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#126 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 21-04-2025 23:42:01

syrac a écrit :

@Ernst, je viens d'ajouter une explication (celle que j'ai postée plus haut) du lien entre l'automate et l'algorithme de Collatz, dans la page des règles simplifiées. Merci de l'avoir suggéré ! :-)

@syrac, ok, les choses ainsi présentées, l’avantage de l’automate sur le calcul bourrin est avéré.

Une idée qui m’est passée par la tête, ça serait maintenant de désolidariser entièrement ton automate de Collatz. Bon, je sais, ça paraît contradictoire dit comme ça, mais ça vaut peut-être le coup d'essayer de proposer un automate anonyme, quatre règles, et travailler uniquement là-dessus : le système permet-il une croissance infinie ?

Tu vas me dire pourquoi désolidariser le truc ? Parce que tu le constates toi-même, dès qu’un amateur s'intéresse à un problème connu, il y a une réaction allergique immédiate de tous ceux qui se disent spécialistes, avec un refus total de l’aider. J’ai bien peur que même si tu avais présenté ton automate comme une simple instance d’une machine de Turing, tu aurais vécu le même ostracisme : à partir du moment où des centaines de cadors se sont penchés sans succès sur un problème, ce n’est pas à toi d’essayer, sinon c’est de la présomption, de l’outrecuidance, du délire ou je ne sais quoi d’autre de cet ordre...

#127 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 21-04-2025 23:36:01

Bonsoir,

syrac a écrit :

Comment ne pas avoir l'insidieuse impression de s'adresser à un humain ?

Tu parles à un convaincu. Perso je l'utilise pour mettre au point certains raisonnements tant est grande sa capacité à fournir des pistes éclairées. Gros avantages :
- il est toujours disponible
- il est spécialisé dans tous les domaines
- il est bienveillant et infatigable


il serait intéressant de soumettre le système MUI à ChatGPT (ou DeepSeek, Qwen, Mistral, ...) pour voir ce qu'il en dit.

Comme ils ont tous des connaissances approfondies sur tout et sur n'importe quoi, nul doute qu'ils sont capables de trouver ce système sur le Net et fourniront son analyse sans se prêter à un quelconque raisonnement.


j'ai toujours pensé qu'il aurait fallu dès le départ utiliser les mots "intelligence simulée" plutôt qu' "intelligence artificielle".

Mon avis, c’est qu’il n'aurait pas fallu du tout parler d’intelligence, simplement d'un outil informatique fournissant une assistance numérique.

#128 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 21-04-2025 08:25:17

syrac a écrit :

Pour ce qui concerne l'automate, puisqu'il est de notoriété publique que les maths sont incapables de démontrer la conjecture de Collatz, il m'est apparu il y a plusieurs années que c'était l'angle sous lequel on considérait le problème qui empêchait sa démonstration, et qu'il fallait donc trouver une autre approche, non mathématique de préférence. La question est : pourquoi les règles qui gouvernent l'automate le mènent-elles à éliminer tous ses éléments sauf un ? Est-ce que c'est plus facile à démontrer que la conjecture ?

Je te suis entièrement sur ce point. Je me souviens du système MIU que je résume ici :

le système MUI

C'est un système formel introduit par Douglas Hofstadter dans son livre Gödel, Escher, Bach. C'est un puzzle logique où l'objectif est de transformer une chaîne de caractères composée des lettres M, I et U, en partant de la chaîne initiale MI, pour obtenir la chaîne MU, en utilisant quatre règles de transformation.

Les quatre règles du système MIU :
Règle I : Si une chaîne se termine par I, vous pouvez ajouter un U à la fin.
Exemple : MI → MIU
Règle II : Si une chaîne commence par M, vous pouvez doubler ce qui suit le M.
Exemple : MIU → MIUIU
Règle III : Si la sous-chaîne III apparaît dans la chaîne, vous pouvez la remplacer par U.
Exemple : MIII → MU
Règle IV : Si la sous-chaîne UU apparaît dans la chaîne, vous pouvez la supprimer.
Exemple : MUU → M
Objectif :
Partir de MI et obtenir MU en appliquant ces règles dans n'importe quel ordre, autant de fois que nécessaire.

