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#526 Re : Entraide (collège-lycée) » Comment désigner le rapport u' sur u ? » 08-04-2024 19:47:26

Bonsoir ou bonjour jelobreuil, bonsoir ou bonjour à ceux qui entrent dans ce n-ième message borassussien,

Tout d'abord, merci de nouveau de réfléchir de temps en temps à mes questions saugrenues concernant la recherche d'un sens !
Et de m'apporter ton regard qui fait évoluer ma compréhension curieuse !

Tout d'abord, je me permets une remarque : l'expression "comparaison relative" ne constitue rien d'autre qu'un pléonasme, dans la mesure où toute comparaison est relative, je dirais même, relative par essence ...

Je retrouve là notre linguiste distingué ! :-)
Effectivement, une "comparaison relative" est un beau pléonasme car toute comparaison est effectuée par rapport à une référence.
Dorénavant, j'utiliserai les expressions "comparaison par différence" et "comparaison par ratio" (plutôt que par quotient, le terme "ratio" impliquant de lui-même une comparaison).
Merci, jelobreuil !

Concernant le rapport u'/u, la dérivée u' étant définie comme le rapport de l'accroissement de la fonction à celui de la variable, la "dimension" de u'/u est celle de l'inverse de la variable : par exemple, dans le cas du déplacement d'un mobile en fonction du temps, lequel est la variable, la fonction est la distance parcourue, la dérivée est la vitesse instantanée, le rapport dérivée/fonction sera donc (vitesse instantanée)/(distance parcourue) et la dimension de ce rapport sera L.T^-1/L = T^-1 ... l'inverse d'un temps ...

Oh que cette vision est intéressante !
Plus la variable croît, plus le ratio u'/u décroît — à l'inverse, plus la valeur de la variable décroît, plus le ratio croît, sans même avoir à calculer l'expression de ce ratio pour une fonction $u$ particulière.
Je retrouve là notre jelobreuil apportant son regard autre et nouveau !

Petite note en passant : La "dimension" d'une expression n'est pas du tout perçue lors de l'écriture de la représentation d'une fonction.
Par exemple, si on considère qu'une abscisse et une ordonnée ont pour dimension une longueur — au collège, on parle bien de "distance à zéro" —, écrire $y = x^2$ revient à écrire allègrement qu'une longueur est égale à une aire.  :-)

Cette confusion provient du fait que le coefficient de $x^2$ est $1$, et que ce $1$ a une dimension inverse d'une longueur. L'écriture $y = 1x^2$ est alors homogène : $L = L^{-1} \times L^2 = L$.

Dans cette même logique, dans $y = ax^2 + bx + c$, $a$ a une dimension $L^{-1}$, $b$ est un nombre sans dimension, et $c$ a une dimension $L$.

D'autre part, j'avoue ne pas être d'accord avec toi quand tu affirmes que la courbe de la parabole "accélère" moins fortement, à partir de x = 2, qu'elle ne le fait quand x est inférieur à 2 : d'une part, parce que, si je reprends l'image physique de la chute d'un corps selon une trajectoire parabolique, l'accélération de la pesanteur est constante, et d'autre part, dans le cas de la parabole d'équation y = x^2, la courbe devient de plus en plus verticale à mesure que x augmente, alors que tu me sembles écrire le contraire ...

Je n'écris pas que la courbe $y = x^2$ devient moins verticale !
J'écris que la "verticalisation" devient de moins en moins sensible, et que c'est l'évolution de la fonction — 4, puis 9, puis 16, puis 25... — qui prend (nettement) le dessus sur celle de la pente — 2, puis 6, puis 8, puis 10...).

Pour illustrer cela, j'ai tracé sur GeoGebra les tangentes aux points d'abscisse 0.5, 1, 2, 3, 4, avec les angles correspondants — voir mon post d'aujourd'hui dans la discussion « Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » lancée par notre vénérable yoshi — , ainsi qu'avec les ratios u'/u correspondants : https://www.cjoint.com/c/NDirM068PcD

J'ai donc plutôt l'impression que c'est le rapport inverse, u/u', qui pourrait représenter effectivement un "indice d'accélération" ... Et donc, le rapport u'/u en serait l'inverse ...

J'étais intrigué par le rapport u'/u qu'on voit si souvent dans les formulaires de dérivation à propos de la dérivée de $\ln (u)$ et qu'on appelle "dérivée logarithmique". (Merci Maxence !)

Il me semble plus naturel de voir, en guise d'indice d'accélération, le rapport d'une valeur, atteinte par une fonction pour une certaine valeur de la variable, à la valeur du taux d'accroissement de cette fonction pour cette valeur de la variable.

On peut le voir effectivement comme cela, car la valeur de la variable devient de plus en plus "majoritaire" par rapport à la dérivée.
Si on garde ce fameux ratio u'/u, il pourrait être désigné en tant que "indice de décélération".


Merci encore, jelobreuil, de t'intéresser aux questions inhabituelles que je pose.

Bien amicalement,
Borassus.

#527 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 08-04-2024 16:11:09

Bonjour

[...] mais aussi, très fréquemment, vers ce qui a été vu "dans une vie antérieure", à tel point que la consolidation des notions précédentes peut parfois représenter presque l'essentiel d'une séance.

Un grand classique de géométrie que je rappelle à mes élèves de Terminale ( je leur ai d'ailleurs rédigé un cours à ce sujet) : les théorèmes des milieux, alors que les exercices de géométrie dans l'espace sont truffés de milieux d'arêtes de cube, ou de droites parallèles à une autre et passant par le milieu d'une arête.


Je reprends ma réponse. (J'ai cours toutes les matinées durant ces deux semaines de vacances. Je ne peux donc écrire que l'après-midi.)

yoshi a écrit :

Il est né de ce constat que le vocabulaire mathématique (ou les termes courants en maths) étaient un piège redoutable... Combien de fois, même lors d'une interrogation, ne m'a-t-on pas interrogé : << Monsieur, que veut dire tel mot ? telle phrase ? >> Je m'efforçais d'en donner un sens "prosaïque" accessible à tous...
Alors, j'entendais : << Ah, c'est ça que ça veut dire ? Bon, alors, j'ai compris... >>.

C'est ô combien vrai !
Une élève de Terminale me faisait remarquer récemment qu'elle se perd dans toute la terminologie liée aux fonctions.

