faudrait il que je réussisse les concours, et c'est pas encore gagné)
Quel(s) concour(s) ?
++
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#5 06-11-2008 17:55:40
- tibo
- Membre expert
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Re : devenir prof (de math)
Pour le cursus que j'ai choisi ça serai l'ENS
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#6 07-11-2008 16:56:54
- SansMonCode
- Invité
Re : devenir prof (de math)
Salut tibo,
Pour la monotonie, pas de crainte à avoir...
L'intérêt du métier c'est sa souplesse : personne ne t'oblige année après année de refaire les mêmes exercices, de commencer le programme toujours par le même bout, ni tes explications sur le même chapitre avec la même approche...
Si tu aimes ça (les maths et expliquer aux autres), tu ne pourras pas te lasser de cet aspect (sinon qu'est-ce que je ferais sur ce forum ?).
Non, le problème n'est pas là. Je n'ai jamais revendiqué de "bonne classe" (si, si ! ça existe... les bonnes classes et ceux qui les revendiquent) : j'ai toujours dit qu'il ne me dérangeait pas avoir en face de moi 40 élèves moyens voire "faibles", mais motivés !
C'est bien là que réside le problème : notre enseignement est en crise suite au désintérêt de 20% d'entre eux, du manque de motivation et de gout pour l'effort intelectelluel (voire l'effort tout court) de 30 %...
Enfer est un mot bien trop fort : j'ai décrit les situations extrêmes qui n'arrivent pas tous les jours, heureusement...
J'ai parlé d'usure face aux mêmes constats -sans solutions- chaque année, à la montée des incivilités.
Rien qui ne doive te détourner de ta vocation... quand tu es prévenu !
@+
Yoshi, pas chez lui,sns son code !
#7 07-11-2008 17:03:36
- SansMonCode
- Invité
Re : devenir prof (de math)
Re,
Il est clair -enfin je crois- que dans le cas de l'enseignement post-bac les conditions d'enseignement doivent être bien différentes : moi je parlais du niveau Collège...
@+
#8 07-11-2008 17:35:33
- tibo
- Membre expert
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- Messages : 1 097
Re : devenir prof (de math)
bounjour
c'est sur que c'est beaucoup plus interressant d'enseigner à des élèves qui s'interressent, qu'à des élèves qui se moquent totalement de ce qu'on peut leur raconter, et ce quelque soit le niveau des élèves.
Mais je pense que le premier travail de l'enseignant (quelque soit la matière) est d'interresser ses élèves. Bien sur vouloir interresser au math un élève qui veut faire un métier ou ça lui sera inutile est impossible ,quoique, un très très très bon prof (selon ma définition) devrai y arriver.
Après, je relativise, même si les matématiques sont la matière qui a le plus d'heure, ce n'est pas en quelque heures par semaine qu'un enseignant peut changer une éducation ou des mauvaises habitudes prisent depuis plusieurs années.
Je ne connais pas la fac, mais en CPGE ça reste du régime école, avec des élèves qui travaillent ou non qui s'interressent ou non,... certe plus de travail et d'interet car après le bac, les élèves choisissent leur fillière.
Dernière modification par tibo (07-11-2008 17:36:35)
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#9 08-11-2008 12:18:12
- chevalme
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Re : devenir prof (de math)
yoshi et tobi j'ai que 11 ans alors merci pour tout salut
danaé
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#10 08-11-2008 14:52:25
- tibo
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Re : devenir prof (de math)
de rien, ça nous fait plaisir aussi, mais évite d'insérer ces messages dans des discutions.
soit tu crés une nouvelle discution, soit tu répond directement dans la discution ou l'on t'a répondu
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#11 28-04-2010 20:39:59
- yoshi
- Modo Ferox
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Re : devenir prof (de math)
Bonsoir,
J'exhume ce topic à cause du dernier "fait-divers" :
Un élèvede 4e -sans problème dit-on- donne un coup de couteau dans le ventre de son prof suite à une remontrance pour un cahier mal tenu...
Que dire sinon que je ne suis pas surpris de la tournure des événements ? Tout s'accélère depuis 10 ans à peu près, avec une montée en puissance supérieure depuis 2-3 ans...
Et cela vient après cet autre fait-divers où un père s'en va gifler une Conseillère d'Education suite aux plaintes de sa fille : il n'avait pas vérifié et sa fille avait menti. Cela dit, qu'elle ait menti ou non, ne change pas fondamentalement le problème...