Analyse du problème :
Le système MIU est un problème classique en logique formelle, et il est intéressant de noter que l'objectif (obtenir MU) est en réalité impossible à atteindre. Voici une explication concise de pourquoi :

Invariant numérique : On peut associer à chaque chaîne un "poids" basé sur le nombre de I et U. Considérons la valuation suivante :

Chaque I compte pour 1 modulo 3.
Chaque U compte pour 0 modulo 3.
Le M initial n'a pas d'impact sur ce calcul.
La somme des valeurs des lettres (modulo 3) reste invariante sous l'application des quatre règles :

Règle I : Ajoute un U (0 modulo 3), donc pas de changement.
Règle II : Double la chaîne après M, donc double la somme (mais 2 × n ≡ n mod 3, car 2 ≡ -1 mod 3).
Règle III : Remplace III (3 × 1 = 3 ≡ 0 mod 3) par U (0 mod 3), pas de changement.
Règle IV : Supprime UU (2 × 0 = 0 mod 3), pas de changement.
Application à MI et MU :

Pour MI, il y a un seul I, donc la somme est 1 modulo 3.
Pour MU, il y a un seul U, donc la somme est 0 modulo 3.
Puisque l'invariant modulo 3 est conservé, et que MI a une somme de 1 tandis que MU a une somme de 0, il est impossible de transformer MI en MU avec ces règles.

Réponse finale :
Il est impossible d'obtenir la chaîne MU à partir de MI en utilisant les quatre règles du système MIU, car un invariant numérique (la somme des I modulo 3) reste constant, et MI et MU ont des valeurs différentes (1 et 0 modulo 3, respectivement).

C’est l’exemple classique où une démonstration n’existe qu’en sortant du cadre axiomatique de départ. Peut-être qu’avec l’automate tu pourras montrer que toute configuration tombe inévitablement sur certaines structures, et de là que ces structures se réduisent toutes à un seul jeton, je n’en ai aucune idée, mais pour moi changer de représentation c’est comme le recours au modulo, quelque chose de pas intuitif du tout qui débloque le problème.

#129 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 21-04-2025 08:21:39

syrac a écrit :

Le sens du mot "présentation" est si vaste que j'aimerais savoir lequel tu lui donnes dans le présent contexte. Tu penses à une plateforme telle que ArXiv.org ?

Non, un page assez simple, soit en intro soit accessible en hypertexte, qui présente simplement la chose, là ton automate semble sortir d’un chapeau. Je pense que beaucoup la connaissent sous le nom de Syracuse, donc j’aurais rajouté entre parenthèse ce vocable, j’aurais expliqué en trois ligne sa logique, mais surtout j’aurais expliqué en quoi l’automate est une équivalence stricte au problème. C’est je crois le point essentiel de toute la suite, car si tu démontres quelque chose avec ça, il te faudra bien prouver que c’est la même chose.

#130 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 21-04-2025 08:16:47

Bonjour,

syrac a écrit :

J'ai été plusieurs fois tenté de poster un commentaire pour lui demander de consacrer une vidéo à expliquer ce qu'il entend par "intelligence", parce que je soupçonne qu'il ne le sait pas plus que quiconque, sinon il n'utiliserait pas ce mot. Mais j'attends de voir si quelqu'un lui posera la question, histoire de me sentir moins seul.

Sur l’intelligence artificielle, je viens de recevoir le livre « Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme » de Daniel Andler. Une recherche avec Google permet de trouver des extraits de son bouquin et de tomber sur des videos qui permettent de se faire une bonne idée du bonhomme : mathématicien & philosophe, spécialiste du domaine depuis des décennies, donc pas le genre de gus qui surfe sur la vague en sortant un n-ième livre sur Chat GPT en sans sérif (sur papier, quelle horreur). Je t’ai mis le condensé du sommaire ici :

sommaire

Table des matières de "Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme" de Daniel Andler (Gallimard, NRF Essais, 2023)

Introduction

[Contexte et présentation de la « double énigme » : l’intelligence artificielle comme chimère, l’intelligence humaine comme énigme]
[Objectifs de l’ouvrage : clarifier les conceptions de l’IA et de l’intelligence humaine]

Première partie : L’intelligence artificielle : une chimère ?

