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#726 Re : Café mathématique » Des mathématiques dans l'Equipe! » 14-09-2016 13:11:02
@freddy,
Si on s'en tient à la mécanique classique, tout est déterminé à l'avance, et donc, au moins en principe, la hasard est synonyme de manque d'information et/ou incapacité de mener les calculs nécessaires pour faire évoluer l'espace des phases, quelque soit l'activité (y compris donc un lancer de dé).
Si on adopte l'interprétation probabiliste de la MQ et en paraphrasant Einstein, Dieu (ou la nature, comme on veut) joue aux dés et donc, il n'y a de certitude qu'en apparence. Cela dit, il y a d'autres interprétations (non probabilistes) de la MQ.
Donc, si on s'en tient à une définition un peu vasouilleuse de "jeu de hasard", au sens où, à niveau d'expertise égal, il n'est pas possible de déterminer l'issue de la partie avec 100% de réussite, le jeu d'échecs est un jeu de hasard. Maintenant, cela n'enlève rien au mérite des maîtres de la discipline car, comme je l'ai dit à Léon, si je joue contre Carlsen, je peux annoncer le résultat avec 100% de réussite (je te laisse deviner lequel) et que pour que je puisse espérer emporter ne serait qu'une partie sur 10000, il faudrait que je cravache dur !
#727 Re : Café mathématique » Des mathématiques dans l'Equipe! » 14-09-2016 11:18:21
On peut se concentrer uniquement sur les cas d'un jeu équilibré, c'est à dire deux joueurs de niveaux comparables. C'est sûr que si tu fais courir Bolt contre un papy grabataire, l'issue de la course présente peu d'incertitude.
Sauf dans le cas de jeu de pur hasard (on lance nos dés, celui qui a plus de points que l'autre gagne), on peut en général améliorer nos chances de gagner en acquérant plus d'expertise du jeu. Même au Poker où la part du hasard reste importante, il est possible d'améliorer sa probabilité de gagner (et partant les parties effectivement gagnées, si on joue suffisamment) via certaines techniques.
Si tu joues contre Carlsen, je ne parierai pas un kopeck sur ta victoire, mais pas plus que si tu jouais 100 parties de Poker face à Bertrand Grospellier (plus gros gains en France dans ce jeu).
Donc, quand on élimine la différence liée à la maitrise du jeu (en faisant jouer par exemple le numéro 1 contre le numéro 2), il me semble qu'à ce moment, on est forcé de qualifier l'issue de la partie d'incertaine, ou hasardeuse (pas forcément équiprobable, mais certainement pas de 99% pour l'un et 1% pour l'autre).
#728 Re : Café mathématique » Des mathématiques dans l'Equipe! » 14-09-2016 08:20:29
oui, comme aux échecs ... qui est réputé pour être un jeu sans hasard
Pour moi, un jeu sans hasard n'est pas un jeu (il faut qu'il y ait incertitude sur l'issue de la partie).
Si les échecs étaient un jeu sans hasard, la seule incertitude serait donc de savoir qui tire le pion blanc !
Jolie polémique en perspective !
#729 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 13-09-2016 15:51:22
@Maleval,
Désolé si je t'ai froissé (j'espère que le tutoiement, que j'adopte comme règle dans les forum mathématiques, ne te gène pas).
Bien que je pense avoir une bonne maîtrise du Français, ce n'est pas ma langue maternelle, et il est possible que ma compréhension de certains mots soit incomplète.
La nature doit avoir la faculté tout à fait incroyable d'utiliser les ratios, comme pi, phi, alpha (couplage) pour la perception de la géométrie, à la surface de ce miroir : conceptuel][réel, discret][continu, temps][espace, onde][corpuscule,]électromagnétisme][gravitation
Ici, tu sembles pointer quelque mystère caché dans la "nature". C'est ce propos que j'ai peut être maladroitement qualifié de mystique.
#730 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 13-09-2016 10:57:28
@Maleval
Désolé d'avoir un peu squatté ce sujet dont l'objet est finalement assez éloigné de la discussion entre Léon et moi.
