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#776 Re : Entraide (collège-lycée) » Développement de (a + b + c + d + e)^4 expliqué à un élève de 5ème... » 16-02-2024 17:40:20
Bonjour,
Merci, Glozi, pour ton compliment !
Je n'ai pas écrit tous les monômes. Je mettais des points de suspension une fois que l'élève avait compris la logique concernant une catégorie de monôme.
Exemples
$ 4(a^3b + a^3c + a^3d + a^3e + b^3a + b^3c + b^3d + b^3e + ...) $
$ 6(a^2b^2 + a^2c^2 + a^2d^2 + a^2e^2 + b^2c^2 + b^2d^2 + ...) $
$ 12(a^2bc + a^2bd + a^2be + a^2cd + a^2ce + b^2ac + b^2ad + ...) $
$ 24(abcd + abce + abde + acde + bcde) $
Bon début de soirée.
#777 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 16-02-2024 17:18:36
Ben oui, tu me déçois beaucoup d'avoir reculé devant l'obstacle, qui n'avait absolument rien d'insurmontable. Ça ne valait vraiment pas le coup de retenir Rescassol ! Et cerise sur le gâteau, tu t'amuses à changer les notations en appelant $k$ ce que tu avais noté $a$, alors qu'on avait jusqu'alors dans les calculs désigné par $k$ la valeur absolue de la différence entre les distances aux foyers.
Bonjour Michel,
Effectivement, j'aurais pu venir à bout du calcul par moi-même. (Pardon de te décevoir !)
Mais ne sachant véritablement quelle direction prendre, et rédigeant mes calculs sur des brouillons brouillons, de plus avec une certaine fébrilité énervée, je n'avais pas suffisamment de hauteur et de calme pour comprendre l'enchaînement des calculs à appliquer, et voir leur structure.
Pour mieux les maîtriser, je me permets de détailler ici tes calculs, dont je te remercie vivement.
J'étais arrivé à l'égalité inverse de celle de Michel (pour moi, il était naturel de placer la racine à gauche car c'est elle que je devais élever au carré) ; je continuerai donc en suivant mon écriture initiale (en revenant aux coefficients initiaux :-).
$ 2 \sqrt {(x^2 + y^2 + 2f^2)^2 - 4f^2(x+y)^2} = 2(x^2 + y^2 + 2f^2) - k^2 $
En élevant les deux membres au carré, on obtient :
$ 4 \left[ (x^2 + y^2 + 2f^2)^2 - 4f^2(x+y)^2 \right] = \left[2(x^2 + y^2 + 2f^2) - k^2 \right]^2 $
En développant le membre de gauche par distributivité et le membre de droite par développement du carré de la somme de deux termes, on obtient :
$ 4(x^2 + y^2 + 2f^2)^2 - 16f^2(x + y)^2 = 4(x^2 + y^2 + 2f^2)^2 + k^4 - 4k^2(x^2 + y^2 + 2f^2) $
soit
$ - 16f^2(x + y)^2 = k^4 - 4k^2(x^2 + y^2 + 2f^2) $
soit encore
$ -16f^2(x^2 + y^2 + 2xy) = k^4 - 4k^2(x^2 + y^2) - 8k^2f^2 $
$ -16f^2(x^2 + y^2) - 32f^2xy = k^4 - 4k^2(x^2 + y^2) - 8k^2f^2 $
Comme le produit $xy$ est égal au coefficient $a$, et est donc constant, les termes en $x^2 + y^2$ des deux côtés doivent s'annuler, ce qui signifie qu'on doit avoir l'égalité
$ -16f^2(x^2 + y^2) = 4k^2(x^2 + y^2) $
ce qui entraîne que $k^2 = 4f^2$ et donc $k = 2f$
L'égalité précédente devient alors ($xy = a$)
$ -32f^2a = 16f^4 - 32f^4 $
$ -32f^2a = -16f^4$
d'où $f^2 = 2a$ et $f = \sqrt{2a}$
Les coordonnées des deux foyers sont donc $(\sqrt{2a} , \sqrt{2a})$ et $(-\sqrt{2a} , -\sqrt{2a})$
et la constante $k$ exprimant la différence des distances d'un point de l'hyperbole à ses deux foyers est égale à $2f$, soit $2 \sqrt{2a}$.