Les origines et les ambitions de l’intelligence artificielle
Les débuts de l’IA dans les années 1950
Le rêve prométhéen : reproduire l’intelligence humaine
Les fondements conceptuels : calcul, information, contrôle
Les saisons de l’IA symbolique classique
L’IA symbolique et ses systèmes experts
Les succès initiaux et leurs limites
Les « hivers de l’IA » (années 1970 et 1990)
Le connexionnisme et l’apprentissage profond
L’émergence des réseaux neuronaux artificiels
Le deep learning et ses applications (traduction automatique, voitures autonomes, etc.)
L’essor des grands modèles de langage (ChatGPT, etc.)
Les limites actuelles de l’IA : opacité et fragilité
L’opacité des systèmes d’apprentissage profond
Les biais et les erreurs imprévisibles
Les défis de l’induction et de la généralisation
Vers une troisième époque de l’IA ?
Les recherches pour dépasser le deep learning
Les nouvelles approches hybrides
Les perspectives d’une IA plus robuste

Deuxième partie : L’intelligence humaine : une énigme

Qu’est-ce que l’intelligence humaine ?
Au-delà de la résolution de problèmes : l’intelligence comme gestion de situations
La normativité de l’intelligence (jugements éthiques, esthétiques)
L’intelligence contextuelle et culturelle
Conscience, sens et affects : les dimensions absentes de l’IA
La conscience et son rôle dans l’intelligence humaine
Le sens en contexte : une limite fondamentale de l’IA
Les affects et leur lien avec la cognition humaine
L’intelligence comme jugement normatif
L’intelligence humaine face à l’incertitude
La capacité à problématiser (vs résoudre des problèmes)
La délibération et la discussion dans les jugements humains
L’IA face au contexte et à la culture
Les limites de l’IA dans la compréhension culturelle
L’IA comme outil, non comme agent autonome
Les implications pour la collaboration homme-IA

Conclusion : Prométhée, Icare ou Héphaïstos ?

[Réflexion sur les ambitions de l’IA : un outil puissant ou une quête dangereuse ?]
[L’avenir de l’IA : des outils dociles au service de l’humanité]
[L’intelligence humaine, irréductible à l’IA]

Perso je les utilise au quotidien, ma plus grande frustration vient que ces assistants sont parfois incapables d’appréhender la logique d’une situation, quand bien même on leur en détaille précisément les éléments. Pour le reste, elles sont des outils d’une efficacité sans commune mesure avec un moteur de recherche traditionnel, et capables de générer du texte ou de l’image qui sont incomparablement supérieurs à ce que produisent aujourd’hui la plupart des gens. L’exemple de ton code le montre parfaitement, je ne connais aucun non-spécialiste capable d’en faire autant, ni de spécialistes capables de le faire à une telle vitesse.

Je pense que le plus gros problème est celui de la dénomination. Réseaux neuronaux et intellignence artificielle ne pouvait que conduire à de telles réactions. Réseaux matriciels rétro-actifs et outils d’assistance numérique aurait été tout aussi bien et personne n’aurait été tenté de faire une comparaison.

#131 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 20-04-2025 09:40:19

Hello,

Si je peux me permettre, je pense que ton automate mériterait une présentation. Je trouve ta mise en page parfaite, mais j’ai peur de ne pas comprendre à quoi il sert. Je connais vaguement la conjecture de Syracuse (ou de Collatz, pas de problème avec ça) mais ne vois pas le rapport avec cette représentation ni ce qu’elle cherche à faire. Si c’est dérouler des millions de simulations et observer le cycle final, le calcul traditionnel s’en charge déjà.

Ceci dit, je trouve fascinant cette volonté d’amélioration perpétuelle que je partage aussi, je reviens sans cesse sur mes propres marottes et il n’y pas rare, des mois plus tard, d’obtenir soudainement des progrès significatifs parce qu’il m’est apparu une autre méthode. Et puisque ce fil montre l'usage et l'utilité des IA, je retiens ce que j'ai dû lire quelque part : « n'oublions pas que de toutes les IA auxquelles on aura affaire, celles actuelles sont de loin les plus mauvaises » ;-)

#132 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Analyse combinatoire et probabilités dans un jeu de dés » 19-04-2025 18:04:52

Bonsoir,

Rescassol a écrit :

Ernst, ton total ne fait pas $216$ parce que tes catégories ne sont pas disjointes.
Il ne faut pas par exemple compter $(1,2,3)$ à la fois dans les  chouettes, les velutes et les chouettes velutes.

Ah bon ? Je serais curieux de savoir pourquoi.

