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#326 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 26-05-2024 08:07:26

Bonjour Vam,

Oh que ton intervention est précieuse !! Merciii !!

en ouverture d'esprit, pour qu'ils sachent que ça existe, pour préparer doucement le supérieur

C'est exactement ma position d'enseignement : montrer que les formules dont on gave les élèves ne sont que des cas particuliers de logiques générales qui, elles, n'ont pas besoin de formules.

Je suis absolument étonné de cette "frilosité" de l'enseignement — « Mais ils ne peuvent pas compreeendre ! Ils sont trop jeuuunes ! » — qui ne prépare pas du tout à ce que les étudiants tout juste sortis du Bac vont rencontrer dès les premiers jours du Supérieur.

#327 Re : Entraide (collège-lycée) » devoir maison sur dérivation et exponentielle » 25-05-2024 23:37:18

Bonsoir, ou bonjour (vu l'heure)

Je me permets d'ajouter mon grain de sel : j'ai écarquillé les yeux en découvrant tard le soir le message de Saraa.
Tout dévoué que je sois envers mes élèves, même si je ne les connais rigoureusement pas, je n'aurais en aucun cas accepté de me plier à une telle demande, qui, effectivement, relève de la parfaite indécence (ou de la parfaite inconscience) !

Quant à la réaction de Morange, elle est révélatrice de ce qu'on peut s'autoriser du fait de l'anonymat que procure un pseudonyme...

#328 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 25-05-2024 23:09:52

[ suite 5 ]

Le raisonnement par rapport à la primitive est du même ordre :

Déterminer la primitive d'une fonction se dit intégrer la fonction. Pourquoi ?
Parce qu'on détermine la primitive de la fonction d'une variable, multipliée par la variation infiniment petite (pour faire simple) de la variable.
Donc on détermine la primitive à constante nulle, que j'appelle "algébrique", de $f(\text{variable}) \times d\text{variable}$, primitive qu'on note $\displaystyle \int f(\text{variable}) \times d\text{variable}$, et qu'on appelle intégrale indéfinie de $f$.

Par exemple, l'intégrale $\displaystyle \int s^2ds$ représente la primitive "algébrique" de $s^2ds$, c'est-à-dire $\dfrac {s^3} 3$

Et, comme l'expliquait si justement DrStone, que je remercie, $\displaystyle \int dl = \int 1 dl$ désigne la primitive de $1$, la variable étant $l$, qui est égale à $l$.
De même, $\displaystyle \int dh = \int 1 dh$ désigne la primitive de $1$, la variable étant $h$, qui est égale à $h$, et $\displaystyle \int dp = \int 1 dp$ désigne la primitive de $1$, la variable étant $p$, qui est égale à $p$.


Donc, pour résumer, on dérive une fonction par rapport à sa variable, et on intègre une fonction par rapport à sa variable.


DrStone a écrit :

Et c'est là que j'ai eu la révélation : Borassus s'est emmêlé les pinceaux sur les signes à la toute fin de son calcul.

Oups !
$7 - 9 = 2$ !!
Pas mal, comme étourderie !!
Heureusement que @DrStone veille au grain !  :-)
(Ce genre d'étourderie est pour moi un révélateur indéniable de ce que je dois prendre du repos. Heureusement, je vais partir mardi pour deux semaines de vacances.)


komi37 a écrit :

D'ailleurs, comment pourrais-je aborder ça au grand oral alors que l'on n'a pas vu les intégrales double en Terminale ?

En montrant qu'à partir du moment qu'on a compris la logique de l'intégrale simple, une intégrale double ne représente ni plus ni moins que deux intégrales simples imbriquées, qui, certes, nécessitent plus d'attention — n'est-ce pas Borassus ? — que deux intégrales simples séparées, mais dont on comprend facilement la logique.

Tu peux alors lancer le débat de fond « Pourquoi ne nous explique-t-on pas les intégrales doubles ou triples, alors qu'elles relèvent de la même logique que l'intégrale simple ? On estime que nous ne pouvons pas, du fait de notre jeune âge, comprendre cela ? »

Dans le même ordre d'idée, pourquoi martèle-t-on un nombre incalculable de fois l'identité $(a + b)^2 = a^2 + 2ab + b^2$ et n'explique-t-on pas la logique qui permet de développer $(a + b + c)^2$ ou $(a + b + c + d)^2$ ?
C'est trop difficile pour de jeunes cerveaux ? Il faut être au minimum en Prépa pour comprendre cette logique ?
(Je l'explique à des élèves de 4ème...)