Je n'ai rien de pertinent à dire sur les relations que tu as postées, ni sur la portée philosophique ou mystique de certaines identités mathématiques.
@Leon
Si jamais tu as un exemple, pourrais-tu plutôt ouvrir un nouveau sujet pour ne pas polluer celui-ci (quitte à mettre un lien pour ceux qui lisent ce fil et veulent suivre)
#731 Re : Entraide (supérieur) » Détermination du logarithme » 13-09-2016 09:42:53
Bonjour,
Pourrais-tu expliciter comment tu passes de $\displaystyle \ell_1(z) = -\lambda(1-z) = -\sum_{n\in N}\frac{(1-z)^{n+1}}{n+1}$ à
$\displaystyle \ell_1(z)=-\sum_{n\in N}\frac{z^{n+1}}{n+1} + \sum_{n\in N}\frac{z^{n+2}}{n+1}$
J'aurais pour ma part calculé $\displaystyle \ell_1'(z) = \lambda'(1-z) = ...$
#732 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 12-09-2016 08:58:06
est-ce que l'univers des suites périodiques à valeurs dans {0,...,9} pourrait être favorable à ta demande
Il faut voir l'exemple. La période permet en réalité de ne s'intéresser qu'à une portion finie de la suite, le reste étant identique par périodicité. Je n'ai donc pas l'impression qu'on pourra vraiment formuler des événement portant sur le comportement à l'infini.
#733 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 12-09-2016 08:42:03
Cela dit, $\Omega=\mathbb{N}^∗$ puisque le résultat d'une expérience est un nombre de lancers, et non la suite des faces obtenues lors de ces lancers.
Disons que $\Omega$ est censé représenter tous les états du monde. Le fait que tu dises que l'expérience consiste à lancer un dé jusqu'à obtenir '6' suggère qu'il y a un état où on a fait (1,6) et un autre où on a fait (2,6), le fait que tu ne retiennes finalement que le nombre de lancers est plutôt à incorporer dans la notion d'événement, ici $A_2=\{(1,6),\cdots,(5,6)\}$. Tu peux ensuite identifier $A_k$ avec $k$.
Cela dit, il est tout à fait légitime de poser $\Omega:=\mathbb{N}^∗$ et de définir une tribu ($\mathscr{P}(\Omega)$) et une mesure $P(k)=\frac{1}{6}(\frac{5}{6})^{k-1}$. Mais ce n'est pas ce que je cherchais comme exemple.
#734 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 10-09-2016 21:42:16
Pour l'exemple, c'est juste une variante des événements cylindriques que je mentionnais.
Le cadre fini permet déjà de répondre à l'exemple que tu donnes. Tu l'as juste présenté formellement sous des atours de cadre infini dénombrable.
Ce que je cherche, c'est un exemple avec des événements non cylindriques, donc qui portent sur des caractéristiques vraiment liées à l'infini.
-- EDIT --
D'ailleurs, dans ton exemple, $\Omega$ n'est pas $\mathbb{N}^*$, c'est plutôt $\displaystyle \cup_{N=0}^{\infty}\big( [\![1,5]\!]^N \times \{6\}\big)$ (qui est dénombrable en tant q'union dénombrable d'ensembles dénombrables). Et les événements auxquels tu t'intéresses sont en effet les singletons de cet ensemble.
Une autre approche est de considérer $\Omega = [\![1,6]\!]^{\mathbb{N}}$, l'équiper de la tribu générée par les événements cylindriques et de regarder la probabilité des événements cylindriques du type $A_k = [\![1,5]\!]^{k-1} \times \{6\}\times [\![1,6]\!]^\mathbb{N}$.