Géométriquement parlant, comme $ \sqrt{2a}$ est la distance entre le centre de l'hyperbole et un de ses sommets, pour déterminer précisément l'emplacement des foyers sur une hyperbole tracée sans aucune indication sur les axes, il suffit de tracer le cercle tangents aux sommets. Les intersections de ce cercle avec les deux axes indiquent les coordonnées des foyers.
D'autre part, la différence, en valeur absolue, des deux distances entre un point de l'hyperbole et ses deux foyers est tout simplement égale à la distances entre les deux sommets de l'hyperbole.
https://www.cjoint.com/c/NBqqmBKs0qD
Je sens que j'ai avoir plaisir à expliquer la fonction de référence $f(x) = \dfrac 1 x$, en particulier en leur montrant cette interprétation graphique ! :-)
Pour ce qui est des calculs, je vais apprendre à les maîtriser et les proposerai à des élèves de Terminale souhaitant intégrer une Prépa scientifique. (Cela leur donnera l'occasion de pratiquer le développement du carré de la somme d'un nombre quelconque de termes, et de mener jusqu'au bout un calcul long, bien au-delà de ce qui est demandé en DM.)
#778 Entraide (collège-lycée) » Développement de (a + b + c + d + e)^4 expliqué à un élève de 5ème... » 15-02-2024 22:05:12
- Borassus
- Réponses : 18
Bonsoir,
J'expérimente en permanence ce qu'une ou un élève peut encaisser à partir du moment où elle ou il comprend la logique d'une notion.
J'ai donc expliqué ce matin à un élève de 5ème — qui certes a oublié d'être bête — $(a + b + c + d + e)^2$ , $(a + b + c + d + e)^3$ et $(a + b + c + d + e)^4$.
Sans problème !
On est très loin des sempiternels $(a + b)^2 = a^2 + 2ab + b^2$ et $(a - b)^2 = a^2 - 2ab + b^2$ !
Je lui ai fourni les coefficients sans les expliquer.
Demain, je lui expliquerai la logique de calcul des coefficients multinomiaux, et donc les notions d'arrangement, de permutation, de factorielle et de combinaison. (Après tout, il ne s'agit que de multiplications et de divisions tout à fait accessibles à un jeune élève !)
A propos : "multi" commence à "bi"...
#779 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 15-02-2024 21:20:53
Bonsoir tout le monde, et en particulier Michel, Rescassol, Bernard,
Michel semble surestimer les capacités calculatoires de Borassus, et sous-estimer le côté rebelle de ce même Borassus aux calculs longs et fastidieux. :-)
Merci, néanmoins, Michel ! Cela fait plaisir d'être autant apprécié. (Aïe, mes chevilles ! :-)
Je me suis donc dit qu'il faut procéder autrement. (Je considère la courbe $y = \dfrac k x$, avec $k$ positif, pour pouvoir utiliser la distance entre le centre de l'hyperbole et l'un des sommets, généralement notée $a$.)
Les coordonnées des deux sommets s'obtiennent en considérant qu'ils sont les intersections de l'hyperbole avec la droite $y = x$, soit $(\sqrt{k}, \sqrt{k})$ et $(-\sqrt{k}, -\sqrt{k})$.
La distance $a$ est égale à $\sqrt{2k}$.
Dans l'article de Wikipédia consacré à l'hyperbole, j'ai vu dans la section « Relations entre les grandeurs caractéristiques d'une hyperbole » que la distance entre le centre de l'hyperbole et un de ses foyers, généralement notée $c$, est égale au produit de la distance du centre de l'hyperbole à un de ses sommets par l'excentricité : $c = ae$.
Voilà qui est très intéressant !
Comme l'hyperbole est équilatère, son excentricité est égale $\sqrt{2}$.
Donc $c = \sqrt{2k}* \sqrt{2} = 2\sqrt{k}$.
Les coordonnées des foyers sont donc celles des intersections entre le cercle de centre $O$ et de rayon $2\sqrt{k}$, et la droite $y = x$ :
$x^2 + y^2 = 4k$ avec $y = k$,
d'où $2x^2 = 4k$ et $x^2 = 2k$.
Les coordonnées des deux foyers sont donc : $(\sqrt{2k}, \sqrt{2k})$ et $(-\sqrt{2k}, -\sqrt{2k})$. Voili, voilou ! :-)
Je vérifierai par la suite, si le cœur m'en dit, la définition bifocale de l'hyperbole $y = \dfrac k x$ en utilisant les calculs déjà effectués.