Quand j'avais à traiter la notion de coefficient j'introduisais la notion de pente (qui faisait image) en précisant que "coefficient directeur" était le terme générique et "pente" le nom du cas particulier du coefficient directeur positif...
Et pour te rejoindre, et comme je traitais ça après la trigo, je traçais des "escaliers" s'appuyant sur la droite tracée avec des longueurs de marches différentes, obtenant des triangles rectangles enchâssés me permettant de re-jouer avec les tangentes (sans réel besoin de calculer l'angle). Cette simple manip leur permettait de vérifier expérimentalement les calculs de coefficients directeurs (surtout lorsque cela concernait des parallèles ou des perpendiculaires !)...

C'est absolument étonnant : on n'évoque quasiment jamais la notion de pente, notamment dans le calcul de la dérivée. (Les élèves calculent des valeurs de dérivée sans comprendre ce qu'elles signifient, ni en tant que pente, ni en tant qu'amplification ou qu'atténuation)
Elle est pourtant beaucoup plus parlante que celle de coefficient directeur.

J'explique ce que représente concrètement une pente de 0.2, soit 20 %, qui correspond aux pentes les plus raides du réseau de départementales en France (20 % dans les Bouches-du-Rhône, 22 % en Haute-Garonne ; les élèves sont d'ailleurs étonnés de découvrir que les panneaux de pente qu'ils voient sur les routes relèvent d'une logique de dérivée ou de coefficient directeur), ce qu'est une pente de 1, soit 100 %, qui est la pente des deux pistes de ski les plus pentues du monde (la Kandahar à Garmish Partenkirchen, en Allemagne, de 92 %, et le Grand Couloire à Courchevel, de 85 %), et qu'elle est la pente théorique maximale que peut gravir un 4x4 (au-delà il risque de basculer en arrière).

Etonnant aussi, je n'ai pas vu une seule fois dans les notes et polycopiés de cours l'indication que le nombre dérivé en un point est égal, au signe près, à la tangente (au sens trigonométrique) de l'angle aigu formé par la tangente (au sens géométrique) avec l'axe des abscisses, et donc que la connaissance du nombre dérivé en un point permet de calculer l'angle que fait la tangente avec l'axe des abscisses. (« Là, tu vois, la touche "tan" est accompagnée de sa fonction réciproque atan. »)
Excellente occasion d'expliquer pourquoi une fonction n'est pas dérivable pour une valeur donnée lorsque le taux d'accroissement tend vers l'infini : la tangente au point correspondant est verticale (verticale ascendante ou descendante, selon le signe du taux d'accroissement).


Concernant enfin mon sommeil, merci de ces conseils (étonnants) ! Je n'ai pas de difficulté à m'endormir et ne sais pas m'instituer des rituels d'avant-dodo. (Souvent la simple fatigue joue le rôle d'endormisseur efficace.)
Par contre, si je fais des maths trop tard dans la soirée, le cerveau continue à en faire pendant mon sommeil, jusqu'à me réveiller vers 3 h.
(Le pire a été lorsque je suivais un élève passionné et passionnant en Première année de Prépa commerciale dans un lycée prestigieux : si je n'avais pas su résoudre un exercice avant de me coucher, je me réveillais à 3 h, inscrivais la solution sur mon tableau Velleda que j'avais en permanence à cette fin à côté de mon lit, photographiais la résolution, l'envoyais par sms, et me rendormais. Comme je l'ai déjà écrit, ce n'est pas un hasard si j'ai fait un arrêt cardiaque il y a cinq ans...)

#528 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 07-04-2024 22:31:32

Bonsoir ou bonjour,

A mon tour, Yoshi, de te remercier de tes retours.

J'ai parfaitement compris que tu souhaitais réaliser un aide-mémoire sensiblement plus étoffé que ceux fournis en fin de manuel, qui sont en général assez succincts.
Et il remplit parfaitement son rôle, y compris pour les élèves de lycée.

Il y a en effet chez eux — du moins ceux que je vois — un très important oubli des notions vues lors des classes précédentes, notamment en géométrie, qui est la parente pauvre par rapport aux fonctions et à leur représentation.
En vrac, quelques exemples, sous forme d'anaphore, parmi je ne sais combien d'autres :
ils ne savent plus quelle est la propriété essentielle d'une médiatrice, d'une bissectrice ;
ils ne savent plus ce que sont les angles alternes-internes, alternes -externes, correspondants, ni leur égalité si les deux droites sont parallèles ;
ils ne savent plus que si deux angles inscrits interceptent le même arc de cercle, ils sont égaux ;
ils ne savent plus que si un angle inscrit et un angle au centre interceptent le même arc, la mesure de l'angle au centre est double de celle de l'angle inscrit ;
ils ne savent plus que dans un triangle rectangle, le milieu de l'hypoténuse est le centre du cercle circonscrit au triangle ;
ils ne savent plus ...
ils ne savent plus ...,
et pas seulement en géométrie.

Je vous promets, c'est véritablement déroutant !

Je compare souvent l'enseignement des maths à un faisceau lumineux se déplaçant horizontalement dans l'obscurité : ce qui n'est pas encore vu est encore dans l'ombre ; ce qui a été vu disparaît rapidement dans l'ombre.

Je m'efforce en permanence d'élargir le faisceau :
vers ce qui n'a pas encore été vu de façon à faire comprendre la logique d'ensemble des notions actuellement vues ;
mais aussi, très fréquemment, vers ce qui a été vu "dans une vie antérieure", à tel point que la consolidation des notions précédentes peut parfois représenter presque l'essentiel d'une séance.

Et les rappels ne concernent pas seulement de lointaines notions, mais bien trop souvent des notions vues tout juste la semaine précédente.
En caricaturant (pas beaucoup...), on pourrait évoquer "une mémoire de poisson rouge".


Je répondrai demain de façon un peu plus technique à ton message.

@+


PS : Je sais que je ne dois pas faire de maths après 23 h. Or j'ai commencé à lire ton dico à minuit passé...

#529 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 07-04-2024 07:11:35

Bonjour Yoshi, bonjour à tous,

Je me suis plongé hier soir, avec un peu de retard, dans les premières pages ton dictionnaire. (Je me suis arrêté à l'article Diviseur.)