Toujours dans le même ordre d'idée, pourquoi limite-t-on la dérivée d'une fonction composée à seulement deux fonctions, alors que si on comprend la logique prévalant à la dérivation de fonction composées, on peut dériver sans peine des fonctions composées à trois, quatre, cinq, ou plus, niveaux d'imbrication ?
(Je demande à mes élèves de Première d'écrire la dérivée de fonctions à six ou sept niveaux d'imbrication.)

L'année dernière, une élève de Première m'a dit « J'ai l'impression qu'on nous prend pour des débiles ! »
« A un point que tu n'imagines pas ! »

____________

Les suites 4 et 5 étaient en quelque sorte une parenthèse initiée par les échanges entre komi et DrStone.

Demain, je reviens à la question de base du sujet « L'intégrale simple permet-elle d'aller au-delà de l'aire sous une courbe ? », avec des applications tout à fait concrètes.

Comme aime à dire Borassus « La suite suit. »
(Je reprends la construction de la phrase en russe « Продолжение следует. » ; « Prodolgénié slédouiet. »)

#329 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 25-05-2024 21:22:03

Bonsoir Doc,

Je clarifierai autant qu'il est nécessaire à la demande. Promis.

Pour l'instant j'élabore la suite, dans laquelle j'explique où je veux en venir.

#330 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 25-05-2024 20:26:47

[suite 4 ]

Bonsoir Komi, et bonsoir tous ceux qui suivent cette discussion,

Excusez-moi, j'ai été pris toute la journée et n'ai pu me remettra à mon clavier que maintenant.
Merci Doc d'avoir pris le relais.

Il est très important de comprendre qu'une variable n'est pas forcément désignée par $x$ !!!

La variable d'une fonction peut être désignée par $x$, $s$, $t$, $y$ , $schroumpf$ , $quelquechose$ ...

Ce qu'il faut comprendre, c'est la LOGIQUE de la fonction par rapport à SA variable.

Par exemple, $f(x) = x^2 +e^x + \dfrac 1 x$ signifie que si la variable est désignée par "schmilblick", le résultat du calcul sera $\text {schmilblick}^2 + e^{\text {schmilblick}} + \dfrac 1 {\text {schmilblick}}$.

Et si la variable est $5s -2$, le résultat du calcul est $(5s - 2)^2 + e^{5s - 2} + \dfrac 1 {5s - 2}$.


Deuxième point très important qu'il faut comprendre : c'est qu'une fonction est TOUJOURS dérivée par rapport à SA variable.
Donc la fonction définie par $f(5s - 2) = (5s - 2)^2 + e^{5s - 2} + \dfrac 1 {5s - 2}$ doit être dérivée par rapport à SA variable $5s - 2$, et non par rapport à $s$ !
Donc $f'(5s - 2) = 2(5s - 2) + e^{5s - 2} - \dfrac 1 {(5s - 2)^2}$

Si par contre la fonction est définie par $f(s) = (5s - 2)^2 + e^{5s - 2} + \dfrac 1 {5s - 2}$, là il faut multiplier la dérivée par rapport à $5s - 2$ par la dérivée de $5s - 2$ par rapport à la variable finale $s$ :
$f'(s) = \bigg [2(5s - 2) + e^{5s - 2} - \dfrac 1 {(5s - 2)^2} \bigg ] \times 5$

La suite suit.

#331 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 24-05-2024 14:46:46

[ suite 3 ]

Pour le volume d'un parallélépipède de dimensions $L \times P \times H$, la logique est de même nature que pour les intégrales simple et double :
on somme un parallélépipède infiniment petit de dimensions $dx \times dp \times dh$ selon l'un des trois axes ; le trait ainsi obtenu est sommé selon l'un des deux axes restants, ce qui génère une des faces ; la face ainsi obtenue est sommée selon l'axe restant, ce qui permet de générer le parallélépipède.