Bonne fin de soirée.
#780 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 15-02-2024 08:25:22
Bonjour tout le monde, Bonjour Michel,
Merci pour ta bonne appréciation, Michel ! :-)
Là, je pars en cours et reviendrai vers midi. Ensuite j'ai un rendez-vous notarial.
Mais je pressens une voie élégante et simple, que je n'ai pas le temps de développer à l'instant...
Suite au prochain numéro.
#781 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 14:44:38
Je n'ai pu m'y plonger que peu de temps, et dois partir dans un quart d'heure en ne rentrant que ce soir.
En mettant au carré les deux côtés membres de l'égalité, j'aboutis au premier abord à une expression que je n'ai pas le temps de transcrire, mais qui ne me semble pas aisée.
Please, dans un premier temps, je n'ai fondamentalement pas besoin de retrouver les coordonnées par moi-même.
Pouvez-vous simplement m'indiquer les coordonnées des foyers ? (Comme cela, je saurai mieux comment y aboutir.)
Je ferai alors vérifier que la courbe $y = \dfrac a x$ correspond bien à la définition bifocale.
Merci d'avance
#782 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 13:01:44
Ce qui m'importe, c'est de pouvoir expliquer — sans me risquer à détailler les calculs car l'élève lambda ne tiendrait pas le coup — que la courbe $y = \dfrac a x$ répond bien à la définition bifocale de l'hyperbole.
#783 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 12:42:33
Bonjour Roro,
L'extrait que je cite est bien sûr tiré de la page indiquée. J'ai donc bien cliqué sur le lien. :-)
Le « et ?? » signifiait « En quoi cette étymologie m'aide à trouver les coordonnées des foyers ? »
#784 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 11:38:05
Le nom d'hyperbole ...
« Le nom d'« hyperbole » (application par excès) lui est donné par Apollonios de Perga, remarquant, dans sa construction, que l'aire du carré construit sur l'ordonnée excède l'aire d'un rectangle de hauteur fixe construit sur l'abscisse. »
Oui, et ??
#785 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 11:32:44
Non, faites excuse. j'avais mal lu. Mais il faut persévérer pour chasser le radical en le mettant d'un côté de l'égalité, et tout le reste de l'autre.
Compris. Là je dois sortir pour quelque temps.
Je continuerai à mon retour.
Mais je perçois bien la façon d'opérer.
#786 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 11:25:46
C'est bien ce que j'obtiens à partir de la différence des deux carrés mentionnée ci-dessus. Il n'y a donc pas d'erreur de ma part.
C'est précisément arrivé à ce produit que je ne vois pas comment continuer et me libérer de la racine pour finalement trouver la valeur de $f$ en fonction de $a$.
D'où ma question.
#787 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 10:45:15
Ça s'arrange très bien.
Bonjour tout le monde, Michel et Bernard en particulier.
« Ça s'arrange très bien. »
C'est vite dit ! Après un développement fastidieux et demandant beaucoup d'attention, j'aboutis, sauf erreur de ma part, à
$2x^2 + 2y^2 + 4f^2 - 2\sqrt{x^4 + y^4 + 4f^4 + 2x^2y^2 - 8xyf^2} = k^2$
J'observe que $\left(x^2 + y^2 + 2f^2\right)^2 = x^4 + y^4 + 4f^4 + 2x^2y^2 + 4x^2f^2 + 4y^2f^2$
D'où
$x^4 + y^4 + 4f^4 + 2x^2y^2 - 8xyf^2 = \left(x^2 + y^2 + 2f^2\right)^2 -4x^2f^2 - 4y^2f^2 - 8xyf^2$
$= \left(x^2 + y^2 + 2f^2\right)^2 - 4f^2(x + y)^2$
$= \left(x^2 + y^2 + 2f^2\right)^2 - \left[2f(x + y) \right]^2$
Arrivé là, qu'est-ce que j'en fais de cette différence de carrés ??
Voici un article intéressant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperbole … 9matiques)
J'avais bien sût vu cet article mais n'y avais pas a priori trouvé la réponse à ma question.
#788 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 14-02-2024 00:06:29
Merci Michel,
J'y travaillerai demain en matinée car je sais largement d'expérience que je ne dois pas trop faire de maths le soir avant de me coucher car le cerveau continue à en faire pendant mon (semi-)sommeil.