Tu vois tibo, si tu repasses par là, j'avais raison de te dire que ton boulot pourrait bien devenir risqué... Je suis bien content d'avoir cessé cette activité, je me ferais davantage de cheveux blancs en un an que depuis 10 ans.
Je suis inquiet : certes, ce n'est pas une généralité, mais le nombre de cas croît beaucoup trop vite à mon goût. Plus aucun enseignant futur ou en activité ne peut parier qu'il ne devra pas faire face un jour à une incivilité plus ou moins prononcée.
Déjà, on cherche des économies à faire dans l'Education Nationale en réduisant le nombre de profs, d'agents de service, de surveillants...etc, mais il y a une niche (selon le mot à la mode) à exploiter : réduction des dégradations et "que les casseurs soient les payeurs"...
Avez-vous une idée, vous non-enseignant, des sommes que dépensent les Collèges pour réparer les "facéties" de ces chères têtes blondes ?
Probablement pas !
Alors, laissez moi vous en conter quelques-unes (une année ordinaire, je tiens à préciser) :
- démolition systématique pendant 1 mois des siphons des lavabos des toilettes, à tour de rôle recassés après réparation. On a fini par acheter des plaques métalliques pour poser devant...
- L'imagination étant au pouvoir, d'autres (ou les mêmes) s'ingénièrent à arracher les interrupteurs dans ces mêmes toilettes ainsi que les fils laissés dénudés : il a fallu intervenir dans toutes les classes pour expliquer les fermetures (temporaires) des toilettes durant les heures de cours et l'ouverture de certaines seulement à des endroits stratégiques
- Un exploit, certains ont réussi dans une zone isolée à arracher de ses gonds et casser les vitres d'une porte métallique pesant au bas mot 100 kg et disponible chez un seul fabricant en France. Je suis repassé hier pour saluer mes ex-collègues, j'ai pu constater que ladite porte avait un impact dans une vitre de la taille d'une pièce de 2 €...
- En vrac, des "broutilles" de tous les jours : plateaux de tables et chaises dévissés puis endommagés, chewing-gums ou colle (glue) dans les serrures des portes d'entrée des classes, extincteurs vidés à répétition (à tel point qu'un agent avait été chargé de les ranger à 15 h 30 et de les ressortir à la dernière minute à 7 h 55 le matin), bris de glace pour déclenchement de l'alerte (surtout en fin d'année) : résultat sonnerie d'alerte tout le monde quitte sa salle 1/4 h de perdu...
Qui règle la note ? Le budget du Collège et au-delà vous, moi par nos impôts, qui financent la dotation annuelle : le cumul annuel de tous les Collèges doit être impressionnant.
Que deviennent les responsables (quand on les pique) ? Quelques heures de colle et de travaux d'intérêt général au Collège... quand ils viennent : si les heures des convocations ne "gênent" pas certains parents ou si d'autres ne récusent pas la sanction comme dégradante..
Un jour, un membre d'un petit groupe connu, s'est fait piquer : un flag ! Discussion avec le père (Psy) : son fils doit apprendre la vie et à se gérer tout seul. Bref : TIG --> nettoyer les vitres des portes vitrée souillées du Collège...
Sous les yeux de tous, à 16 h 35, un de ses compères passe, rigole de son pote et lui lègue un cadeau : un magnifique crachat sur la vitre en cours de nettoyage.
Voilà l'ordinaire de mon ex-Collège. Bien sûr, il y a des semaines calmes... mais sur 4/5 mois, il est rare de ne pas avoir de casse à déplorer
Il est en ZEP ? Pas du tout !
Il est dans une "zone" ? Encore moins ?
Il y a une majorité d'immigrés ? Que nenni ! pourquoi donc ?
Non, c'est un collège 600, dans une zone semi-rurale où un nombre certain de champs sont encore cultivés, bref, un Collège tranquille...
Avec des élèves, nous dirait-on en cas de souci majeur, "sans problèmes"... Oui, mais l'autre, il avait un couteau avec lui ! Bin, nous on a bien piqué un pistolet à air comprimé qui lançait des balles comme des petits pois capables de percer un store en plastique à 5 m... Alors, le môme, celui-là, il était sans problème parce qu'il n'en a pas fait un usage néfaste avant qu'on lui confisque.