Il y a donc $3! = 6$ façons de calculer le volume d'un parallélépipède en partant de l'origine (le coin avant inférieur gauche du parallélépipède est placé sur l'origine du repère) :

  • [tex]\displaystyle \int_0^H \int_0^P \int_0^L dxdydz[/tex]
    génération de l'arête inférieure avant, puis génération de la face inférieure, puis génération du parallélépipède

  • [tex]\displaystyle \int_0^P \int_0^H \int_0^L dxdzdy[/tex]
    génération de l'arête inférieure avant, puis génération de la face avant, puis génération du parallélépipède

  • [tex]\displaystyle \int_0^H \int_0^L \int_0^P dydxdz[/tex]
    Génération de l'arrête inférieure gauche, puis génération de la face inférieure, puis génération du parallélépipède

  • [tex]\displaystyle \int_0^L \int_0^H \int_0^P dydzdx[/tex]
    Génération de l'arrête inférieure gauche, puis génération de la face gauche, puis génération du parallélépipède

  • [tex]\displaystyle \int_0^P \int_0^L \int_0^H dzdxdy[/tex]
    Génération de l'arête avant gauche, puis puis génération de la face avant, puis génération du parallélépipède

  • [tex]\displaystyle \int_0^L \int_0^P \int_0^H dzdydx[/tex]
    Génération de l'arête avant gauche, puis génération de la face gauche, puis génération du parallélépipède


L'année dernière, j'ai expliqué le principe à une élève de 4ème : nous réalisions le parallélépipède avec des morceaux de sucre.
Et je suis persuadé qu'on pourrait faire construire des parallélépipèdes selon ces six façons à des enfants de maternelle en utilisant des cubes (sans bien sûr leur dire qu'on les initie aux intégrales triples, sous peine de voir débarquer des parents teigneux menaçant de porter plainte pour "violence intellectuelle sur de jeunes enfants" :-).


Pour ce qui est de l'intégrale triple d'une fonction à trois variables, de telles fonctions ne sont pas représentables graphiquement en une seule vision.
Mais le mode de calcul est identique à celui montré pour les intégrales doubles, si ce n'est qu'il y a un niveau d'imbrication supplémentaire.

A titre d'exercice, je vous propose de calculer l'intégrale suivante :

[tex]\displaystyle \int_0^2 \int_1^3 \int_2^4 (x + xy + xyz)dxdydz[/tex]


La suite suit.

#332 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 24-05-2024 10:05:20

[suite 2]

Bonjour,

Que représente, graphiquement, une intégrale double d'une fonction à deux variables ?

Tout d'abord, une fonction à deux variables $x$ et $y$ est représentée par une surface d'équation $z = f(x , y)$, qu'on ne peut visualiser qu'en 3D, et souvent peu évidente à interpréter car il faut penser en $x$ constants et en $y$ constants.

Un exemple classique d'une telle surface est celle de la paraboloïde hyperbolique, d'équation $z = x² - y²$, reconnaissable par sa forme de selle d'équitation, et souvent utilisée en architecture, comme le montre la photo du Musée océanographique de Valence, en Espagne :
https://www.cjoint.com/c/NEyhxmhP7iD (source mathcurve.com)
https://www.cjoint.com/c/NEyhHSU1B3D (source lifeder.com)

Une intégrale double représente le volume entre la surface $z = f(x,y)$ et le plan $(Ox,Oy)$, délimité par les bornes des abscisses et par les bornes des ordonnées, l'élément de base sommé étant un parallélépipède "vertical" de hauteur $f(x,y)$ et de base infiniment petite d'aire $dx \times dx$.
(La logique de fond est donc la même que pour une intégrale simple : celle-ci calcule l'aire sous la courbe et l'axe des abscisses, délimitée par les bornes sur $x$, l'élément de base sommé étant un rectangle "vertical" de hauteur $f(x)$ et de largeur infiniment petite $dx$.)

Ainsi l'intégrale double $ \displaystyle \int_{-2}^{3} \int_{1}^{2} (x^2 - y^2) dxdy $ se calcule successivement comme suit :

$ \displaystyle \int_{-2}^{3} \int_{1}^{2} (x^2 - y^2) dxdy  \quad = \quad \int_{-2}^{3} \bigg [ \dfrac {x^3}{3} - y^2x \bigg ]_1 ^2 dy$

$\displaystyle = \int_{-2}^{3} \bigg [ \left ( \dfrac 8 3 - 2y^2 \right ) - \left ( \dfrac 1 3 - y^2 \right ) \bigg ] dy$

$\displaystyle = \int_{-2}^{3} \left ( \dfrac 7 3 - y^2 \right )dy \quad = \quad \bigg [ \dfrac 7 3 y - \dfrac {y^3}{3} \bigg ]_{-2}^3$

$= (7 - 9) - \left ( - \dfrac {14}{3} + \dfrac 8 3 \right ) \quad = \quad 2 + \dfrac 6 3 \quad = \quad 4$


Oui, les intégrales doubles sont totalement en dehors du sacro-saint programme de Terminale !
Mais vous voyez qu'à partir du moment où vous comprenez le principe de l'intégrale simple, l'intégrale double n'est qu'une application de deux intégrales simples imbriquées. (Je demande parfois à des élèves de Terminale de calculer des intégrales doubles ou triples.)