Bonne nuit.
#789 Re : Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 13-02-2024 22:58:08
But de la question : pouvoir expliquer à des élèves de Seconde ou de Première pourquoi la courbe $y = \dfrac a x$ est appelée hyperbole.
#790 Entraide (supérieur) » Coordonnées des foyers d'une hyperbole équilatère y = a/x » 13-02-2024 22:46:53
- Borassus
- Réponses : 31
Bonsoir,
Il est aisé d'établir à partir de la définition d'une parabole — ensemble des points équidistants du foyer et de la directrice — que les coordonnées du foyer d'une parabole $y = x^2$ sont $ \left(0 , \dfrac {a}{4} \right)$, et que l'équation de la directrice est $y = - \dfrac {a}{4}$, le paramètre de la parabole, distance entre le foyer et la directrice, étant $p = \dfrac {a}{2}$.
Mais je n'arrive pas à déterminer les coordonnées des deux foyers d'une hyperbole équilatère $y = \dfrac{a}{x}$ à partir de la définition bifocale — ensemble des points pour lesquels la différence des distances avec les foyers est constante.
Je ne sais pas non plus déterminer l'équation des deux directrices.
De façon générale, je connais assez peu l'hyperbole.
Comment faut-il procéder ?
Merci d'avance pour vos indications.
#791 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 14:34:14
Je suis heureux de voir que notre ami Borassus est enfin rentré dans le rang.
:-)
Je ne dispose pas de manuels de l'époque et ne peux donc véritablement comparer de façon critique.
Mais je me rends compte en permanence des insuffisances, parfois criantes, des manuels actuels.
Quelques exemples, parmi beaucoup d'autres, qui me viennent à l'esprit car fréquemment rencontrés, en vrac :
Exemples contredisant dans leur structure ce qui a été encadré et mis en gras juste auparavant
Exemples types : définition du multiple et exemple en contradiction flagrante avec la définition ; formule du binôme de Newton selon les puissances croissantes de $a$, accompagnée des exemples $(a + b)^2 = a^2 + 2ab + b^2$ et $(a + b)^3 = a^3 + 3a^2b + 3ab^2 + b^3$Formules présentées comme définition alors qu'elles ne sont que des conséquences de la définition
Exemple type, qui déroute beaucoup les élèves : la définition d'emblée du produit scalaire par une des formules de polarisation (ploum !)Non explication de la logique de base d'un concept
Exemple type : la définition du nombre dérivé en $a$ — j'apprends aux élèves à raisonner plutôt en $x_0$ — en tant que limite du taux d'accroissement, sans expliquer ce qu'est un taux, et sans donc expliquer que le taux d'accroissement est une comparaison relative entre la variation de la fonction et la variation de la variable qui génère la première, et que ce taux devient un coefficient de proportionnalité, appelé nombre dérivé en $x_0$, lorsque la variable $x$ devient infiniment proche de la valeur $x_0$.Références historiques n'apportant rien à la compréhension car on n'explique pas la logique de pensée de tel ou tel mathématicien lui ayant permis d'aboutir à tel théorème ou à telle formule
Contradiction entre une formule et le "titre" de la formule
Exemple type : l'équation de la tangente présentée (bêlée...) un nombre incommensurable de fois selon le modèle $y = f'(a)(x - a) + f(a)$ alors que l'équation réduite d'une droite est $y = mx + p$.
Les élèves sont tout étonnés de comprendre que l'ordonnée à l'origine de la tangente est $f(a) - f'(a)a$ car l'équation développée à partir de la formule de départ est $y = f'(a)x + f(a) - f'(a)a$.Un nombre incalculable d'exercices qui ne servent à rien car trop guidés — je les appelle "exercices GPS" : au prochain carrefour, prendre la deuxième sortie ; au feu rouge, prendre la rue "Trucmuche-Machin" à gauche — et ne permettant donc pas d'en comprendre la logique. A la fin l'élève se retrouve avec un gros « Et ??? »
(Je dis souvent « A force de vous tenir par la main, on ne vous apprend pas à marcher. »)Des éléments permettant de comprendre la véritable logique d'une notion ou d'une formule cachés dans des exercices, donc non vus par tous ceux qui ne s'y attaquent pas (et ceux qui les résolvent ne comprennent pas forcément l'enseignement à tirer)
Exemple type que j'ai découvert récemment — j'ai même repéré en marge par « Enfin !!! » — la signification de l'équation de la tangente en tant qu'approximation du premier ordre, alors que j'explique d'emblée à mes élèves de Première les formules de Taylor et de Maclaurin.etc. , etc.