Perso je ne me permets aucune interprétation. Il est dit que tel résultat s'appelle 'machin', je compte toutes les occurences sans exception et je dis que 'machin' apparaît exactement tel nombre de fois. Il est dit ensuite que tel autre résultat s'appelle 'chose', je compte le nombre de fois où 'chose' apparaît. Il est dit enfin que quand un tirage est à la fois 'machin' et 'chose', on l'appelle 'machin-chose', eh bien je compte les occurences de 'machin-chose'.

De la sorte, je suis sûr d'avoir l'exact pourcentage de chaque catégorie. Si ça se trouve il est possible de tracer à partir de cela de magnifiques diagrammes de Venn, je n'en ai aucune idée, je laisse cela aux spécialistes.

#133 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Analyse combinatoire et probabilités dans un jeu de dés » 19-04-2025 14:43:43

Gurdil a écrit :

Voici un résumé rapide des combinaisons de base (niveau 1) pour ceux qui ne souhaiteraient pas consulter le lien :
   - La Chouette : deux dés identiques, ex. (2, 6, 2)

   - La Velute : la somme de deux dés donne la valeur du troisième, ex. (4, 6, 2)

   - La Chouette-Velute : une Chouette et une Velute en même temps, trois cas seulement : (1,1,2), (2,2,4), (3,3,6)

   - Le Cul de Chouette : trois dés identiques, ex. (5,5,5)

   - La Suite : trois dés qui se suivent (ordre quelconque), ex. (2,4,3)

   - Le Néant : aucune des conditions ci-dessus n’est remplie

Bonjour,

Pour ma part je trouve ces résultats :
Analyseur de combinaisons de dés

#134 Re : Entraide (collège-lycée) » Diviseurs d'un nombre entier naturel » 18-04-2025 15:33:13

Bonjour,

Effectivement, avec les négatifs ça ne marche pas, honte à moi.

Michel Coste a écrit :

bien beau de cracher sur le formalisme

et plus loin

Si on s'abstient de faire le malin

Là c'est autre chose. À partir du moment où mes interventions sont perçues comme du dénigrement ou de la suffisance, c'est clair qu'elles sont déplacées. Cela ne se reproduira plus.

#135 Re : Le coin des beaux problèmes de Géométrie » besoin d'aide pour formule » 18-04-2025 13:18:13

cyrille patou a écrit :

j'ai besoin de connaitre la longueur de cette droite qui traverse ce cercle.

Bonjour,

Essaie de voir si tu ne trouves pas ton bonheur sur cette page qui devrait te permettre de répondre à la question...

#136 Re : Entraide (collège-lycée) » Diviseurs d'un nombre entier naturel » 18-04-2025 09:34:41

Bonjour,

Finalement j’aime bien, à force de penser à un truc on découvre toujours d’autres choses.

Pour ce qui est de la formulation initiale, oui, faut rester dans l’ensemble des entiers strictement positifs puisqu’on parle des diviseurs d’un nombre, et qu’il s’agit dans ce cas de nombres entiers positifs.

Pour l’extension, en fait il n’y plus besoin de rester dans le positif. J’avais dit que le signe mettait le chantier, eh bien même pas : je prends n’importe quel réel différent de zéro, je le divise par n’importe quel réel lui aussi différent de zéro, j’obtiens un résultat réel différent de zéro. Et si je prends plusieurs diviseurs j’obtiens plusieurs résultats, et si je mets tout ce beau monde dans une liste ordonnée eh bien j’observerai toujours la même répartition, à savoir les mêmes écarts aux extrémités de la liste pour les couples de diviseurs/résultats (et en plus le résultat est aussi un diviseur et le diviseur un résultat, c’est fou)

Pour l’extension du problème toujours, j’ai envie d’aller encore plus loin, je me demande si une extension aux complexes a un sens, et si ça marche encore. Mais bon...

#137 Re : Entraide (collège-lycée) » Diviseurs d'un nombre entier naturel » 17-04-2025 21:03:10

Arghhh, j'ai oublié le + dans mes ensembles, ils doivent être strictements positifs sinon le signe met le Bronx, correctif :

« $\forall n \in \mathbb{N}^{*+}, D(n) = \{ d \in \mathbb{N}^{*+} \mid n \mod d = 0 \}$ »

et

« liste de diviseurs de $n\in \mathbb{R} ^{*+}$ arbitrairement choisis dans $\mathbb{R} ^{*+}$ »

(j'espère que j'aurais quand même les points de présentation :-))

#138 Re : Entraide (collège-lycée) » Diviseurs d'un nombre entier naturel » 17-04-2025 20:20:52

DeGeer a écrit :

@Ernst : Les maths parlent d'objets mathématiques, qui n'ont pas d'autre existence que mathématique. Le formalisme mathématique est le seul moyen de parler de tels objets.