J'y ai appris l'apothème — donc, quelqu'un fort en géométrie est un "fort en apothème" ? :-) —, la notion de segments adjacents, le terme "cocycliques".
J'ai aussi perçu l'intérêt de faire construire avec soin à un(e) élève un cercle exinscrit — je ne savais pas qu'il fallait ajouter « dans tel angle du triangle » — car cela nécessite plusieurs étapes et autant d'explications.

C'est un travail admirable, que je n'ai vu chez aucun de mes élèves !
(J'ai vu, à travers eux, des profs fournir en ligne une bibliothèque riche en cours et en corrigés, mais je n'ai jamais vu un prof mettre à disposition un tel dictionnaire.)
Bravo !


Je crois que tu es l'archétype du prof "à l'ancienne" pour qui son métier n'est pas seulement un sacerdoce, mais un acte profond d'amour et de générosité.

Comme je te l'ai écrit, je me reconnais un peu en toi, et regrette de ne pas avoir connu d'autres expériences d'enseignement que les deux que j'ai eues en collège et en lycée il y a huit ans. Mais je m'y serais consumé à la vitesse d'une branche de sapin jetée dans un feu de cheminée ! Te rends-tu compte, Yoshi, que je passais une heure par copie ! — cent copies à corriger, cent heures, prises sur mes nuits et mes dimanches, les samedis étant chargés de 9 h à 23 heures par mes cours particuliers —, avec des émotions indescriptibles aussi bien à la lecture d'une copie magique — combien alors je remerciais l'élève ! — qu'à la découverte d'une copie me plongeant dans le désespoir et la culpabilité — comment ai-je pu ne pas me rendre que l'élève n'avait en fait rien compris ??!!


Précieux Yoshi, ce qui suit n'est en aucune façon une critique, mais le fruit de ma libération constante, volontaire, des formules devenues de véritables incantations intangibles, et donc indéfiniment répétées.

Voici donc comment j'enseigne maintenant les aires des différentes figures géométriques. (Il m'a fallu du temps pour me libérer des formules. Je rejette notamment le terme de "base" : pourquoi un triangle, un trapèze, un parallélogramme doit-il toujours être poliment posé sur l'horizontale ? Où est la base d'un triangle, d'un trapèze, d'un parallélogramme quelconque orienté n'importe comment ? )

Aire d'un triangle
L'aire de n'importe quel triangle, quelle que soit sa forme, est égale à la moitié de l'aire du rectangle formé par un de ses côtés et la hauteur issue du sommet opposé (ou arrivant sur ce côté).
Je dessine un triangle quelconque — du moins je m'efforce à ce qu'il soit quelconque, éventuellement avec un angle obtus — et demande de tracer les trois rectangles formés par chacun des côtés.
Le triangle rectangle est un cas particulier : la hauteur correspondant à un côté de l'angle droit est en effet l'autre côté de l'angle droit. (Je demande aussi de tracer le rectangle construit à partir de l'hypoténuse.)
Cas particulier qu'on peut aussi formuler comme suit : la logique observée pour un triangle rectangle prévaut pour n'importe quel triangle.

Aire d'un parallélogramme
L'aire d'un parallélogramme est égale celle du rectangle formé par deux côtés opposés et la distance qui les sépare. (J'explique que la distance entre deux droites parallèles est la longueur du segment joignant les deux intersections d'une droite perpendiculaire à ces deux droites.)
Je fais tracer les deux rectangles : celui construit sur les grands côtés, et celui construit sur les petits côtés.
Le rectangle, le carré sont des cas particuliers. Dans tous les cas, l'aire d'un parallélogramme, avec ou sans angle droit, est l'aire du rectangle formé par deux côtés parallèles et la distance qui les sépare.

Aire d'un trapèze
L'aire d'un trapèze est égale à celle du rectangle formé par la moyenne des deux côtés parallèles et la distance séparant ces deux côtés.
Là, un seul dessin est possible.

Aire d'un losange
Outre l'aire calculée à partir de deux côtés parallèles, l'aire d'un losange est égale à la moitié de l'aire du rectangle formé par les deux diagonales du losange.
Là aussi, un seul dessin est possible.

Aire d'un quadrilatère convexe quelconque. (J'explique ce qu'est un polygone convexe.)
Elle est égale à l'aire du rectangle formé par les perpendiculaires aux deux diagonales, moins celle des quatre triangles rectangles superflus.

En généralisant : l'aire de tout triangle est la moitié de l'aire d'un rectangle ; l'aire de tout parallélogramme et de tout trapèze est celle d'un rectangle.
(Exception toutefois de l'aire d'un losange calculée à partir de ses diagonales.)
_______________________________

Autre point (parmi beaucoup d'autres...) vis-à-vis duquel je suis rebelle : la confusion entre le coefficient directeur d'une droite et le coefficient de linéarité de la fonction affine qu'elle représente.

En mode numérique, dans l'expression d'une fonction affine $f(x) = mx + p$   (ou $f(x) = ax + b$), le coefficient de $x$ est appelé "coefficient de linéarité" car il traduit la proportionnalité — linéarité et proportionnalité sont synonymes — entre l'accroissement de la fonction et l'accroissement de la variable qui le génère :
$\dfrac {f(x_2) - f(x_1)} {x_2 - x_1} = m$
d'où $f(x_2) - f(x_1) = m(x_2 - x_1)$

En mode graphique,  dans l'équation de la droite $y = mx + p$   (ou $y = ax + b$), le coefficient de $x$ est appelé "coefficient directeur" car, comme son appellation l'indique explicitement, il fournit la direction de la droite : à partir d'un point de la droite, tant parallèlement à l'axe des abscisses, tant parallèlement à l'axe des ordonnées, exactement comme le fait un vecteur directeur de la droite.
Donc si les coordonnées du vecteur directeur choisi sont $\begin{pmatrix} \alpha \\ \beta \end{pmatrix}$, le coefficient directeur correspondant est égal à $\dfrac \beta \alpha $.