#792 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 11:43:36
J'ai rajouté cette parenthèse à mon post #61 :
« Donc, le salaire chargé mensuel est le multiplicande, et le nombre de mois est le multiplicateur. (Le coût total pour l'employeur est multiple du salaire chargé mensuel, mais est proportionnel au nombre de mois, le coefficient de proportionnalité étant précisément le multiplicande.) »
#793 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 10:44:19
Tout à fait !
Mais maintenant, nous le comprenons de façon étayée.
#794 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 07:17:16
Nota : La définition "ancienne" du multiple a l'avantage d'être cohérente avec l'écriture de la fonction linéaire $f(x) = ax$ :
Si $a$ est un entier, $f(x)$ est un multiple de $a$ à chaque fois que $x$ est une valeur entière.
#795 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 06:57:57
Le multiplicande est le facteur restant constant, et le multiplicateur est le facteur pouvant être variable.
On peut faire le parallèle avec dividende et diviseur : le dividende (constant) peut être divisé par tout un lot de diviseurs.
#796 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 11-02-2024 06:44:58
Bonjour à tous,
Aïe, @Bernard-maths va être subitement pris d'une soif dévorante !
(N'en abuse pas, toutefois, si tu épanches ta soif par des boissons fortement alcoolisées ; je m'en voudrais de nuire à ta santé. :-)
Hier soir, j'ai consulté le livre de Michel Queysanne que je mentionnais plus haut : puisque c'est la seule référence ancienne dont je dispose, je voulais voir quelle définition il donnait d'un entier multiple d'un autre.
Voici ce qu'il écrit :
Etant donnés deux entiers naturels $a$ et $b$ ($b \ne 0)$, s'il existe [un entier] $q$ tel que $a = bq$, il est unique (régularité de tout entier non nul pour la multiplication). On dit [alors] que $a$ est un multiple de $b$ [c'est moi qui souligne], ou que $b$ divise $a$ ; cette dernière relation est notée $b | a$.
Et là, la lumière fut : Bon sang, mais c'est bien sûr !!
Dans CETTE définition du multiple, l'égalité $a = bq + r$ est parfaitement homogène ! ($a$ est multiple de $b$ à $r$ unités près).
Donc, oui, @Blubber, la division que tu poses se traduit bien par $23 = 7 \times 3 +2$ (23 est multiple de 7 à 2 unités près).
La table de 7 correspondante est alors $7 \times 1$, $7 \times 2$, $7 \times 3$ ... (7 groupes de 1, 7 groupes de 2, 7 groupes de 3 ...)
Vous avez donc tous raison !
Et j'ai tort de m'opposer à vous et aux auteurs que vous citez !
Si maintenant on prend la définition INVERSE du multiple : $a = kb$ — comme je le fais car c'est celle que je connais par les manuels, récents ou actuels, sur lesquels j'ai travaillé —, l'écriture homogène est $a = qb + r$.
Dans ce cas, la traduction de la division posée est $23 = 3 \times 7 + 2$ (23 est multiple de 7 à 2 unités près).
La table de 7 correspondante est alors $1 \times 7$, $2 \times 7$, $3 \times 7$ ... (1 groupe de 7, 2 groupes de 7, 3 groupes de 7 ...)
C'est alors moi qui ai raison de m'opposer à vous et aux auteurs.
Ce qui est déroutant, c'est qu'un auteur ou un prof ne respecte pas cette homogénéité, en croisant la définition du multiple et l'écriture de la division euclidienne.
Ainsi, il n'est a priori pas possible au seul vu de l'égalité $23 = 7 \times 3 +2$ ou $23 = 3 \times 7 + 2$ de déterminer de quelle division euclidienne il s'agit : d'une division euclidienne par 7 ou par 3. (Il y a quatre possibilités.)
Tout dépend de la définition sous-jacente du multiple, et donc de la définition que le lecteur a en tête : deux lecteurs pratiquant les deux définitions inverses s'opposeront, chacun démontrant mordicus à l'autre qu'il a raison.