Bonsoir DeGeer, bonsoir tout le monde,

Je n’ai rien contre le formalisme quand il est nécessaire, pour la liste des diviseurs j’ai même failli proposer
$\forall n \in \mathbb{N}^*, D(n) = \{ d \in \mathbb{N}^* \mid n \mod d = 0 \}$

Sauf que je maintiens que tel qu’il est posé, le problème me paraît trivial.

Qu’on me permette de l’exprimer dans ce bon vieux français des familles : avec n’importe quelle liste de diviseurs de $n\in \mathbb{R} ^{\ast }$ arbitrairement choisis dans $\mathbb{R} ^{\ast }$, pas besoin d’entiers, pas besoin de facteurs premiers, prendre deux diviseurs à égale distance des extrémités pour retomber sur $n$, cela marche toujours. Donc s’il faut démontrer quelque chose, autant carrément le faire avec la généralisation, non ?

Je tiens à préciser que mes interrogations sur ce coup sont réelles, pas juste une posture pour faire l’intéressant.

#139 Re : Entraide (collège-lycée) » Diviseurs d'un nombre entier naturel » 15-04-2025 21:28:48

Bonsoir,

Marrant de voir combien les maths ont pris l'habitude de compliquer les choses avec des notations de plus en plus ésotériques. Je ne comprends rien aux réponses, ce n'est quand même pas bon signe.

Pour moi, si on divise un nombre par un, on obtient le nombre lui-même. Deux diviseurs donc, le premier qui donne le deuxième, le deuxième qui donne le premier

Si on trouve un autre diviseur que ces deux-là assez proche du premier, il est évident que le résultat sera un autre diviseur assez proche du second - et vice-versa. C'est la logique même de la division. Je ne savais même pas qu'"il fallait "prouver" ce genre de chose, d'autant que j'ai l'impression que la "preuve" ici n'est qu'un simple effet de notation.

Qu'on s'arrête à la racine carrée du nombre ou qu'on aille jusqu'au nombre lui-même, ça marche toujours.

(euh, si je dis sur une copie que c'est trivial, j'ai les points, ou pas trop ?)

#140 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 08-04-2025 09:45:48

Bonjour,

syrac a écrit :

si une IA peut véritablement comprendre un problème (de quelque nature qu'il soit) et lui trouver une solution plus rapidement qu'un humain ne le ferait, alors rien n'interdit d'imaginer qu'un jour elle sera capable de démontrer une ou deux conjectures parmi les plus tenaces.

Oui, je partage ce point de vue.

À partir du moment où des mathématiciens passent des années à tordre dans tous les sens les concepts existants pour trouver une preuve de quelque chose, le numérique pourra le faire aussi. Il connaît plus et il va plus vite. Pour le moment on est encore dans les systèmes experts donc spécialisés, mais viendra un temps où n’importe quel problème sera correctement interprétée et où on aura effectivement des réponses fiables sur toutes les questions qu’on se posera à ce sujet.

L’autre direction que la recherche peut prendre, c’est celle qu’ont suivi les plus grands mathématiciens, c’est-à-dire l’invention de concepts et d’écriture pour approfondir certains domaines ou en défricher d’autres. Là c’est déjà plus compliqué. Je pense à l’invention des imaginaires, des infinis, des géométries non euclidiennes, des dimensions non entières, bref des frontières que seuls les surdoués ont su franchir, faut bien reconnaître.

Mon avis à moi que j’ai :-) c’est qu’au moment où l’IA va commencer à explorer ces directions et y progresser à son rythme et avec ses propres outils, il ne suffira plus d’être goguenard ou admiratif, ça va être une sacrée bascule. Peut-être pas les dix ou vingt prochaines années, mais d’ici la fin du siècle c’est quasiment sûr.