Par exemple, le coefficient $2$ de l'équation $y = 2x - 1$ peut être interprété de multiples façons :

  • $\dfrac 2 1$ : une unité parallèlement à l'axe des abscisses, dans le sens positif (vers la droite dans le cas d'un repère orthonormé classique), deux unités parallèlement à l'axe des ordonnées dans le sens positif (vers le haut)

  • $\dfrac {-2}{-1}$ : une unité parallèlement à l'axe des abscisses, dans le sens négatif (vers la gauche), deux unités parallèlement à l'axe des ordonnées dans le sens négatif (vers le bas)

  • mais aussi, par exemple, $\dfrac 6 3$ : trois unités parallèlement à l'axe des abscisses, dans le sens positif (vers la droite), six unités parallèlement à l'axe des ordonnées dans le sens positif (vers le haut)


Ecrire que le coefficient directeur de la droite joignant deux points $A(x_A, y_A)$ et $B(x_B, y_B)$ est égal à $\dfrac {y_B - y_A}{x_B - x_A}$, ce n'est pas spécifier la direction de la droite, c'est calculer le coefficient de linéarité de la fonction affine représentée par la droite.
Cela revient donc à mélanger logique graphique et logique numérique, en oubliant que la logique graphique est en quelque sorte un "sous-produit" de la logique numérique !


La rédaction qu'on devrait enseigner pour respecter la logique de direction devrait donc être :
Le passage de $A$ à $B$ équivaut à un déplacement de $x_B - x_A$ parallèlement à l'axe des abscisses, et à un déplacement de $x_B - x_A$ parallèlement à l'axe des ordonnées, soit parallèlement à un vecteur directeur de coordonnées $\begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - x_A \end{pmatrix}$
La direction de la droite est donc spécifiée par le quotient $\dfrac {y_B - y_A}{x_B - x_A}$.

Vous me direz « Ben oui, le coefficient directeur est donc bien égal à $\dfrac {y_B - y_A}{x_B - x_A}$. Où est le problème ? »

Certes. Mais la démarche est radicalement différente : à une formule qu'on applique "bêlement", qui relève d'une logique numérique, on préfère un raisonnement qui traduit réellement la signification du coefficient directeur.
_______________________________

Encore un point qui renvoie à un fameux débat dans la discussion « Question nomenclature » (https://www.bibmath.net/forums/viewtopic.php?id=16832) :

Yoshi, tu écris très justement
« On dit qu'un nombre entier b est un diviseur d'un nombre entier a s'il existe un nombre entier k tel que : a = k x b
Dans ce cas, k est aussi un diviseur de a, c'est le quotient exact de la division de a par b. »

Donc, avec cette définition du diviseur d'un entier, la division euclidienne de $a$ par $b$ doit être $a = qb + r$, qui s'interprète « $a$ est multiple de $b$ à $r$ unités près...   :-)
_______________________________

Sur ce, je vais essayer de dormir un peu : lorsque je me réveille à trois ou quatre heures parce qu'une pensée écriture me lancine, je sais, par expérience moult fois répétée, que je ne me rendormirai pas avant d'avoir écrit ce qui me taraude l'esprit. Là je sens la fatigue m'envahir.

Bonne journée de dimanche !

#530 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 06-04-2024 20:35:29

Bonsoir Doc, bonsoir à tous ceux qui suivez cette discussion,

Effectivement, cher Doc, cet article m'a été très bénéfique, et m'a permis de bien mieux comprendre les différentes formules liées au cercle et à la sphère.
Merci !
Et je suis ravi que tu sois ravi ! :-)

Je le relirai tantôt pour encore mieux l'assimiler.

#531 Re : Entraide (collège-lycée) » Je cherche des relectrices et des relecteurs de Première ou de Seconde » 04-04-2024 18:23:24

Bonsoir Ernst, bonsoir à tous,

Merci tout d'abord de ta réponse qui m'apporte des éléments de réflexion..

J'ai préféré laisser s'écouler un peu de temps avant de réactiver la discussion.

participer à des méthodes pédagogiques dont je ne verrai jamais la couleur, aucun intérêt.

Si ce n'est d'avoir la fierté de se voir cité(e) en tant que relecteur ou relectrice d'un ouvrage de maths, lorsque toutefois j'aurai pu mener le projet jusqu'à la publication de mon premier opus. (Il y a encore beaucoup à faire pour y parvenir...)

Mais l'intérêt réside surtout dans tout ce que l'élève apprendra, qui lui donnera un socle de compréhension (bien) supérieur à celui que lui apporteront les cours en classe.

Le premier, c’est qu’il existerait des méthodes plus efficaces que d’autres.

Oui, indéniablement !
Je m'en rends quasi quotidiennement compte, notamment par les réactions de mes élèves : « Pourquoi on ne nous dit (explique) pas cela ? » ; « C'est tout ? Mais c'est tout simple ! » (ils utilisent un autre mot que "simple" :-) ; « C'est fou ! J'ai plus compris en une heure et demie avec vous qu'en deux semaines de cours ! » ; etc.

Le second, c’est que tout le monde aurait les capacités pour accéder à des compétences de haut niveau.

Je ne prétends pas cela !
Par contre, oui, pour l'avoir expérimenté maintes et maintes fois, je suis convaincu qu'à partir du moment où un ou une élève comprend la logique d'une notion, elle ou il peut comprendre beaucoup plus que ce qu'on lui enseigne par rapport à son niveau officiel [ajouté]pour peu qu'on reste dans la même logique et qu'il n'y ait pas de rupture conceptuelle..

Je prévois rarement à l'avance d'expérimenter telle ou telle explication avec un(e) élève : je le fais à l'improvisation parce que je perçois à un moment donné que l'élève peut encaisser le coup ; j'ai alors toujours une appréhension, un peu, toutes proportions gardées, comme si je me lançais dans un saut à l'élastique sans savoir vraiment si l'élastique est fixé à l'autre bout. Mais je ne me suis jamais heurté à une incompréhension ou à un refus. Au contraire, les élèves apprécient beaucoup de se voir capables d'assimiler facilement des notions normalement enseignées bien plus tard, ou de traiter sans difficultés des structures d'exercice qui initialement leur font peur.
Je sais cependant avec qui je peux me permettre ces digressions, et avec qui je ne dois pas le faire.

Le troisième, c’est qu’un élève serait capable de préciser les actions qui lui conviendraient le mieux.

Je n'attends pas de mes futurs relecteurs et relectrices qu'ils me précisent les actions qui leur conviendraient le mieux.