C'est ce qui s'est passé dans cette discussion.
On peut maintenant répondre à coup sûr à la question initiale de @Bubbler (après ce looong détour ; pardon encore !) :
Le multiplicande est bien le facteur restant constant, et le multiplicateur est le facteur pouvant être variable.
Donc, le salaire chargé mensuel est le multiplicande, et le nombre de mois est le multiplicateur. (Le coût total pour l'employeur est multiple du salaire chargé mensuel, mais est proportionnel au nombre de mois, le coefficient de proportionnalité étant précisément le multiplicande.)
Bonne dégustation, Bernard, et bon dimanche à tous !
PS : J'apprécie beaucoup lorsque j'aboutis à une compréhension de fond que je sais transmettre. (Je m'efforce d'expliquer non pas ce que je sais, mais bien ce que j'ai compris, parfois difficilement.)
Merci grandement à vous tous d'avoir contribué par vos réponses à enfin asseoir cette compréhension sur un sujet qui me gêne depuis longtemps car je me heurte en permanence au manque d'homogénéité entre la définition du multiple et l'écriture de l'équation euclidienne.
J'espère que, de mon côté, je vous ai aussi été profitable, malgré ma (très) perceptible tendance au "baratinande" intellectualisé. :-)
#797 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 10-02-2024 14:40:28
Bonjour Bernard,
Compris ! :-)
Oui, c'est vrai, j'ai tendance à être (fortement) prolixe. :-)
#798 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 10-02-2024 14:10:27
J'ai l'impression d'avoir perdu le contrôle sur le cours de la discussion… :D
Boarf, tant pis, ça échange des informations intéressantes !
Pardon d'avoir phagocyté TON débat ! :-)
#799 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 10-02-2024 14:08:34
Bonjour Doc,
Il me semble que ton problème provient des manuels actuels, aux services des programmes actuels (ça en dit déjà long), et comme nous l'avions signalé dans d'autres conversations, ceux-ci ne devraient même pas initialement avoir vu le jour.
Excuse-moi, je n'adhère pas vraiment à cette vision d'un certain "âge d'or" au cours duquel l'enseignement des maths était incomparablement meilleur que l'enseignement actuel :
J'ai rencontré bien davantage de personnes de ma génération — je vais sur mes 72 ans —, ou plus âgées, qui ont un très mauvais souvenir des maths, que de personnes, comme toi, ayant perçu l'enrichissement dont ils avaient bénéficié.
En effet, je vois mal comment on pourrait qualifier les ouvrages des années 70-80 ou de Bourbaki d'illogiques, alors que tout y était fait pour être parfaitement logique et justifié.
S'il te plaît, ne me fais pas dire ce que je ne dis pas :
Ce que je dis, c'est que la facilité du calcul littéral, et son omniprésence par des formules ayant valeur d'écriture sainte, sans remise en cause possible, ont induit des biais de logique et de cohérence, et ce à tous les niveaux, même les plus savants, à côté desquels je suis "nanoscopique".
Je reprends mon exemple de la fonction affine appliquée à une situation d'abonnement suivi de l'achat d'unités à un prix unitaire.
La traduction littérale classique est $ax + b$, dans laquelle $a$ désigne le prix unitaire, $x$ le nombre d'unités achetées et $b$ le coût de l'abonnement.
La formulation logique, et malheureusement parfaitement inhabituelle, est $b + x \times a$.
A quel processus d'achat ou de vente correspondrait une logique $ax + b$ ?
A un achat ou une vente de $a$ unités au coût unitaire variable $x$ plus une commission fixe $b$.
(Cela pourrait correspondre à l'achat ou à la vente d'un nombre donné d'actions à un moment opportun, même si le calcul de la commission boursière n'est en réalité pas si simple.)
J'ai passé ma vie d'élève à devoir justifier raisonnements et autres syntaxes logiques qui, à cette époque, me passaient largement au-dessus de la tête — alors même qu'il est parfaitement justifié de devoir… les justifier, oui. Simplement, quand tu as entre 11 et 17 ans, tu ne vois pas vraiment l’intérêt de tout ce verbiage et de tout ces détours alambiqués pour appliquer des définitions et théorèmes à la virgule près.