On retrouve d'ailleurs $\displaystyle P(A_k)=P( \{6\})\Pi_1^{k-1} P([\![1,5]\!]) = \frac{1}{6}(\frac{5}{6})^{k-1}$
-- CORRECTION --
Dans le cas où $\displaystyle \Omega = \cup_{N=0}^{\infty}\big( [\![1,5]\!]^N \times \{6\}\big)$, les événements que tu mentionnes ne sont pas les singletons de cet ensembles mais les ensembles $A_k = [\![1,5]\!]^{k-1} \times \{6\}$, la tribu est simplement $\mathscr{P}(\Omega)$. La probabilité d'un élément $\omega \in \Omega$ est alors donnée par $P(\{\omega\})=(\frac{1}{5!})^{\pi(w)}\frac{1}{6}$ où j'ai noté $\pi(\omega)$ l'unique entier $N$ tel que $\omega \in [\![1,5]\!]^N \times \{6\}$
#735 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 10-09-2016 15:11:35
Yassine a écrit :Je suppose donc qu'on a une mesure $P(\{e\}) \in [0,1]$ pour $e \in E$ telle que $\sum_{e \in E} P(\{e\}) = 1$.
(...)
Si on interprète $P(E_{0,N})$ comme la probabilité de trouver au moins un $0$ dans l'écriture décimale de la constante de Liouville au delà du $N$-ième rang, (...)Mais, dès le début, si lorsque $e = (i, c)$ avec c = 0 ou 1, est-ce que $P(\{e\})$ est une "mesure"/"probabilité" liée à la nullité de c ? Non, je ne vois pas pourquoi. Donc je ne vois pas pourquoi on pourrait interpréter $P(E_{0,N})$ comme la probabilité de trouver au moins un $0$ ...
J'avais posté l'autre message avant de lire ta réponse.
Oui, tu as raison pour $P(E_{0,N})$. Il faut lire mon post précédent
#736 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 10-09-2016 14:59:56
Je viens de lire quelques articles sur le Net. Je pense que j'avais quelques confusions entre la notion de "mesure" qui serait définie sur des parties dénombrables, et là, clairement, la définition via des série positives convergentes n'est pas satisfaisante, et des probabilités qui seraient définies sur un ensemble $\Omega$ dénombrable muni d'une tribu et d'une mesure des éléments de cette tribu.
Dans le cas de l'étude de l'écriture décimale des réels, on peut l'aborder de deux manières :
- étude du "poids relatif" des chiffres de '0' à '9'. Le meilleur cadre est à mon sens la densité qui a été donnée par Ostap, qui dans le cas trivial de la constante de Liouville donnera une densité de 1 pour le chiffre '0' et une densité nulle pour les autres chiffres
- cadre probabiliste pour poser des questions genre 'Quelle est la probabilité qu'un nombre $\in ]0,1[$ ait '1' dans son écriture décimale aux rangs pairs', il faut donc considérer $\Omega = \{0,1,\cdots,9\}^{\mathbb{N}}$ (qui n'est clairement pas dénombrable), l'équiper d'une tribu et d'une mesure.
Donc, une expérience de lancers infinis de dé (ou de choix aléatoire d'un chiffre en '0' et '9') ne rentre clairement pas dans le champs des probabilités "infini dénombrable". Un des article présente une probabilisation de cet espace comme suit :
- il considère chaque lancer $k$ comme probabilisé par $(\Omega_k=[\![1,6]\!], \mathcal{P}(\Omega_k), P_k)$ avec $P_k$ la probabilité uniforme par exemple.
- il considère ensuite $\Omega = \Pi_{k=1}^{+\infty}\Omega_k$ (lire produit cartésien
- il considère ensuite les événements "cylindriques" : un événement peut être vu comme $A = \Pi_{k=1}^{+\infty} A_k$ avec $A_k \subset \Omega_k$. Un événement est dit cylindrique si à partir d'un certain rang $k$, $A_k = \Omega_k$.
- il considère la tribu générée par les événements cylindriques et l'équipe de la probabilité $P(A)=\Pi_{k=1}^{+\infty} P(A_k)$. Le produit est bien défini car à partir d'un certain rang, $P(A_k)=1$.
La notion d'événement cylindrique limite néanmoins l'intérêt de cette approche, on ne peut envisager que des questions portant sur un nombre fini d'étapes (probabilité d'obtenir 1, puis 2, puis 5 fois 6 par exemple).