Elle nécessite davantage d'attention que l'intégrale simple — ne confondez pas difficulté due à l'attention qu'il faut porter et difficulté due au concept ! —, mais la logique reste fondamentalement la même.


La suite suit.

#333 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 23-05-2024 20:08:00

[ suite 1 ]

Reprenons maintenant les exemples, simples mais à réelle portée pédagogique, de l'aire d'un rectangle et du volume d'un parallélépipède.

Pour l'aire d'un rectangle, on peut en premier lieu considérer un rectangle infiniment petit de dimensions $dl \times dh$.
Ce rectangle peut être sommé de deux façons :

  • le long de la largeur, ce qui correspond à l'intégrale $ \displaystyle\int_{0}^{L} dh \cdot dl = \bigg[ \: dh \cdot l \: \bigg]_0 ^L = L dh$, qui "trace" le trait de largeur $L$ ;

  • le long de la hauteur, ce qui correspond à l'intégrale $ \displaystyle\int_{0}^{H} dl \cdot dh = \bigg[ \: dl \cdot h \: \bigg]_0 ^H = H dl$, qui "trace" le trait de hauteur $H$.

Une fois obtenu le trait horizontal ou le trait vertical, on peut calculer l'aire du rectangle de deux façons, comme évoqué dans mon post précédent :

  • en sommant le trait horizontal le long de la hauteur, ce qui correspond à l'intégrale $\displaystyle \int_0 ^H L dh = \bigg [ Lh \bigg]_0 ^H = LH$ ;

  • en sommant le trait vertical le long de la largeur, ce qui correspond à l'intégrale $\displaystyle \int_0 ^L H dl = \bigg [ Hl \bigg]_0 ^L = HL $.


Les deux intégrales successives, la première pour obtenir le trait horizontal ou le trait vertical, la seconde pour obtenir l'aire du rectangle, s'écrivent, en les imbriquant (les intégrales doivent être calculées de l'intérieur vers l'extérieur) :

  • $\displaystyle \int_0^H \int_0 ^L dl \cdot dh$, qui correspond à la réalisation du trait horizontal, suivie de l'obtention de l'aire du rectangle le long de la hauteur.

  • $\displaystyle \int_0^L \int_0 ^H dh \cdot dl$, qui correspond à la réalisation du trait vertical, suivie de l'obtention de l'aire du rectangle le long de la largeur.

Bien évidemment, les deux logiques mènent à la même aire (et pas à la mémère :-).
Ce serait en effet étonnant qu'on obtienne deux valeurs différentes !

Suite au prochain numéro. (Pour réduire la charge d'écriture, pour moi, et de lecture, pour vous, je vais "feuilletonner" mon exposé.)

#334 Re : Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 23-05-2024 08:49:46

Bonjour LEG,

Ah, c'est vrai, j'ai oublié de préciser que la question ne vaut que par temps clair, avec une bonne visibilité du sol. :-)

Mais on peut appliquer le raisonnement à un coin de nuage avec une forme particulière, la difficulté étant de connaître l'altitude de l'avion par rapport au nuage.
Par contre, quand l'avion est dans la purée de pois...

Bonne journée.

#335 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 23-05-2024 08:39:37

Bonjour,

komi37 a écrit :

Que peut-on dire de plus sur les intégrales s'il vous plaît ?

Je me sens quelque peu responsable d'avoir proposé l'extension de la notion d'intégrale au-delà du calcul de l'aire sous une courbe, sujet qui apparemment semble vous intéresser, mais qui repousse les murs étroits de la notion d'intégrale telle qu'elle est enseignée en Terminale.

Aussi vais-je développer un peu les éléments qui peuvent vous servir de guide pour la préparation de votre Grand Oral, si vous choisissez ce sujet.

Tout d'abord, c'est le point fondamental, il faut bien comprendre ce que signifie le produit $f(x)dx$ entrant dans l'écriture de l'intégrale.

Voici l'exemple illustratif que je montre à mes élèves : je leur demande de me fournir un livre épais, typiquement un dictionnaire, et trace au crayon une courbe quelconque sur la tranche du livre placé verticalement.
Le produit $f(x)dx$ représente tout simplement l'aire délimitée par la hauteur d'un point de la courbe et l'épaisseur de la feuille. Donc, $f(x)dx$ désigne l'aire d'un rectangle infiniment fin de hauteur $f(x)$ et de largeur $dx$, la lettre $d$ devant une expression signifiant, pour faire simple, une variation infiniment petite de l'expression.