Je suis d'accord qu'il faut effectivement justifier la bonne utilisation de tel ou tel théorème, lorsque cela a effectivement un sens. (Mais là, on entre dans un autre débat.)
Quoi qu'il en soit, tu remarqueras par exemple que dans les deux extraits de Debray, Revuz & Queysanne, la définition est parfaitement appliquée dans les exemples. Ils ne font pas de contre-sens.
Je veux comprendre par quelle opération magique $a = k \times b$ lorsque $a$ est multiple de $b$ — c'est-à-dire lorsque le reste de la division de $a$ par $b$ est nul —, et $a = bq + r$ lorsque le reste n'est pas nul !!
PS : "Queysanne" me disait quelque chose. J'ai effectivement sur une de mes étagères le livre de Michel Queysanne "Algèbre - 1er cycle scientifique - Préparation aux grandes écoles", imprimé en 1964 aux éditions Armand Colin, qui a été mon livre de travail lors de mon basculement de licence de russe calamiteuse vers les maths.
#800 Re : Entraide (collège-lycée) » Question nomenclature » 10-02-2024 13:11:32
Bonjour Glozi et tout le monde,
Non, le courant est de 2A la tension de 5V donc pour montrer qu'on a compris la formule il faut plutôt écrire $(2A)\times (5V)$ (ou $(5V) \times (2A)$).
Excuse-moi, j'avais mal lu : je pensais que tu trouvais illogique de placer les unités dans un calcul.
Oui, effectivement, à puissance égale, une tension de 5V et une intensité de 2A ne sont pas équivalentes à une intensité de 5A et une tension de 2V.
Par contre, l'expression consacrée de la puissance étant $P = UI$, il me semble logique de placer la valeur de la tension en premier, et la valeur de l'intensité en second, même si on ne précise pas les unités, de façon à être en accord avec la structure de la définition de la puissance.
On en revient à l'importance de l'ordre des facteurs lorsque le produit traduit une situation concrète.
Tu dis que le calcul littéral annihile la logique. Je ne suis absolument pas d'accord. Quand on écrit $P=UI$ on précise que $U$ représente la tension et que $I$ représente l'intensité. Quand on écrit $d=vt$ on précise que $v$ est la vitesse et que $t$ est une durée. Si on demande aux élèves d'introduire leurs variables avant de faire du calcul avec c'est justement pour ce genre de raisons (pour avoir conscience d'avec quoi on travaille).
J'entendais des calculs mathématisés plus ou moins conséquents dans lesquels on perd facilement le "sens physique".
J'ai le souvenir d'un remarquable prof de physique — au point qu'il avait plus d'étudiants dans son amphi en fin d'année qu'en début — qui enseignait à Centrale.
Il racontait que ses étudiants étaient tellement plongés dans le calcul littéral qu'ils ne se rendaient pas compte de la réalité de ce qu'ils écrivaient.
Il citait comme exemple un problème traitant d'un ventilateur.
La dernière question était de déterminer l'expression de la vitesse du ventilo.
Telles qu'elles étaient formulées, les vitesses allaient de 1 tour par minute — vous vous aérez avec la trotteuse de votre montre — à un milliard de tours par seconde — vous branchez le ventilateur et vous vous envolez brutalement pour vous écraser contre le premier obstacle venu.
Autre exemple, lui aussi associé à Centrale :
Alors que j'étais dans mon bureau au CEA Saclay, un stagiaire de cette école — très fier d'être élève de Centrale, à un point véritablement amusant : « A la montre que m'ont offert mes parents lorsque j'ai intégré Centrale, il est treize heures » — vient me voir car il ne comprenait pas pourquoi ses calculs aboutissaient à un rayon d'atome de 6 m, alors qu'il avait suivi très précisément la formule d'un livre.
Je lui demande de quel ouvrage il s'agit. Il me montre : c'était un livre américain dans lequel toutes les constantes étaient calculées... en unités cgs. :-)
Je lui ai donc vivement conseillé de recalculer ces constantes en unités SI avant d'appliquer la formule...
Faire des mathématiques c'est aussi (et surtout) développer sa capacité d'abstraction et de généralisation.
Tout à fait !!! Encore faut-il s'appuyer sur une logique et une cohérence permanentes !!
Alors, oui, les capacités d'abstraction et de généralisation peuvent se développer et s'enrichir à chaque ligne lue ou écrite.