Ce que j'attends de ces relectures, c'est de percevoir le maximum de "points durs" qui obligent l'élève à relire deux ou trois fois une explication avant de la comprendre — je suis très attentif à la fluidité de la compréhension —, c'est de me rendre compte comment l'élève assimile les notions présentées, comment elle ou il fait la jonction avec ce qu'elle ou il voit en classe. (Il ne s'agit pas de "chambouler" la compréhension que l'élève acquiert en classe : il s'agit de la consolider en l'élargissant autant que possible.)
____________________

Ceci dit, j'ai vu une fois à l'arrière d'un bus une affiche destinée aux cyclistes qui disait « Si vous ne levez pas le bras, personne d'autre que vous ne sait que vous allez tourner ! »

J'ai fait une erreur du même ordre en ne précisant pas ce que j'entendais par "rémunération".

J'étais en effet le seul à savoir que je m'apprête à payer 120 - 150 euros sur mes fonds personnels une séance de relecture de trois-quatre heures, car ces tests me sont d'une grande importance : dans la mesure où je conçois mes futurs opus selon des voies (très) peu standard, je dois en effet investir ce qu'il faut pour réduire autant que possible le risque de me planter ! (A plus forte raison si, comme je le prévois pour l'instant, je publie mon premier opus à compte d'auteur, c'est-à-dire à risque maximal.)

[Modifié] Je pense donc que, pour un(e) lycéen(ne), gagner 120 ou 150 euros en à peine trois-quatre heures, qui plus est en effectuant un travail valorisant par lequel on apprend beaucoup, peut représenter une gratification appréciable.


[Ajouté] PS : La relecture par certains de mes élèves serait à mon sens d'emblée biaisée car ils sont familiarisés avec mes façons d'expliquer, et retrouveront une bonne partie de ce que je leur enseigne.

#532 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 04-04-2024 09:12:28

Bonjour yoshi,

Je l'ai effectivement reçu hier soir. (Je t'ai répondu par courriel.)
Merci.

Je m'y attaquerai dès aujourd'hui.

#533 Re : Entraide (collège-lycée) » Comment désigner le rapport u' sur u ? » 04-04-2024 09:10:07

Bonjour,

Vous trouverez ci-joint les courbes $y = x^2$ et $y = \sqrt x$ avec les courbes des dérivées logarithmiques correspondantes ($y = \dfrac 2 x$ pour la première ; $y = \dfrac 1 {2x}$ pour la seconde) : https://www.cjoint.com/c/NDeh1sULFCD

Sur les quatre courbes j'ai placé le point à partir duquel la pente cède le pas à la valeur, c'est-à-dire à partir duquel l'accélération de la courbe principale devient moins perceptible.


Mon idée "d'indice d'accélération" se heurte cependant à un petit obstacle : si $u(x) = x$, sa dérivée logarithmique est $\dfrac 1 x$ — le $1$ du numérateur doit être interprété comme celui de la dérivée de $x$ par rapport à elle-même, et non comme le $1$ de la fonction inverse — alors que la droite $y = x$ ne présente a priori aucune accélération.
Comment interpréteriez cette particularité ?

Par contre, si $u(x) = e^x$, la dérivée logarithmique est $\dfrac {e^x}{e^x} = 1$.
Comme en chaque point la pente est égal à la valeur, elles contribuent à part égale à l'évolution de la courbe.


Bonne journée, malgré la forte pluie (du moins en région parisienne)

#534 Re : Entraide (collège-lycée) » Comment désigner le rapport u' sur u ? » 03-04-2024 22:19:00

Bonsoir Maxence,

Merci de cette réponse qui m'ouvre des voies de compréhension supplémentaires. Je vais creuser la question pour mieux en comprendre l'apport.

Je reviens toutefois à mon idée de comparaison relative :
Reprenons mon exemple de la fonction carré, dont la dérivée logarithmique est $\dfrac 2 x$.
Lorsque $x$ est comprise entre 0 et 2, le rapport $\dfrac {u'} u$ est plus grand que 1 ; il est plus petit que 1 pour $x > 2$.

J'interprète ces deux inégalités comme suit :
Jusqu'à 2, la courbe "accélère" fortement, ce qui est graphiquement visible. La pente est donc prédominante sur la valeur.
Au-delà de 2, l'accroissement de la pente (la "verticalisation de la courbe") n'est plus fortement perceptible. La valeur prédomine alors par rapport à la pente.
Plus généralement, pour une puissance $n$ supérieure à 1, la courbe accélère fortement jusqu'à $n$, puis nettement plus lentement au-delà de $n$.


De la même façon, pour la fonction racine carrée, dont la dérivée logarithmique est $\dfrac 1 {2x}$, la courbe accélère fortement entre 0 et 1/2. La pente prédomine donc sur la valeur. Ensuite, "l'horizontalisation de la courbe" devient de moins en moins perceptible. La valeur prédomine alors sur la pente.
Plus généralement, pour une racine n-ième, la courbe s'accélère fortement jusqu'à $\dfrac 1 n$, puis nettement plus lentement au-delà.

La dérivée logarithmique représente donc à mon sens une sorte "d'indice d'accélération" de la courbe : l'accélération est forte lorsque la dérivée logarithmique est supérieure à 1 ; elle devient de plus en plus faible lorsque la dérivée logarithmique se rapproche de 0.

C'est dans cette direction que j'aimerais trouver une expression qui traduise au mieux la comparaison relative (la croissance comparée ?) entre la pente et la valeur de la fonction, et qui traduise au mieux cet "indice d'accélération".

#535 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 03-04-2024 20:03:55

Bonsoir yoshi,

Je serais moi aussi intéressé par ta création.
Tu pourras me l'adresser ?

Je t'en remercie d'avance.
Bien cordialement,
Bor.

#536 Entraide (collège-lycée) » Comment désigner le rapport u' sur u ? » 03-04-2024 11:48:45

Borassus
Réponses : 6

Bonjour à tous,

J'explique l'utilité de la fonction $ln(u)$ en disant qu'elle permet, sur le plan graphique, de tracer des courbes devenant très vite intraçables du fait de la forte variation de la fonction considérée, l'exemple type étant les fonctions exponentielles.
(Par exemple, $2^{10} = 1 \: 024$ — dix carreaux vers la droite, 1 024 carreaux vers le haut —,
$2^{15} = 32 \: 768$ — 15 carreaux vers la droite, plus de 32 700 carreaux vers le haut.)
Au passage, cela me permet aussi d'expliquer le principe d'une échelle logarithmique.