Où va l'enseignement ?
Tibo, tu veux toujours être prof ? C'est bien, il en faut, mais tu dois être prêt dans ta tête à ce quotidien. Après, un des secrets de la survie est d'être capable d'être un peu schizophrène, de ranger ce quotidien dans un coin une fois at home pour ne plus penser qu'à ta passion : enseigner les maths le lendemain, choisir tes exos, ton angle d'approche en fonction de tes classes et ... -ô joie - corriger tes copies !
C'était mon coup de gueule du jour (ça soulage)...
@+
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#12 24-11-2010 10:53:15
- karlun
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Re : devenir prof (de math)
Bonjour,
Envie d'émettre un autre son de cloche (que je suis aussi parfois :-))
Ma profession (pas de foi) n'est pas d'enseigner.
J'ai souvent dit qu'être enseignant ce n'est pas un un simple boulot (ce serait triste et ne donnerait pas de bons résultats)- ni un boulot simple d'ailleurs - mais un sacerdoce au même titre qu'être curé !
Mis à part l'évocation du curé (à moins de parler de celui qui s'est curé) je souscris à cet avis.
Il ne faut donc, jamais, à ce titre, ni ménager sa peine, ni son temps mais faire tout ce qui est notre pouvoir (et au delà) pour tirer les uns hors du trou, hisser le niveau des autres en pensant aux échéances et programmes futurs (mais aussi passés !).
Ma profession (pas de foi) n'est pas d'enseigner; c'est même le contraire.
Nous accueillons les paumés (enfants et ados), les violents, les exclus de partout avant qu'ils ne puissent plus n'être que plantes (camisole chimique) enfermées.
Eh!, oh! où est le sujet?
Nous, nous avons appris à ne pas demander, à ne pas attendre quelque chose des jeunes pour que ce puissent être eux qui nous accrochent; même si c'est (souvent (et même toujours)) sous le mode conflictuel, agressif d'emblée.
A nous de border, de répartir, de ponctuer, de tempérer ce qui pour eux, est menace (nous et tout (Autre) ) d'engloutissement.
Nous préférons que le jeune se défoule sur nos mur, nos voitures, nos vitres, nos portes, nos cuvettes de w.c. etc. Que sur les passants, les rayons des magasins, etc etc.
Ah!! qu'ils puissent s'accrocher.
Sur le tableau au mur de mon local mes petites investigations bibmathématiques.
- « C'est quoi? » demande l'un.
« Moi aussi! » dit l'autre en écrivant quelques chiffres à la crée.
C'est rien que pas grand chose qui ne demande rien... c'est déjà ça.
L'attention flottante est possible puisque je me présente distrait c'est à dire absorbé par ce qui m'occupe au tableau et par Bibmath. (merci Bibmath).
La menace de la demande, de l'attente envers le jeune est notre pain quotidien.
Notre présence (auprès d'eux) est équilibre, patience, écoute, action... et parfois intervention évidemment nécessaire (bien qu'on la regrette toujours).
C'est pas enseigner les maths, c'est bien plus (-*/) les maths qui nous enseignent.
Aujourd'hui, quelques jeunes et moi récoltons du fer (en tout genre) histoire de faire ailleurs.
Pas trop vite, pas assez vite...
A+-*/
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#13 25-11-2010 00:22:16
- tibo
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Re : devenir prof (de math)
Yop,
Et oui, je veux plus que jamais etre prof !!!
Peut-etre suis-je fou?
Mais s'il n'y a plus personne d'assez fou pour risquer sa vie à enseigner, ce monde ne sombrera que plus vite dans la démence.
... remarque, d'ici quelques années yaura un flic derriere chaque élève...
Interessant ce que tu dis karlun
mieux vaut qu'il tape le mur qu'une personne.
certe oui, mais mieux encore qu'il ne tape rien du tout
ha là je suis utopiste?
je cumule moi... un fou utopiste...
Sinon que pensez-vous du film "la journée de la jupe"?
Si la réaction de la prof est "compréhensible", peut-on la cotionner?
J'immagine que l'univers en salle des prof est assez réaliste. Ceux qui acceptent et subissent vs ceux qui tente de faire bouger les chose... un combat perdu d'avance...