Autrement dit, concrètement, une grandeur physique (aire, volume, mais aussi bien d'autres grandeurs) peut être calculée en tant que somme infinie d'un élément particulier, dont une composante est infiniment petite.

Exemples :

  • L'aire d'un rectangle peut être calculée en tant que somme verticale de rectangles horizontaux infiniment fins de largeur $L$ et d'épaisseur $dh$, ou comme somme horizontale de rectangles verticaux infiniment fins de hauteur $H$ et de largeur $dl$.

  • Le volume d'un parallélépipède peut être calculé en tant que somme verticale de parallélépipèdes horizontaux infiniment fins d'aire $L \times P$ et d'épaisseur $dh$, ou en tant que somme horizontale de parallélépipèdes infiniment fins d'aire $H \times P$ et d'épaisseur $dl$, $L$ désignant la longueur, $H$ la hauteur, et $P$ la profondeur. (Essayez d'imaginer les variantes possibles : du bas vers le haut, de gauche à droite, d'avant en arrière...)

  • L'aire d'un disque de rayon peut être calculée comme étant la somme d'anneaux concentriques infiniment fins de périmètre $2\pi r$ et d'épaisseur $dr$.

  • Le volume d'un cylindre peut être calculé en tant que somme de cylindres infiniment fins d'aire $\pi R^2$ et d'épaisseur $dh$.

  • Le volume d'une sphère peut être calculé en tant que somme de "pelures d'oignon" infiniment fines d'aire $4 \pi r^2$ et d'épaisseur $dr$.

  • Le volume d'un cylindre de révolution peut être calculé en tant que somme de cylindres infiniment fins d'aire $\pi r^2$ et d'épaisseur $dh$. (Il faut alors déterminer $r$ en fonction de la cote $h$ du cylindre.)

Vous voyez que cette logique permet de calculer un grand nombre de grandeurs.
Voir la liste d'exemples d'applications pratiques fournie par ChatGPT que j'ai publiée plus haut dans cette discussion.
Voici aussi celle, plus courte, fournie par Mistral AI :

L'intégrale simple a de nombreuses applications pratiques dans divers domaines. En voici quelques exemples :

1. Calcul d'aires : L'une des applications les plus courantes de l'intégrale simple est le calcul d'aires de figures géométriques complexes. Par exemple, l'aire comprise entre la courbe d'une fonction et l'axe des abscisses sur un intervalle donné est égale à l'intégrale de cette fonction sur cet intervalle.

2. Physique : Dans le domaine de la physique, l'intégrale simple est utilisée pour calculer le travail effectué par une force variable. Par exemple, si une force F(x) est appliquée sur un objet et qu'il se déplace de la position a à la position b, le travail effectué par cette force est donné par l'intégrale de F(x) de a à b.

3. Probabilités et statistiques : L'intégrale simple est utilisée pour calculer les probabilités dans le cas de variables aléatoires continues. Par exemple, si f(x) est la fonction de densité de probabilité d'une variable aléatoire X, la probabilité que X soit comprise entre a et b est égale à l'intégrale de f(x) de a à b.

4. Économie : En économie, l'intégrale simple peut être utilisée pour calculer des quantités cumulées au fil du temps. Par exemple, si C(t) représente le coût de production d'un bien à l'instant t, l'intégrale de C(t) de t1 à t2 donne le coût total de production de ce bien entre les instants t1 et t2.

Vous avez donc un choix important d'exemples concrets ! Choisissez celui ou ceux qui vous conviennent le mieux.

La clé de toutes ces intégrales est de déterminer l'élément de base, dont une des dimensions doit être infiniment petite, qui devra être sommée.


Mon prochain post portera sur l'imbrication, double ou triple, d'intégrales simples.
N'hésitez pas, en attendant, à demander des précisions si quelque chose ne vous semble pas clair.


PS : Toute intervention de la part de nos amis "non lycéens" permettant de m'aider à vous aider sera la bienvenue.  :-)

#336 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 22-05-2024 17:58:56

Bonsoir Komi,

Je suis à chaque fois étonné de cette réponse, car il y a, à mon sens, (largement) de quoi dire.