J'explique aussi que la dérivée de $ln(u)$ obéit au principe général de la dérivation des fonctions composées : dérivée de la fonction "contenante" par rapport à sa variable, multipliée par la dérivée de la fonction "contenue" par rapport à sa propre variable, et donc que l'écriture logique de départ est $(ln (u))' = \dfrac 1 u \times u'$, qui, par simplification, devient la formule faisant quasiment loi $(ln (u))' = \dfrac {u'} u$, alors qu'il n'y pas de formule à apprendre, seulement une logique répétitive : dérivée de la fonction $ln$ par rapport à sa variable $u$, multipliée par le dérivée de $u$ par rapport à sa propre variable.

Néanmoins, la formule $(ln (u))' = \dfrac {u'} u$ m'interpelle, car elle correspond pour moi à une comparaison relative de la pente en un point $x_0$ de la courbe $y = u(x)$ par rapport à la valeur prise par $u$ pour cette valeur.

Par exemple, pour $u(x) = x^2$,    $\dfrac {u'(x)}{u(x)} = \dfrac{2x}{x^2} = \dfrac 2 x$.

Donc, lorsque la variable $x$ croît, l'élément prédominant est la valeur de la fonction carré, la pente devenant secondaire.
Dit autrement, la valeur du carré augmente beaucoup plus rapidement que la pente, qui pourtant se rapproche rapidement de la verticale.

Pour apporter une pierre supplémentaire à ma quête permanente d'une compréhension "hors des chemins battus", quelle appellation donneriez-vous au quotient $\dfrac {u'} u$ permettant de mettre en exergue le fait que ce quotient peut être interprété comme une comparaison relative ?

Aussi, compte  tenu de cette comparaison relative, comment nommer, en amont, le logarithme népérien d'une fonction ?

Peut-être notre éminent linguiste @jelobreuil  peut-il nous proposer des appellations elles aussi "hors des chemins battus" ?  :-)

Merci d'avance de vos suggestions, et des avancées qu'elles m'apporteront très certainement,
bien cordialement,
Bor.

#537 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 01-04-2024 12:16:44

Bonjour Bernard,

En fait, ce n'est pas $2\pi$ mais $2R$ : $\pi$ fois le diamètre, c'est-à-dire $\pi$ fois deux fois le rayon, soit $\pi \times (2R)$.
(Je préfère même $(2R) \times \pi$ : l'élément premier est le diamètre du cercle, qui est ensuite multiplié par $\pi$ pour obtenir le périmètre. Comme vous l'avez sans doute remarqué, je suis attaché à la logique d'écriture du calcul littéral, sur laquelle, malheureusement, on s'assied bien trop souvent.)

Ce fameux $2 \pi R$ est l'exemple classique, parmi un très grand nombre d'autres, de formulation algébrique ne correspondant pas à la formulation logique...

Mais pour définir le nombres de radians correspondant à un tour complet, il vaut mieux utiliser l'expression $(2\pi) \times R$.

A ce propos, je m'amuse régulièrement lorsque je demande combien de fois il y a $R$ dans $2\pi R$ ?
Rares sont les élèves qui répondent du premier coup ! La question donne généralement lieu à un véritable feu d'artifice de réponses. :-)

#538 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 01-04-2024 10:36:25

Bonjour à tous,

Ce qui me gêne, sur le fond, dans l'utilisation des coordonnées polaires ou sphériques appliquées au cercle ou à la sphère, c'est qu'elles font appel à la notion de radian, qui est elle-même définie par rapport au cercle.

Je m'explique :

Comme la définition du radian est l'angle au centre interceptant un arc dont la longueur est égale au rayon du cercle — je suis toujours sidéré de le voir défini par rapport au seul cercle trigonométrique —, et comme le périmètre d'un cercle est égal à $2 \pi R$, un tour complet correspond naturellement à $2 \pi$ radians.

Donc, calculer le périmètre d'un cercle comme étant la somme d'arcs de cercle infinitésimaux de longueur $R d\alpha$ revient à démontrer la longueur du périmètre en utilisant... la longueur du périmètre :
$\displaystyle \int_0^{2 \pi} R d\alpha = R \times \displaystyle[ \alpha \displaystyle]_0 ^{2\pi} = R \times 2\pi = 2 \pi R$

Bonne journée.
(Surveillez vos arrières. :-)

#539 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 31-03-2024 22:17:00

Bonsoir, bonsoir,

Zébulor d'abord (ça rime :-) Au moment où je t'ai répondu, je partais pour faire des courses. La réponse à ma question m'est devenue évidente dès que je me suis retrouvé dehors : il faut sommer des "cubes incurvés" de dimensions infinitésimales !

De même, pour la surface, il faut sommer des "carrés courbes".

N'ayant malheureusement pas l'occasion, avec mes élèves lycéens, de manier des intégrales autres que l'intégrale simple tristement limitée au seul calcul d'aires, il me faut un petit temps pour me replonger dans les coordonnées sphériques et les intégrales dans ces coordonnées.
Je prendrai alors plaisir à calculer l'aire et le volume d'une sphère (boule) selon ces façons de faire. Peut-être qu'alors ce fameux facteur 4, répété deux fois, me paraîtra plus naturel.

Eustache ensuite : Cela me fait bien plaisir de rencontrer quelqu'un qui a, lui aussi, bifurqué seul vers les maths en commençant des études sans maths qui se sont avérées être pour lui une impasse !
Mais, contrairement à toi, je n'ai pas su rejoindre le cursus classique : je me suis inscrit au CNAM en section Automatique mais j'ai véritablement HAÏ l'enseignement du Conservatoire tel que je l'ai subi, surtout lors du deuxième cycle. (On me présentait comme étudiants modèles des gars complètement scolaires dont je n'aurais pour rien au monde voulu comme assistants.)

Merci de tes notes ! , que j'ai parcourues en première lecture à l'écran, et que je vais relire, sans doute demain, après les avoir imprimées.