Dernière modification par tibo (25-11-2010 00:25:12)
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#14 25-11-2010 10:21:18
- yoshi
- Modo Ferox
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Re : devenir prof (de math)
Bonjour,
Non, tu n'es pas fou, "seulement" motivé, et ça c'est vital...
Je répète encore une fois que ce que j'ai pu dire l' été pour combattre les discours lénifiants qui peuvent être parfois tenus lorsqu'il s'agit de recruter : << engagez-vous, rengagez-vous, vous verrez du pays ! >> disaient-ils entre d'autres temps et d'autres lieux...
karlun, je ne vois pas pourquoi tu as besoin de me citer pour dire que toi ton boulot n'est pas d'enseigner, mais tout le contraire, comme si tu étais en désaccord avec moi et prônait le non-enseignement ? Ça ne s'imposait pas !
Nous vivions professionnellement dans deux mondes parallèles : moi, j'étais salarié de l'État, dans le cadre d'un enseignement de masse, qui n'était pas (et n'est toujours pas) destiné à casser les élèves comme on peut le lire ça et là dans des écrits qui fleurissent en ce moment : peut-être que ce sont leurs auteurs qui on des arrière-pensées inavouables pour le moment, d'ailleurs.
Tibo, karlun, lui, est une sorte d'Éducateur spécialisé, Éducateur de rue(s) ce qui n'a rien à voir : le public n'est pas le même, les finalités de son job ne sont pas les mêmes : j'imagine qu'il ne sait pas ce que sont des "programmes officiels", comme nous, nous mesurons mal les difficultés de sa tâche...
Un très beau livre (qui ne va plaire à karlun, à cause de son auteur), Tibo, qui ne date pas d'aujourd'hui mais qui l'aurait pu, avec quelques adaptations :
"Chiens perdus sans colliers" de Gilbert Cesbron... Sous-titre (de l'époque - 1955) : un curé chez les loubards.
Il me semble le souvenir que Cesbron était un prêtre-ouvrier. On en a d'ailleurs fait un film.
Nous préférons que le jeune se défoule sur nos mur, nos voitures, nos vitres, nos portes, nos cuvettes de w.c. etc. Que sur les passants, les rayons des magasins, etc etc.
Moi, non plus je n'accepte pas... Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas.
Pourquoi accepterais-je ce défoulement qui détruirait ce que j'ai péniblement gagné ? En bossant...
C'est quand même un peu "facile" de justifier (?), d'excuser (?) ainsi ce défouloir : il y a d'autre moyens..
Oui, mais ils vomissent leur haine de la société dont ils sont des laissés-pour-compte ! Hélas, les premiers qui vomissent l'argent des autres, sont souvent les premiers à tremper dans des trafics de tout genre pour se faire, vite et en quantité, de l'argent facile.
Mais pas question non plus de leur demander d'accepter ce qu'ils sont devenus, hein ?
Il est clair que lorsqu'un môme en classe est largué, à la ramasse, à des années-lumière de ceux qui suivent, il s'ennuie, et il cherche des occasions de passer le temps, de briser... la monotonie alors, bin, il finit par faire des conneries; c'est humain...
Quand tu en as 2 ou 3 dans une classe, tu gères... Mais quand, comme pour ma dernière année, tu en as 8 sur 25/26, c'est une autre paire de manches : ça fait du 1/3 en gros et les isoler devient difficile, les noyer dans les élèves "sages" aussi...
Et là, la déconnante prend vite une tout autre ampleur : mais toi, tu as la contrainte des programmes, des devoirs à donner d'une progression globale à gérer, des parents des autres qui vont s'inquiéter, parfois te montrer du doigt, et le bahut avec.
Ce qui va déplaire évidemment forcément à l'Administration...
Surtout si ce dont on parle depuis longtemps se met en place :
- Audit des Établissements par un organisme extérieur,
- Mise en concurrence,
- Attributions des moyens non plus en fonction des besoins, mais des résultats...
Dame, veillons à ne pas gaspiller l'argent public.
Et ces projets ont déjà près d'une dizaine d'années, c'était avant la crise...
J'imagine que l'univers en salle des prof est assez réaliste. Ceux qui acceptent et subissent vs ceux qui tente de faire bouger les chose... un combat perdu d'avance.