#141 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 07-04-2025 22:09:39

Bonsoir tout le monde,

Pour le moment, je pense que l’intelligence articielle grand public n’a pas encore les capacités de celles déployées dans des buts bien précis. Actuellement en mathématiques elles en sont au niveau des médaillés des Olympiades internationales de mathématiques, donc un excellent niveau de terminale. Il s’agit clairement de démonstration et non de tâtonnement ou d’élucubrations.

Par contre le modèle est dédié et cela n’accède pas encore au niveau universitaire. N’empêche, ici nombreux sont ceux qui étaient persuadés que rien de tel n’était possible (ou le sont encore, si si), ce qui fait que je me fie moins à l’avis des forums que ceux des chercheurs spécialisés. On notera en passant qu’un mathématicien n’invente rien lui non plus jusqu’au master. Ce n’est me semble-t-il qu’au niveau doctorat que ça commence à cogiter sévère et à produire plus qu’un corpus existant.

En AI on n’y est pas encore c'est vrai, mais…

#142 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 05-04-2025 12:32:39

Michel Coste a écrit :

Ernst, ta présentation du texte de cette page est tendancieuse : le principe des tiroirs n'est que le premier d'une liste d'items à l'énoncé plus "séreux" et dans des domaines mathématiques variés. Tu as effacé les deux points après le "notamment", qui introduisent cette liste.

Bonjour,

Oui, c'est vrai, mais cela ne change pas grand-chose sur le fond.

D’après ce que j’ai compris, il n’a rien démontré du tout (puisque c’est une évidence) il s’est simplement servi de ce principe dans le cadre de ses travaux, ce principe a ensuite été formulé en notation mathématique moderne et a été vulgarisé de façon imagée en l’attribuant à Dirichlet, ce qui est quand même un raccourci stupéfiant.

#143 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 03-04-2025 20:48:08

syrac a écrit :

Rien d'étonnant à cette situation si on en croit la phrase attribuée à Paul Erdös : "Les mathématiques ne sont pas prêtes pour ce genre de problème", ou celle-ci, probablement de Lagarias : "Ce problème est extraordinairement difficile, complètement hors d'atteinte des mathématiques actuelles".

D'où l'intérêt de mon automate ! :-)

Bonsoir,

Ce que j’aime dans cette histoire, ce sont ces recherches tous azimuts, le résultat à la fois de la vulgarisation mathématique, de l’enseignement de masse, de l’émergence du numérique (en particulier la puissance de l’ordinateur et celle d’Internet) et du caractère ludique des recherches personnelles.

Ton automate est en droite ligne dans ce courant, et je trouve cela très bien.

Par ailleurs il révèle assez bien je trouve les réticences d’une communauté plutôt dépassée par l’explosion des possibilités actuelles et par la perte de son autorité (l’incontournable jugement « par les pairs », la soumission aux bases et aux mathématiques académiques, etc.), un peu comme si elle seule pouvait établir la validité d’une conjecture…

Faut quand même reconnaître qu'à force de multiplier ses propres raisonnements, elle en arrive à écrire tout à fait sérieusement « L'éventail des travaux de Dirichlet illustre la profondeur de la culture mathématique allemande au début de son âge d'or. On lui doit notamment le principe des tiroirs : si on range n+1 chaussettes dans n tiroirs, il y a un tiroir où il y au moins deux chaussettes ! »

(et malheur au naïf qui l'écrirait sans la validation idoine)

#144 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 03-04-2025 09:29:52

syrac a écrit :

Pourrais-tu préciser à quels écarts tu fais allusion ?

Bonjour,

À la lecture de l’article cela me paraît évident.

« Dans cette classification, on distingue différents répertoires : celui des productions savantes, de mathématiciens respectant les usages et formes des textes mathématiques et celui des travaux d’un public plus élargi mais assez disparate qui comprend des mathématiciens débutants, de scientifiques ou d’ingénieurs moins rompus à l’écriture de textes mathématiques et d’amateurs plus ou moins éclairés. »

« On notera la différence de style entre les auteurs de culture francophone et ceux de culture anglo-saxonne. A la différence des seconds, les premiers introduisent de nombreuses notations et définitions (nombres de Collatz, couronne de Collatz, etc.). Ils recourent à un vocabulaire imagé : temps de vol (pour temps d’arrêt - stopping time), distance de vol, temps de vol en altitude, etc. »

« Chacun ramène le problème dans sa spécialité : théorie des nombres, nombres p-adiques, théorie des fonctions analytiques, etc. »

On est loin d’un champ homogène, il y a des écarts considérables sur la nature de l’approche, sur le bagage des chercheurs, sur la formulation utilisée, et j’ai trouvé cet aspect sociologique tout à fait intéressant.