Je n'ai pas encore trouvé d'exemple concret (qu'on puisse rattacher à une expérience de pensée) d'un espace $\Omega$ infini dénombrable avec une tribu et une probabilité
#737 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 10-09-2016 08:26:04
Voici un exemple formalisé pour illustrer ce qui me trouble.
Revenons à la constante de Liouville et je note $E \subset \mathbb{N} \times \{0,1\}$ l'ensemble de ses décimales ($E$ est constitué des paires $(n!,1)$ et $(m,0)$ où $m$ n'est pas une factorielle). Je note également $E_0 = \{ (n,0) \in E \}$ le sous-ensemble des décimales à zéro, muni de l'ordre induit par $\mathbb{N}$.
Je suppose donc qu'on a une mesure $P(\{e\}) \in [0,1]$ pour $e \in E$ telle que $\sum_{e \in E} P(\{e\}) = 1$.
Soit $\sigma$ une bijection de $\mathbb{N}$ dans $E_0$ croissante et je note $p_k=P(\{\sigma(k)\}$. La suite $(p_k)$ est une suite extraite de la suite positives des mesures $P(\{e\})$ dont la série vaut 1, sa série est donc convergente, et $P(E_0)=\sum_0^{+\infty} p_k$.
Je note maintenant $E_{0,N}=\{(n,0) \in E_0 \ | \ n \ge N\}$ l'ensemble des décimales à $0$ au delà du $N$-ième rang.
Alors $\displaystyle P(E_{0,N}) = \sum_{\sigma^{-1}((N,0))}^{+\infty} p_k$, soit la série des restes. On a donc $\displaystyle \lim_{N \to +\infty} P(E_{0,N}) = 0$ (j'ai supposé $\sigma$ croissante, donc $\sigma^{-1}$ l'est également).
Si on interprète $P(E_{0,N})$ comme la probabilité de trouver au moins un $0$ dans l'écriture décimale de la constante de Liouville au delà du $N$-ième rang, alors cette probabilité tend vers $0$ quand $N$ tend vers l'infini, ce qui est complètement contre-intuitif. On a au contraire envie de dire qu'il n'y a plus "essentiellement" que des zéros quand va loin dans les décimale de cette constante.
--EDIT--
Quelques coquilles
#738 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 21:45:31
Si je dois garder un point, c'est que les ensembles finis n'aient pas une mesure nulle.
Quand on s'intéresse aux propriétés d'ensembles infinis, ce qui se passe sur quelques points ne devrait pas changer notre point de vue.
#739 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 20:18:13
@leon,
ça commence à faire pas mal de limitations :
Pas de possibilité d'équiprobabilité (du moins pour un nombre infinis d'éléments)
Pas de manière canonique de calculer une probabilité, il faut fixer artificiellement une bijection pour calculer concrètement la probabilité
Pas de cohérence avec une notion de "negligeabilité" des ensembles finis comparés aux ensembles infinis.
Est-ce que tu as des pointeurs vers des livres ou articles où ce sujet est traité ?
#740 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 17:04:37
il n'est bien sûr pas possible de compter les pommes de terre, donc leur nombre est à considérer comme "infini dénombrable".
Un exemple parmi d'autre pour illustrer pourquoi, bien que ça me coûte, je ne te réponds pas.
D'abord sur la rigueur du vocabulaire : un nombre ne peux pas être infini ou infini dénombrable. Un nombre est un nombre.
Sur le fond cette fois, pourquoi est-ce qu'un ensemble dont on ne peut pas calculer le cardinal (par manque d'information) peut être considéré comme "infini dénombrable" ?
#741 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 16:59:05
Si tu sais "vraiment" que l'ensemble infini E est dénombrable, tu dois pouvoir l'énumérer.
C'est la définition même d'un ensemble dénombrable (en bijection avec une partie de $\mathbb{N}$) !