Bof, bof, image d'Épinal
De quoi parle-t-on en salle des profs ? De nous-mêmes, des films du moment, un peu de politique, de syndicats (assez peu) du budget alloué au bahut de sa répartition entre les différentes matières, des nouveaux manuels, du matériel présent ou à venir, des élections aux commissions paritaires, au C.A, des Conseils de Classe. On parle "boutique" entre nous, surtout les profs de maths toujours à l'affut de l'exercice génial et révélateur...
On y parle aussi régulièrement des derniers exploits de machin ou truc, de la dernière réunion du père ou la mère de untel qui a écrit sur le carnet de correspondance :
J'en ai marre de vos putains d'exercices de ... à la con ! J'ai demandé à Pierre (ou Jacques) de ne pas les faire : cet après-midi, il a entraînement foot, et il n'aurait pas pu y aller.
J'exige que vous les donniez au moins une semaine à l'avance...
Ou encore de la dernière entrevue d'un collègue avec Mme Y et son fils, où la maman au moment de se séparer voulait rajouter quelque chose et où alors le même ne fait qu'un bons et apostrophe sa mère : << Alors là, fais gaffe, hein, parce que si tu continues, moi aussi je vais dire des choses, hein et tu verras... ! >>Du coup, maman remballe ce qu'elle voulait dire...
Mais ne crois pas que la Salle des Profs est un lieu de happening permanent, de débats acharnés : c'est très très rare...
Je n'ai pas vu le film dont tu parles. Qu'a-t-elle fait si tu peux résumer ?
@+
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#15 25-11-2010 22:47:15
- tibo
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Re : devenir prof (de math)
Yop,
J'ai fait un stage de 3 mois au lycée l'année dernière, donc meme si ce n'est pas longtemps, j'ai eu une bonne idée de l'univers de la salle des prof. Ta description colle assez bien , surtout celle des prof de math.
Mais c'était un lycée plutot cool, avec son quota de casse et d'élèves "pas faciles", mais tout de meme tres calme.
J'immaginais que dans un établissement plus difficile, ça pouvait etre différent.
Sinon pour film, ça se passe dans un collège de ZEP, une prof qui refuse que les élèves fassent leur loi. Donc certain lui mène la vie dure. Et un jour... une arme à feu tombe du sac d'un élève, la prof le ramasse, braque ses élèves et leur fait cours ainsi.
On y vois plusieurs réaction parmi ses collègues, ainsi qu'une administration qui ne la soutient pas (bon d'accord ça c'est normal, difficile de dire "bah oui! nos prof braquent les élèves, des fois on en torture un pour l'exemple, apres ils obéissent tous" [tiens c'est une idée à étudier ça]) mais l'enfonce au maximum : "c'est entièrement de sa faute si les élèves sont comme ça avec elle, elle n'avait qu'à se plier à la loi des élèves..."
Bref, ça avait l'air assez réaliste dans le film
Vraiment, je te le conseille
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#16 10-12-2010 08:22:05
- yoshi
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Re : devenir prof (de math)
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#17 10-12-2010 14:41:20
- freddy
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Re : devenir prof (de math)
Salut !
ce récit fait froid dans le dos. Et après, on va se plaindre du taux d'illéttrisme en France, du nombre d'individus en échec scolaire, du chômage pléthorique, voire endémique, des jeunes ...
Que se passe t-il ? Que s'est il passé pour qu'en l'espace de 30 ans, les professeurs et chefs d'établissement aient à ce point perdu tout contrôle, toute autorité dans leur collège.
IL ne faut pas me dire qu'on paie les conséquences de mai 1968. En 1980, les élèves ne faisaient pas encore la loi comme ça.
Les bras m'en tombent ... Il faut envoyer l'armée ou quoi ?
Dernière modification par freddy (10-12-2010 14:43:51)
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#18 10-12-2010 15:48:49
- nerosson
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Re : devenir prof (de math)
Salut,
Y a qu'à les mettre à la retraite ! (je parle des lycéens, pas des profs).
C'est bien la retraite ! je regrette de ne pas l' avoir prise plus tôt !
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#19 12-12-2010 14:11:49
- tibo
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Re : devenir prof (de math)
Yop,
Je crois Yoshi s'emploie à tous faire pour me décourager.
C'est vrai que ça fait peur...