J'ai une élève qui a insisté pour que sa prof accepte de signer car, je cite «  [..] c'est un sujet qui me plaît et que je saurai exploiter au mieux. »

Tout est là : il faut que le sujet que tu choisis te plaise, quel qu'il soit !
S'il le sujet te plaît, tu sauras trouver les mots et les développements pour transmettre ton enthousiasme. (Et les dix minutes te sembleront trop courtes.)

#337 Re : Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 22-05-2024 12:43:21

On peut aussi penser au calcul inverse : connaissant l'altitude et la vitesse de l'avion, et les angles de vision autorisés par le hublot, et ayant chronométré le temps de vision du détail, on peut déterminer la distance de celui-ci par rapport à la trajectoire de l'avion.

Je confirme que le sujet peut être joliment traité en Grand Oral.

#338 Re : Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 22-05-2024 12:38:05

Whaou ! Merci, Ernst, de ces explications, et d'avoir pris le temps de réaliser tes schémas !!

La démonstration est très élégante !
Je vais m'efforcer de la traduire en calcul littéral général.

(Je pense d'ailleurs que la question et la démonstration peuvent faire l'objet d'un sujet de Grand Oral intéressant et original, qui va probablement influer la vision qu'auront les profs du jury lorsqu'ils prendront l'avion.)

Merci, encore !

PS : Plaisir de te retrouver parmi mes interlocuteurs.  :-)

#339 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral Mathématiques » 22-05-2024 12:10:15

Bonjour juju,

Puisque tu as la gentillesse de citer Monsieur Borassus et d'apprécier les sujets qu'il propose :-), Monsieur Borassus te répond dans un premier message.

Voici tout d'abord ce qu'écrit Le Chat Mistral auquel j'ai posé ta question :

Les casseroles ont souvent les mêmes proportions pour des raisons pratiques et fonctionnelles.

Tout d'abord, les proportions standardisées des casseroles permettent de les empiler facilement les unes sur les autres, ce qui économise de l'espace de rangement dans la cuisine. De plus, les poignées et les couvercles sont souvent conçus pour s'adapter à plusieurs tailles de casseroles, ce qui permet de réduire le nombre d'accessoires nécessaires.

Ensuite, les proportions des casseroles sont souvent conçues pour optimiser la cuisson et la distribution de la chaleur. Par exemple, une casserole avec un fond large et des côtés bas est idéale pour saisir les aliments ou faire des sauces, tandis qu'une casserole avec un fond étroit et des côtés hauts est plus adaptée pour mijoter des plats ou faire bouillir des pâtes. Les proportions standardisées permettent de s'assurer que chaque casserole est adaptée à son utilisation prévue.

Enfin, les fabricants de casseroles ont souvent tendance à suivre les normes de l'industrie en matière de proportions, car cela facilite la production et la commercialisation de leurs produits. Les consommateurs sont également habitués à certaines proportions de casseroles, ce qui peut influencer leur décision d'achat.

En résumé, les casseroles ont souvent les mêmes proportions pour des raisons pratiques, fonctionnelles et commerciales.

Je pense que tu peux creuser la question de la répartition de la chaleur, en te limitant, aussi bien en maths qu'en physique, à ce qui reste dans le cadre de la Terminale.

Concernant le volume, pour un rayon donné, il est effectivement proportionnel à la hauteur.
Par contre, pour une hauteur donnée, il est proportionnel au carré du rayon. Donc si le rayon est multiplié par 2, le volume est multiplié par 4.

Enfin, une casserole ne peut être triangulaire, car un triangle est une surface plane, et donc tu ne peux verser grand chose "dans" un triangle. :-) Il faudrait donc dire "de section triangulaire".

En dehors du volume d'un cylindre obtenu par une intégrale simple, je ne vois pas encore pour l'instant ce qui te permettra d'étoffer ton oral.

#340 Re : Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 21-05-2024 18:53:20

'est ni plus ni moins du Thalès papillon dans ce plan.

C'est bien ce que je pensais initialement, mais cela me semblait trop simple. Je vais y réfléchir un peu plus lorsque j'en aurai la disponibilité.

#341 Re : Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 21-05-2024 14:49:58

Merci, de nouveau, Cailloux,

C'est bien à ce schéma — en moins évolué — que je pensais.

Je perçois néanmoins deux difficultés :

La vitesse de l'avion est déterminée par rapport au sol, à la verticale de celui-ci.
Or le détail qui a attiré mon attention peut se trouver assez loin du projeté orthogonal de la trajectoire sur le sol.
Il faut donc tenir compte de l'angle par rapport à la verticale que fait l'objet avec ma vision.