A ce stade, les seules définitions candidates pour $P(\{k\})$ utilisent le fait que $k$ est un entier et qu'on peut calculer des grandeurs comme $\frac{1}{2^k}$ ou $\frac{1}{k^2}$. Maintenant, si je prends un ensemble $E$ quelconque dénombrable, je veux calculer $P(\{e\})$ où $e \in E$ n'est pas un entier mais un élément quelconque. Tu dis, $E$ est dénombrable, donc $\exists \sigma : E \to \mathbb{N}$ bijective, il suffit alors de choisir par exemple $P(\{e\}) = \frac{1}{\sigma(e)^2}$.
Ce que je dis, c'est que le choix de cette bijection (parmi une infinité) est arbitraire. Le fait qu'une patate d'une variété donnée ait telle probabilité de peser tel poids n'a rien à voir avec l'infinité de manières de numéroter $E$ (c'est intrinsèque à $E$), or, les probabilités $P(\{e\})$ et partant les probabilités de $P(X)$ pour $X \subset E$ dépendent massivement du choix de $\sigma$.
#742 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 14:51:57
ben, il suffit d'utiliser une bijection entre N vers l'ensemble dénombrable.
J'ai bien précisé qu'il n'y a pas d'ordre canonique, donc impossible de fixer une bijection "canonique".
Supposons que j'aie un ensemble infini de patates avec différentes sortes (voir ici, je ne savais d'ailleurs pas qu'il y avait autant de sortes de pommes de terre) et que je sois en train de fixer des probabilités sur les parties de cet ensemble, il serait quand même curieux que mes probabilités dépendent de la manière dont j'ai numéroté les pomme de terre !
#743 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 09-09-2016 13:37:29
@leon
Pour le cas uniforme, tu ne m'as pas précisé comment définir une distribution uniforme sur un ensemble infini dénombrable. Admettons que j'ai une variable aléatoire $X$ et je veux qu'elle soit uniformément distribuée sur les nombres pairs, quel serait l'expression de $P(X=k)$ ?
Ok pour $\mathbb{N}^k$ qui marche parce que tu continues à utiliser la spécificité de $\mathbb{N}$ (identité entre l'élément '$n$' et sa position ordinale dans $\mathbb{N}$ : $n$-ème élément), quid de $\mathbb{Q}$ ou d'un ensemble infini dénombrable sans relation d'ordre canonique (ce que j'ai appelé ensemble de patates) ?
#744 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 08-09-2016 14:14:09
ok, mais c'est une différence entre une situation "continue" (l'ensemble des réels par exemple où un point est de mesure nulle) et une situation "discrète" (l'ensemble des entiers par exemple, où un point n'est pas de mesure nulle).
Justement, c'est tout le point.
Je connais assez bien les probabilités dans le cas fini et dans le cas continu. Je ne les connais pas dans le cas infini dénombrable.
ça heurte mon intuition de dire que les propriétés d'un ensemble infini (les nombres premiers par exemple) vont changer parce qu'on enlève quelques points. Deux ensembles infinis devraient avoir les mêmes propriétés (au sens de cette probabilité) s'ils ne diffèrent qu'en un ensemble fini d'éléments.
--EDIT--
D'ailleurs, avec ce type de définition pour $P(\{k\})$, on aurait des problèmes, il me semble, pour définir une distribution uniforme. Supposons que je veuille une variable qui soit uniformément répartie sur les nombre premiers (je note $\mathscr{P}$ l'ensemble des nombre premier). Avec une telle approche, l'équiprobabilité s'exprime comme $\forall p,q \in \mathscr{P}, P(\{p\}) = P(\{q\})$. Si je note $\varepsilon$ cette probabilité commune, on aurait alors $\displaystyle P(\mathscr{P}) = \sum_{p \in \mathscr{P}} P(\{p\}) = \varepsilon | \mathscr{P}| = +\infty$ !!
--EDIT2--
Autre limite de l'approche, elle me semble spécifique au cas de $\mathbb{N}$, je ne vois pas comment elle se généralise à d'autres ensembles infinis dénombrables ($\mathbb{N}\times \mathbb{N}$, $\mathbb{Q}$, ensemble infini de patates, ...)