Enfin ce qui me fait le plus peur, c'est le maque de soutien de l'administration
Qu'un enfant qui n'a pas de limites fasse n'importe quoi, c'est "normal",
mais une personne ne peut pas arriver seule à poser des limites à 30 élèves en meme temps.
surtout si le soir l'élève redevient enfant-roi avec ses parent.
c'est une idée à creuser ça nerosson, les jeunes à la retraite les vieux au boulot...
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#20 12-12-2010 14:59:06
- nerosson
- Membre actif
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Re : devenir prof (de math)
Salut, Tibo,
Sûr ! ! ! Surtout qu'on pourrait toujours se faire sauter la cervelle quand viendrait le moment de se mettre au boulot !
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#21 12-12-2010 15:15:48
- yoshi
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Re : devenir prof (de math)
Re,
Je crois Yoshi s'emploie à tout faire pour me décourager.
Niet, tovaritch !... Pardon ;-) : << Non, camarade ! >>
Pâââs du tout...
Au contraire, je m'emploie à bonifier ta force morale !
C'est juste pour information : ce sera l'ordinaire d'à peu près tous les bahuts publics, hélas (puis privés, ou alors ils n'auront plus vocation affichée à accueillir tout le monde) si un tour de vis sévère n'est pas donné d'ici là...
Ça m'a rappelé un reportage de la 2, il y a une douzaine d'années, sur des (et non "les" : ptêt z'avaient choisi que les mauvais exemples ?) Public schools américaines, à cette différence que là il y avait des rondes de mecs en battle-dresses avec chien, avec en 2e partie la comparaison avec des établissements privés pour gens friqués : la différence sautait aux yeux...
Je crois simplement que il y a un lent mouvement de dégradation depuis 15/20 ans, mais uniformément accéléré depuis 10, et que les futurs nouveaux profs devront y être (ou s'y être, nuance de taille...) préparés.
Dans les conditions décrites, tu peux bien avoir toute l'autorité naturelle que tu veux, tu ne seras guère plus avancé : c'est qu'il n'y aura pas que sa (ses) propre(s) classe(s) à gérer...
Et c'est là tout le nœud du problème...
J'ai connu une ou deux classes apparemment bien sous tous rapports où j'avais découvert, un peu par hasard mais grâce aux relations de confiance que j'avais avec certains, l'existence de pressions physiques et morales sur les élèves ayant de bons résultats : résultats jugés trop bons et donc dérangeants par certains...
Je n'en plus de la version Bisounours lénifiante du métier qu'on s'efforce d'accréditer encore à tout prix..
Gérer une classe où tu as 8 zèbres sur 25/26, individuellement charmants au demeurant, largués et donc qui s'emm.. ferme pendant ton cours et qui cherchent à s'occuper (je les "comprends"), c'est un exercice de haute-voltige, pas à la portée de tout le monde...
Le lien ne t'était donc pas destiné mais plutôt à l'intention des visiteurs et autres lecteurs réguliers et de passage de nos forums.
@+
surtout si le soir l'élève redevient enfant-roi avec ses parents
d'autant que tu auras une partie de ces mêmes parents sur le dos, si tu oses sévir en classe avec leurs rejetons.
Lire :
De l'enfant roi à l'enfant tyran - Didier Pleux [Poche]
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#22 12-12-2010 16:23:18
- nerosson
- Membre actif
- Inscription : 21-03-2009
- Messages : 1 658
Re : devenir prof (de math)
Re,
Je n'ai jamais été enseignant, seulement enseigné.
J'ai fait mes études secondaires (je suis bac plus rien) en élève studieux dans une ambiance où les éléments nuisibles (je dis bien « nuisibles », n'ayons pas peur des mots) étaient fermement tenus en laisse et où le pire d'entre eux n'aurait jamais été seulement effleuré par l'idée de se livrer à des voies de fait sur un prof.
Maintenant, l'angélisme («Ne soyons pas trop durs avec ce garçon, nous risquons de dévaster son avenir ! »)a conduit à un laxisme catastrophique qui pourrit la vie d'une majorité saine, qu'on sacrifie à une petite minorité qui se trouve ainsi confirmée dans sa conviction qu'on peut tout se permettre.
Quand viendra donc l' Hercule qui nettoiera les écuries d' Augias ?
C' était mon petit quart d' heure facho, mais rassurez-vous : j'en ai d' autres très différents : je me fais un point d' honneur d' être inclassable !
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