#145 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 02-04-2025 22:48:01

Bonsoir,

Suite à cette discussion, je me suis intéressé au truc et j'ai trouvé un état des lieux ma foi fort bien fait dans un document de 2021 qui donne un aperçu des recherches que cette conjecture suscite, des publics qui s’y consacrent, et des écarts que cela induit...

#146 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 31-03-2025 20:38:38

syrac a écrit :

En dehors de ses incroyables capacités en rédaction, illustration et codage (et maths un jour prochain), elle n'est capable que d'imiter les comportements humains prétendûment intelligents, jusqu'à leurs émotions, qu'elle simule pitoyablement.

Bonsoir,

Pas sûr qu’il lui faille des émotions. Si c’est pour se retrouver avec des IA haineuses, chauvines ou protectrices, je n’en vois pas trop l’intérêt. Marrant de voir d’ailleurs que quand elles ont des biais tout à fait humains un peu similaires à des préjugés, on le leur reproche également.


Enfin, si tu es toi aussi un passionné alors toutes mes félicitations, tu fais figure d'exception au milieu de la horde des auto-satisfaits qu'on côtoie sur les forums de mathématiques.

Ah mais faut pas croire, je suis tout autant auto-satisfait qu’un autre, il n’y a pas de raison. :-)

Plus sérieusement, c'est vrai que j'apprécie beaucoup le partage des démarches, réflexions et autres hypothèses, dès que quelqu'un étale sur plusieurs posts l'état de ses recherches, moi j'aime bien, j'ai l'impression de retrouver chez autrui les mêmes élans qui me traversent.

#147 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 31-03-2025 20:27:10

Vassillia a écrit :

Penser pouvoir résoudre un problème difficile et recherché par la communauté mathématiques sans connaissances particulières est une marque de mépris envers toutes celles et ceux qui en ont fait leur métier (ce n'est pas mon cas) et une marque d'un problème d'égo important.

Bonsoir,

Sur ce coup, je vois les choses un peu autrement. Quel que soit le domaine, si je devais m’imposer une retenue du fait des professionnels, je ne ferais jamais rien, je sais qu’il y en a toujours qui feront mieux que moi c’est sûr. Perso c’est plus le plaisir de construire, homo faber autant que sapiens si on veut, je n’en fais pas une histoire de comparaison ou de rivalité.


concernant l'IA, c'est un outil merveilleux qui peut servir d'assistant mais elle est loin, très loin, de faire mieux que les spécialistes d'un domaine

Euh, ça se discute... Échecs, go, maintien du domaine de vol, atterrissage sans visibilité, médecine et diagnostic, reconnaissance d’image en temps réel, ça fait longtemps que les systèmes sont justement faits pour dépasser la plupart des spécialistes même de haut niveau. Qu’il en reste quelques uns capables de faire mieux je veux bien, mais l’essentiel reste que ces systèmes sont d’une efficacité indéniable. Alors aller gratter des cas de figure exceptionnels pour laisser entendre que l’humanité toute entière ferait mieux, je n’y crois pas vraiment.


D'ailleurs, le choix des données pour nourrir l'IA devient un vrai problème vu que l'IA produit désormais une partie des données sur le web, elle risque de s'auto-intoxiquer

C’est vrai, mais l’humanité elle-même n’a jamais fait autre chose que copier, imiter, recycler, en y apportant à chaque fois (ou pas) une touche particulière. L’émergence de la musique symphonique ou de l’impressionnisme comme courant pictural sont des mouvements qui se sont nourris d'eux-même pendant des décennies sans que personne n’y trouve à redire. En maths il a suffit qu’on ait parlé de fractales ou de chaos pour avoir vu émerger de véritables courants de recherche auto-alimentés. Bref, même si les chercheurs reconnaissent que c’est un problème sérieux, reprocher cela aux IA c’est leur faire un mauvais procès je trouve.