D'autre part, la trajectoire de l'avion peut ne peut être parallèle à "la trajectoire" de l'objet : par exemple, je peux voir apparaître le détail avec un certain angle par rapport à la verticale, et le voir disparaître avec un angle plus important ; autrement dit, le détail "s'éloigne" de la trajectoire de l'avion.

#342 Café mathématique » Combien de temps puis-je voir un détail au sol du hublot d'un avion ? » 21-05-2024 09:21:09

Borassus
Réponses : 10

Chers amis, bonjour !

Il y a une question qui me taraude à chaque fois que je prends l'avion :

Combien de temps puis-voir un détail au sol qui a attiré mon attention, depuis le moment où, calé dans mon siège, je le vois apparaître, et le moment où je ne le vois plus en me pendant penchant au maximum vers l'avant ?

Intuitivement, les paramètres qui entrent en jeu sont

  • l'altitude et la vitesse de l'avion (souvent affichées),

  • l'angle du détail par rapport à la verticale (un détail presque en dessous de moi disparaîtra plus rapidement qu'un détail plus éloigné)

  • l'angle de la trajectoire de l'avion par rapport au détail,

  • l'angle de vision entre ma position dos au siège et ma position penchée.

Auriez-vous des idées sur la façon de modéliser cette interrogation, et me permettre d'être un passager un peu plus "savant" ?
(Je pars en Turquie dans une semaine. J'aurais donc l'occasion de "réfléchir de visu" à ces différents paramètres.)

Merci pour vos futures réponses, qui, je n'en doute pas, pourront m'apporter un éclairage précieux.

#343 Re : Entraide (supérieur) » La limite d'une fonction trigonométrique » 16-05-2024 19:27:10

Bonjour Cailloux,

Tout à fait, merci !

Pour rester dans l'esprit de mes questions, cette question pourrait être :

  • [...]

  • Les courbes entre deux asymptotes verticales successives semblent continues. Est-ce vraiment le cas ?
    Si ce n'est pas le cas, quels points invisibles sur ces courbes "posent problème" ?
    Comment alors doivent être lues les courbes ?

  • Comment réécrire la fonction $f$ pour assurer la continuité aux points déterminés à la question précédente ? La fonction est-elle alors dérivable en ces points ?
    Si oui, quelle y est la valeur de la dérivée ?

  • [...]

#344 Re : Entraide (collège-lycée) » Des arbres et des intervalles » 16-05-2024 18:37:12

Salut Yoshissime !

La charade est proprement fantastique !!  :-)
Merci pour le moment de rire joyeux !

Je me permets cependant d'apporter une petite rectification d'écriture, pour rester dans la même logique que celle utilisée pour "pa" et "r" : « Méphisto fait l's .

Pour ce qui est du mot final, le charme de la charade est précisément dans ce mot final. Il faut donc le laisser tel quel et ne pas le réécrire.

#345 Re : Entraide (supérieur) » La limite d'une fonction trigonométrique » 15-05-2024 20:39:31

Bonsoir,

L'extension est très jolie, effectivement !
Merci, Cailloux !

De plus, elle illustre la pauvreté d'un très grand nombre (incommensurable ?) d'exercices d'étude de fonctions qui se terminent pour l'élève par « ET ??? ».
Par exemple, que signifie concrètement le fait que la limite de la fonction en $\pi / 4$ est égale à $-1$ ?

L'exercice pourrait aussi se continuer par la question mise en lumière par Cailloux « Y a-t-il d'autres points similaires sur l'intervalle $\left [- \dfrac {5\pi} 4 ; \dfrac {3\pi} 4 \right]$ ? »


Les études de fonctions seraient beauuuucoup plus intéressantes si elles étaient construites sur la représentation de la fonction, et non sur la formulation de la fonction.

Dans le cas présent, les questions pourraient être, en partant de la courbe :

  • Apparemment, la fonction est périodique avec des asymptotes verticales. Confirmez cette double observation.

  • Les courbes entre deux asymptotes verticales successives semblent continues. Est-ce vraiment le cas ?
    Si ce n'est pas le cas, quels points invisibles sur ces courbes "posent problème" ?
    Comment alors doivent être lues les courbes ?

  • Chaque courbe semble être symétrique par rapport à un point. Quel est ce point ? Quelle est la caractéristique principale de ce point ? Confirmez vos observations par calcul.

  • D'autres questions qui vous viendraient à l'esprit ? (Je m'adresse au forum ; il ne s'agit donc pas d'une question posée à l'élève. Mais on pourrait permettre des questions ouvertes : « Observez-vous d'autres caractéristiques que vous pourriez confirmer par calcul ?