Etant à un moment devenu chef de produits dans une entreprise d'instrumentation industrielle, et pensant m'être définitivement orienté vers le marketing industriel, j'ai idiotement jeté tous les classeurs que j'avais constitués à partir de différents ouvrages (en particulier "Le calcul différentiel et intégral", en deux tomes, de Nikolaï Piskounov, qui a toujours été pour moi ma Bible, y compris maintenant.)
Je me suis ainsi amputé à la hache de milliers d'heures de travail !! Qu'est-ce que j'ai pu ensuite regretter cet acte stupide !!

Ma démarche d'alors était beaucoup moins heuristique que la tienne : je recopiais, en les décomposant pas à pas, les manuels et ouvrages sur lesquels je travaillais.
Elle l'est devenue lorsque, il y a une douzaine d'années, j'ai voulu revenir à mes amours premières : en cherchant en permanence à expliquer la logique des choses, au-delà des formules, je me les explique à moi-même, et répercute ensuite mes compréhensions.

Par contre, je retrouve dans tes écrits ma loquacité en cours.  :-)


Ceci dit, nous sortons là complètement du forum censé s'adresser à des collégiens et des lycéens !

Mais vos deux interventions, dont je vous remercie, me confirment que je vais davantage expliquer à mes élèves de Terminale, du moins à ceux qui peuvent encaisser ces digressions, que le principe de l'intégration, qui consiste à sommer des éléments dont une dimension au moins est infinitésimale, peut être reproduit selon plusieurs raisonnements allant bien au-delà du calcul d'aires classique.

Et que, en dehors de l'intégrale simple, qui permet déjà beaucoup, il y a les intégrales doubles, triples — je demande parfois de calculer des intégrales triples improvisées ; les élèves comprennent très facilement —, les intégrales curvilignes..., et qu'il n'y a pas que les intégrales en coordonnées cartésiennes.


PS [ajouté] : Ce qui m'intéressait dans ma démarche, c'était d'intégrer uniquement par rapport au rayon, de façon à montrer le passage "en trois coups" du périmètre du cercle au volume de la sphère.

#541 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 31-03-2024 17:34:24

Bonjour (ou bonsoir),

Maintenant, je comprends qu'il y a deux façons de remonter par intégration "naturelle" (1) du périmètre du cercle au volume de la sphère, mais dans les deux cas, il faut une multiplication par 4 intermédiaire.

(1) Par intégration naturelle, j'entends intégration pour laquelle seule le rayon est utilisé comme variable. (Je considère donc l'intégration classique qu'avait rappelée Doc comme étant "artificielle" dans la mesure où la variable d'intégration est la cote, et non le rayon.)

Première façon de faire :

L'aide du disque $a_d(R)$ peut être obtenue en sommant les anneaux ayant pour périmètre $2 \pi r$ et pour largeur $dr$. (Cette intégration correspond à la logique "disque microsillon" que j'évoquais plus haut.) :
$a_d(R) = \displaystyle \int_0 ^R 2 \pi r dr = \left[ 2 \pi \dfrac {r^2} 2 \right]_0^R = \pi R^2$


Le volume $v_c(R)$ du cône de rayon $R$ et de hauteur $R$ est obtenu en sommant du sommet vers la base les cylindres ("tranches") d'aire $\pi r^2$ et d'épaisseur $dr$  :
[tex]v_c(R) = \displaystyle \int_0^R \pi r^2dr = \pi \left[ \dfrac {r^3} 3 \right]_0 ^R = \dfrac {\pi R^3} 3[/tex]

(Si on effectue l'intégration de la base vers le sommet — ce qui correspond à la vision habituelle d'un cône, alors que l'intégration précédente correspond à un cône pointe vers le bas —, il faut écrire [tex]v_c(R) = -\displaystyle \int_R^0 \pi r^2dr [/tex].)

En multipliant le volume de ce cylindre par $4$, on obtient le volume de la sphère :
[tex]v_s(R) = \dfrac {4 \pi R^3} 3[/tex]

Deuxième façon de faire

En multipliant l'aire du disque par 4, on obtient l'aire de la sphère $a_s(R) = 4 \pi R^2$.

Le volume de la sphère est obtenu en sommant les "pelures d'oignon" d'aire $4 \pi r^2$ et d'épaisseur $dr$ :

[tex]v_s(R) = \displaystyle \int_0^R 4 \pi r^2 dr = 4 \pi \left[ \dfrac {r^3} 3 \right]_0 ^R = \dfrac {4 \pi R^3} 3[/tex]

________________

Ces deux façons de faire reposent cependant sur les trois prérequis suivants :

  • Le périmètre d'un cercle est égal à $\pi$ fois le double de son rayon.

  • Le volume d'une sphère est quatre fois celui du cône ayant pour rayon et pour hauteur le rayon de la sphère.

  • L'aire d'une sphère est quatre fois celle d'un grand disque de la sphère.

J'aimerais beaucoup pouvoir analytiquement "remonter d'un cran"...


[Ajouté]Doc, par l'article que tu as indiqué, tu m'as permis d'asseoir la compréhension de base. Merci !

#542 Re : Entraide (collège-lycée) » Qui veut de la géométrie "à l'ancienne" ? » 30-03-2024 14:58:06

Bonjour yoshi et Doc, bonjour tout le monde,

J'abonde tout à fait dans ce que tu écris, yoshi !

Ce que j'apprécie dans un raisonnement de géométrie, c'est la "stratégie" de raisonnement et l'enchaînement des déductions.
D'un point de vue rédactionnel, le raisonnement de géométrie est à mon sens celui qui permet le mieux de s'entraîner à des argumentations élaborées.

Bonne seconde partie de journée.
Bien cordialement.

#543 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 29-03-2024 15:47:02

Après lecture de la partie 2 de l'article, celle consacrée au cercle et à la sphère, j'ai appris que la formule classique du volume d'une sphère $\dfrac {4 \pi R^3}{3}$ peut être interprétée selon plusieurs structures.