--EDIT3--
Autre bizarrerie, comme la série des restes converge vers zéro, alors, pour toute partie de $X \subset \mathbb{N}$, je peux rendre "sa mesure" $P(X) = \sum_{k \in X} P(\{k\})$ aussi petite que je veux en enlevant un nombre fini d'éléments de $X$. Donc, la "mesure" des nombre premiers dépendra de l'endroit à partir duquel on commence à les regarder !
Je crois que la densité telle que mentionnée par Ostap rend mieux compte de cette notion de "mesure" des parties infinies de $\mathbb{N}$ (les parties finies ayant une densité nulle), elle n'est pas sigma-additive (on peut d'ailleurs montrer facilement qu'on ne peut pas avoir une mesure sigma-additive qui soit nulle sur les parties finies).
#745 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 08-09-2016 11:51:48
@Leon
Je n'avais en effet pas pensé aux familles sommables (sigma-additivité donnée par la sommation par paquets).
Le sens de ma question était de trouver une définition "à la Kolmogorov" des probabilités sur des ensembles dénombrables.
Si je reprends ton exemple $P(X=k) = \frac{1}{c}\frac{1}{k(k+1)}$ (la constante $c$ étant là pour assurer que $P(\mathbb{N})=1$), alors on aura toujours $P(X \in A) > 0$ pour tout ensemble fini non vide $A$, ce qui me gène car j'ai envie de considérer $A$ comme "de mesure nulle" parce que fini (dans la mesure de Lebesgue, les ensembles dénombrables sont de mesure nulle sur $\mathbb{R}$, et une droite est de mesure nulle dans le plan).
En d'autres termes, si je regarde deux nombres transcendants dont l'écriture décimale ne diffère qu'en un nombre finis de points (l'un est le translaté de l'autre par un rationnel), j'ai envie de dire qu'ils ont "essentiellement" la même écriture.
#746 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 07-09-2016 21:13:22
@Ostap,
Je connais très peu ce domaine (hyper riche) de la théorie des nombres.
Le nombre de Liouville que cite Léon possède des résultats surprenant vu avec ce prisme : la densité du chiffre '1' est nulle et la densité de '0' est égale à '1'. Avec la mesure de Lebesgue, on identifie les fonctions qui ne sont différentes que sur un ensemble de mesure nulle. On aurait donc envie de traiter ce nombre comme 'essentiellement' nul ! (il n'est différent de zéro que sur un nombre de points de densité nulle).
Pour revenir au sujet initial, je ne vois toujours pas comment définir une probabilité sur des ensembles infinis dénombrables.
#747 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 07-09-2016 18:17:53
Bonjour Ostap,
Je ne connaissais pas.
Mais concrètement, l'absence de sigma-additivité me semble problématique pour la qualifier de mesure de probabilité. ça peut donner une notion de rareté (ou abondance) d'un chiffre.
#748 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 07-09-2016 16:19:32
Comment définit-on la notion de "répartition" ou "fréquence" dans le cas d'ensemble infinis de mesure nulle (ensembles dénombrables par exemple) ?
Supposons que dans l'écriture décimale de $\pi$, qui comporte donc un nombre infini de chiffres, chaque chiffre dans $\{0,1,\cdots,9\}$ apparaisse un nombre infini de fois (il me semble que ce résultat à d'ailleurs été montré, mais je ne trouve plus où je l'ai lu, mais ce n'est pas important, ici, je cherche une définition), comment définirait-on la fréquence d'apparition d'un des chiffres ?
#749 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Etranges Relations diophantiennes » 07-09-2016 13:31:36
En d'autres termes, si on vous donne un tel nombre et que vous constatez qu'il ne vérifie pas ces caractéristiques, vous pouvez être sûr que ce nombre est faux.
Nouveau concept : les "faux" nombres !!!
#750 Re : Café mathématique » Le décès d'un grand mathématicien » 05-09-2016 16:30:47
C'est toujours triste de voir quelqu'un relativement jeune partir et ça l'est d'autant plus quand c'est un grand esprit qui s'éteint.
Je souhaite beaucoup de courage à ses proches.