Avec de telles questions, on entraîne les élèves à avoir une démarche véritablement analytique : j'observe telle et telle caractéristiques, et je les confirme par calcul — et, donc, je les comprends.


En toutes circonstances, j'estime que pour un exercice donné, la diversité des solutions est une richesse.

C'est quelque chose qu'un certain nombre de profs devraient intégrer !
Je vois pas mal d'élèves frustrés de se voir barrer une solution juste, mais qui ne correspond pas à ce que le prof impose...
Ils en viennent à craindre le prof.

#346 Re : Entraide (collège-lycée) » Des arbres et des intervalles » 15-05-2024 19:59:08

Bonsoir tout le monde,

@Bernard : Si DrStone et Borassus "la ferment", ce forum risque de devenir un peu moins animé...   :-)
Ce qui, finalement, serait peut-être reposant ?  :-)


Pour ce qui est de l'exercice, il faut garder à l'esprit qu'en chaque sommet un pieu appartient aussi bien à une longueur qu'à une largeur...

#347 Entraide (collège-lycée) » Sujet de Grand Oral : Mais que vient faire pi dans les probabilités ?? » 15-05-2024 12:52:48

Borassus
Réponses : 1

Bonjour à tous,

Ce possible sujet m'est venu à l'esprit en répondant à DrStone à propos de sa discussion sur les arbres et les intervalles.

Pourquoi, par exemple, trouve-t-on $\pi$ dans l'expression de la loi normale (vue en Terminale), ainsi que dans d'autres probabilités ?

J'ai quelques éléments intéressants de réponse dans le chapitre « Le nombre $\pi$ et les probabilités » de l'opus « Les secrets du nombre $\pi$ » de la série « Le monde est mathématique », parue il y a un peu plus d'une dizaine d'années. https://www.cjoint.com/c/NEplZXijBDD
(J'ai vu chez Gibert que la série a été regroupée dans deux gros tomes.)

Ce sujet pourrait-il vous intéresser ?

#348 Re : Entraide (collège-lycée) » Des arbres et des intervalles » 15-05-2024 12:04:49

Bonjour Monsieur Stone,

Pour expliquer le $+1$, je demande à mes élèves de sortir leur règle graduée de leur trousse, et leur montre qu'entre, par exemple, les graduations 5 et 18 il y a 13 cm (18 - 5), mais qu'il y a 14 graduations en comptant celle du 5. C'est plus parlant pour eux que les arbres et les intervalles.

Sinon, pour calculer le nombres d'arbres, je ne vois pas d'autre moyen que de compter le nombre d'intervalles en divisant 50 par 19 [corrigé : 10] et d'ajouter 1 .


Question subsidiaire : Pourquoi, lorsqu'une voiture quitte une route bordée d'arbres, a-t-elle plus de "chances" de heurter un arbre que de passer entre deux arbres ?

Et cela m'a donné une idée de Grand Oral pour le moins originale...
Je reviens donc bientôt lorsque je l'aurai un peu préparé.

#349 Re : Entraide (collège-lycée) » Étude d.'une fonction exp » 14-05-2024 21:08:02

Pour clore le débat, je dirais que $\dfrac {1 + \sqrt 5} 2$ est une solution simple, facilement mémorisable, d'une équation du seconde degré simple, elle aussi facilement mémorisable.

Que ce nombre soit précisément le nombre d'or n'entre effectivement pas en ligne de compte, car ce n'est pas en tant que tel qu'il est utilisé dans l'exercice.

Je comprends vos objections — enfin ! direz-vous —  et rends donc caduc le point d'interrogation de Roro.

Bonne fin de soirée.


PS : N'abusez pas de l'aspirine, c'est mauvais pour l'estomac.  :-)

#350 Re : Entraide (collège-lycée) » Étude d.'une fonction exp » 14-05-2024 20:45:09

Bonsoir Roro,

J'ai ri de bon cœur en voyant le point d'interrogation dubitatif, à même en être pris d'une quinte de toux.  :-)

Certes, mais, à avoir l'expression de la racine, la résolution de l'équation $\alpha ^3 - \alpha - 1 = 0$ n'est pas vraiment du niveau de nos amis de lycée...
(Je ne saurais la résoudre moi-même, ayant toujours été allergique aux équations de 3ème degré.)

Donc, le point d'interrogation reste tout à fait pertinent. :-)

PS : Je préfèrerais le nombre de chocolat.

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