Ainsi, le volume de la sphère peut être considéré comme étant égal

  • à quatre fois le volume du cône dont le rayon et la hauteur sont égaux au rayon de la sphère :
    $V = 4 \times \dfrac 1 3 \left( \pi R^2 \times R \right)$

  • à deux fois le volume du cône de rayon et de hauteur respectivement égaux au rayon et au diamètre de la sphère :
    $V = 2 \times \dfrac 1 3 \left[ \: (\pi R^2) \times (2R) \: \right]$

  • au volume du cylindre dont l'aire de la base est égale à l'aire de la sphère, et dont la hauteur est égale au tiers du rayon :
    $(4 \pi R^2) \times \dfrac R 3$

    Remarques :
    1) Cette écriture répond à la question que j'avais posée en lançant la discussion sur la signification de la longueur
    $\frac R 3$ dans la logique volume = aire fois longueur.
    2) L'aire latérale de ce cylindre est égale à l'aire de la sphère.

  • aux deux-tiers du volume du cylindre circonscrit à la sphère, donc de rayon égal au rayon de la sphère et de hauteur égale au diamètre de la sphère :
    $V = \dfrac 2 3 \times \left[ \: (\pi R^2) \times (2R) \: \right]$


(L'origine de cette discussion était la révision avec une élève de Troisième des différentes aires et volumes. Les questions me venaient au fur à et à mesure de mes explications. Mercredi, je vais pouvoir lui expliquer autrement le volume d'une sphère.)

#544 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 29-03-2024 10:04:35

Bonjour tout le monde,

J'ai commencé tard hier soir à lire cet article.

Deux points pour commencer :

1) La force du cloisonnement entre les formules :
J'explique que le volume de "ce qui est pointu" (cône, pyramide) occupe le tiers du volume de la "boîte" qui le contient, le vide remplissant les deux-tiers restant.

Dans le cas du cône, je me rendais pas compte, jusqu'à hier soir, que ce volume restant correspond à celui d'une demi-sphère : $\pi R^3 - \dfrac 1 3 \pi R^3 = \dfrac 2  3 \pi R^3 =\dfrac {\dfrac 4 3 \pi R^3} {2}$

2) Parmi mes questions, il y a celle demandant pourquoi l'aire de la sphère $4 \pi R^2$ est quatre fois l'aire d'un grand disque $\pi R^2$.

Or j'apprends par cet article qu'Archimède établit précisément l'aire d'une sphère comme étant quatre fois l'aire d'un grand cercle !

Je vais continuer la lecture attentive de cet article. Merci Doc !


Concernant la question sur les primitives successives, je fais le parallèle avec les primitives suivantes :

Soit un parallélépipède rectangle (un "pavé droit")
Soit aussi un parallélépipède infinitésimal $dxdydz$ placé sur un des sommets.

En intégrant ce parallélépipède selon une arête, on obtient cette arête.
En intégrant cette arête le long d'une arête qui lui est perpendiculaire, on obtient la face constituée de ces deux arêtes.
En intégrant cette face le long d'une arête qui lui est perpendiculaire, on obtient le parallélépipède.

(La formule classique $L \times l \times h$ du volume d'un pavé droit provient de cette démarche, même si on ne l'exprime pas selon une logique d'intégration.)

Je comprends qu'en intégrant un arc de cercle infinitésimal, on obtient le cercle.
Mais je ne sais pas encore comprendre selon quel processus l'intégration du cercle produit l'aire du disque, et selon quel processus l'intégration de l'aire du disque produit la boule.

#546 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 28-03-2024 14:04:34

Bonjour Doc,

Merci de ta réponse !

Oui, je me souviens que j'ai une fois expliqué à la volée ce calcul à un élève de Terminale à qui je montrais qu'une intégrale ne sert pas seulement à mesurer l'aire sous une courbe.

Mais j'aimerais comprendre, au-delà des calculs, le sens de ce que j'écrivais plus haut : la primitive du périmètre est l'aire du disque ; la primitive de l'aire du disque est le volume de la sphère (ce que montre ton calcul).

A priori, l'aire du disque peut être conçue comme une sorte de "disque microsillon", du centre vers l'extérieur, d'une somme infinie de cercles dont le rayon varie de $dr$.

Mais pour cela, il faut comprendre le périmètre du cercle.

Pourquoi, d'autre part, le volume de la sphère (de la boule) est égal au deux-tiers du cylindre qui la (le) contient ?

Que signifie le fait que l'aire de la sphère soit quatre fois celle de l'aire d'un disque de rayon égal à celui de la sphère ?

#547 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 28-03-2024 13:26:05

Bonjour yoshi,

Merci de ta réponse !

Si on utilise la notion de radian, en écrivant que la longueur d'un arc de cercle intercepté par un angle de $\alpha$ radians est égale à $\alpha r$, j'ai l'impression d'être face à un serpent qui se mord la queue, car la notion de radian, du moins telle que je l'ai comprise et telle que je l'enseigne, provient précisément du périmètre du cercle.
(Plus précisément, c'est la valeur du radian qui provient du périmètre.)

#548 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 28-03-2024 13:08:50

Comment démontrer le périmètre d'un cercle ? par une intégrale "classique" ? (comment alors la formuler ?)
par une intégrale curviligne ?

#549 Re : Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 28-03-2024 13:06:57

Bonjour Roro,

Merci de ta réponse !

C'est précisément la question que je me suis souvent posée : la primitive du périmètre est l'aire du disque ; la primitive de l'aire du disque est le volume de la sphère.

Comment concrètement interpréter cette double relation ??

#550 Entraide (collège-lycée) » Questions pour ne pas perdre la boule à propos des sphères et boules » 28-03-2024 12:20:36

Borassus
Réponses : 24

Bonjour à tous,

Comment démontrer mathématiquement que le volume d'une boule (d'une sphère ?) est égal au deux-tiers du celui du cylindre qui le contient, ce qui permet ensuite de calculer son volume $\dfrac 4 3 \pi r^3$ ?

Un volume est souvent interprété comme étant le produit d'une aire par une longueur.
L'aide de la sphère étant $4 \pi r^2$, la longueur correspondant au volume est $\dfrac r 3$. Quelle peut alors être la signification de cette longueur $\dfrac r 3$ ?

Comment d'ailleurs se démontre mathématiquement que l'aire de la sphère est égale à $4 \pi r^2$ ?

Pourquoi l'aire de la sphère est 4 fois l'aire d'un "grand disque" (c'est-dire l'aire formée par un grand cercle de la sphère) ?

Merci d'avance de vos précieuses réponses.


PS : Borassus sur Bim@th :-)  :  https://www.cjoint.com/c/NCClsvFUGBD

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