(en imagerie générée le mélange des genres produit, à l’instar des mouvements artistiques, des hybridations tout à fait stupéfiantes)

#148 Re : Café mathématique » Automate de Collatz » 31-03-2025 09:29:32

Amis des échanges forumiques, bonjour,

Perso je trouve les interventions de tous ces passionnés nettement plus intéressantes que les sempiternelles questions sur je ne sais quel exercice et les réponses toujours sibyllines de ceux qui savent.

Pourquoi ? Parce que j’ai le même plaisir à approfondir les axes de réflexion que je me fais et donc j’apprécie le partage de leur cheminement. J’ai moi aussi quelques marottes, par exemple la série de Leibnitz, par exemple le problème du voyageur de commerce, des domaines que je sais pourtant épuisés, et c’est toujours un plaisir de lire ceux qui expriment une passion.

Pour ce qui est de l’IA, les progrès sont foudroyants. Entre les grands discours sur la difficulté de compréhension du langage, les enjeux de la traduction, la transcription à partir de l’oral, etc. et maintenant les capacités actuelles des modèles disponibles, le gouffre est hallucinant. Pour le moment l’IA n’est pas fiable, mais finalement pas plus que n’importe quelle production humaine – qu’on se souvienne du traitement du Covid par les « spécialistes » de chaque pays.

Bref, l’IA mérite progressivement son nom, elle devient l’image de notre propre intelligence avec ses phases d’imitation, d’erreur, d’hallucination, de délire ou je ne sais quoi d’autre, toutes choses finalement bien humaines...

#149 Re : Entraide (supérieur) » Annualisation d'une variation qui tend vers zéro. » 28-03-2025 19:06:16

Michel Coste a écrit :

Bonjour,
Fais-tu des maths de manière professionnelle pour affirmer ça ? Tous les pros que je connais, y compris moi-même, utilisent $\LaTeX$ pour écrire des maths.

Bonjour,

Non, et c’est justement parce que c’est un outil pour publications professionnelles que je dis que LaTeX ne concerne pas grand monde. Les traitements de texte comme Word sont prévus pour intégrer directement le tableur et disposent d’éditeurs d’équation largement suffisants pour les travaux courants, les logiciels spécialisés comme Maple sortent des documents à la mise en page irréprochable, et les aficionados des casse-têtes et des rubriques mathématiques passent par des copies d’écran pour partager leurs découvertes.

Pour moi LaTeX a le même esprit que les systèmes Linux, des usines à gaz faites par et pour ceux qui adorent mettre les mains dans le cambouis.

N’importe comment, perso je m’en fiche pour au moins trois raisons toutes suffisantes :
- je n’en ai pas besoin
- si j’en ai besoin je sais faire
- si je ne sais pas faire il y a des sites qui le feront pour moi

(on notera ce magnifique raisonnement en chaudron – pour ceux qui ne connaissent pas c’est l’histoire d’un paysan à qui on reproche d’avoir rendu avec un trou le chaudron qu’il avait emprunté, et qui dit que déjà il n’a jamais emprunté de chaudron, qu’ensuite il l’a rendu intact, et que de toute façon le trou y était déjà)

#150 Re : Entraide (supérieur) » Annualisation d'une variation qui tend vers zéro. » 28-03-2025 19:01:59

Rescassol a écrit :

Le smartphone, j'en ai un, il me sert essentiellement à téléphoner, tellement c'est peu pratique de faire autre chose avec.
La consultation vocale et l’IA sont des trucs à la mode, je m'en passe pour le moment.

Bonjour,

En fait je pense que ces échanges illustrent nos divergences.

Je me sers de mon smartphone pour sa capacité à envoyer et recevoir des messages, à trouver n’importe quel renseignement sur le Net, à me donner une cartographie en temps réel, à me traduire n’importe quelle langue, à me servir de lampe de poche, d’appareil photo, d’enregistreur et de photocopieur. Il identifie pratiquement n’importe quelle plante et n’importe quel produit, il me donne l’heure, la date, me sert d’agenda et bien sûr de calculateur aux capacités presqu’illimitées. Devoir taper est effectivement mal pratique, mais dicter aujourd’hui à l’appareil est d’une efficacité inespérée il y a encore dix ans et la performance des assistants numériques  aujourd’hui est tout bonnement fabuleuse.

Alors lire ici une forme de désintérêt d’un tel outil, alors qu’il est le produit parfait de la puissance des mathématiques, c'est quelque chose qui me laisse pantois, mais vraiment quoi...

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