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#301 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 06-08-2024 15:30:38

Bonjour,

Pour continuer sur ma lancée, je me suis amusé à écrire $3,72 \times 10^{-44}$ sous forme décimale :-)

$3,72 \times 10^{-44} = 0,000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 000 \: 037 \: 2$

#302 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 04-08-2024 09:03:57

Bonjour Jean-Louis, bonjour à ceux qui suivent cette discussion,

Effectivement !!
$\dfrac 1 {100} = 0,01$ , alors que $e^{-100} = 3,72 \times 10^{-44}$

J'indiquais dans le message #8 que $10^{435}$ est (très) supérieur au nombre total estimé des atomes de l'Univers élevé à la puissance 4.
Pour donner une idée de l'ordre de grandeur de $10^{-44}$ — le noyau d'un atome d'hydrogène est $\approx 8,5 \times 10^{-15}$ m — , voici la réponse de ChatGPT à ma question « Quelle est, dans l'état actuel des connaissances, la plus petite dimension connue ? »

Dans l'état actuel des connaissances, la plus petite dimension connue est celle des longueurs de Planck. La longueur de Planck est une unité de longueur qui est de l'ordre de $1,616 \times 10^{-35}$ m. Elle représente une échelle à laquelle les effets de la gravitation quantique deviennent significatifs, et au-delà de laquelle les concepts de l'espace-temps tel que nous les connaissons pourraient ne plus être valables.

(La gravitation quantique est une branche de la physique théorique qui vise à unifier les deux piliers fondamentaux de notre compréhension de l'univers : la mécanique quantique et la relativité générale. La mécanique quantique décrit les lois régissant le comportement des particules à très petite échelle, tandis que la relativité générale explique la gravité et la structure de l'espace-temps à grande échelle.

La difficulté de la gravitation quantique réside dans le fait que, lorsque l'on tente de décrire la gravité à l'échelle quantique, les outils mathématiques traditionnels de la relativité générale ne fonctionnent plus. Par exemple, à l'échelle des longueurs de Planck, les fluctuations quantiques de l'espace-temps deviennent si importantes qu'il est difficile de définir une géométrie fixe de l'espace-temps.)

Comme vous pouvez le voir à travers ces deux valeurs, on arrive très rapidement avec la fonction exponentielle à des nombres aberrantissimes, qui sortent totalement des dimensions physiques les plus extrêmes (longueur de Planck d'un côté, nombre total des atomes de l'Univers de l'autre).

Bonne journée, malgré ces valeurs indigestes  :-)

#303 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 03-08-2024 08:08:13

Ce que je cherche à transmettre ici, c'est qu'il faut avoir une compréhension concrète de "tend vers plus l'infini", "tend vers moins l'infini", "tend vers zéro".
Et pas seulement se contenter d'écrire $\to +\infty$,   $\to -\infty$,   $\to 0$,  $\lim = 0$,   $\lim = +\infty$,    $\lim = -\infty$   sans avoir une vision réelle de ce que ces indications peuvent signifier en pratique lorsqu'on étudie une fonction.

Bonjour,

Pour continuer sur le sujet, il y a une ÉNORME différence d'échelles entre $\lim\limits_{x \to +\infty} \dfrac 1 x = 0$ et $\lim\limits_{x \to -\infty} e^x = 0$ .

Bonne journée

#304 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 01-08-2024 09:11:24

Bonjour bibmgb, bonjour à tous ceux qui suivent cette discussion,

Apparemment, ces développements ne sont pas si très clairs que cela !

Dans la phrase que tu cites, j'explique seulement qu'il est LOGIQUE que la fonction logarithme népérien évolue si infiniment lentement — valeurs à l'appui — car sa fonction réciproque, l'exponentielle de base $e$, est infiniment rapidement croissante — valeurs à l'appui.

Pour ce qui est de l'évolution de la fonction $\ln$ lorsque sa variable tend vers 0 par valeurs décroissantes, elle correspond à la disparition extrêmement rapide de la fonction exponentielle :

$\ln {10^{-3}} = -6,908$  signifie que $e^{-6,908} = 10^{-3}$

$\ln {10^{-6}} = -13,816$  signifie que $e^{-13,816} = 10^{-6}$      En passant seulement de -6,9 à -13,8 on passe de un millième à un millionième (essaie seulement de distinguer un millième sur l'axe des ordonnées ; alors un millionième !!!)

$\ln {10^{-9}} = -20,723$  signifie que $e^{-20,723} = 10^{-9}$     En passant seulement de -13,8 à -20,7, on passe de un millionième à un milliardième !!

$\ln {10^{-12}} = -27,631$ signifie que $e^{-27,631} = 10^{-12}$     En passant seulement de -20,7 à -27,6, on passe de un milliardième à un trilliardième !!


Que signifie alors $x \to -\infty$  ??!!  $-27,6$ c'est l'infini  ??!!


Ce que je cherche à transmettre ici, c'est qu'il faut avoir une compréhension concrète de "tend vers plus l'infini", "tend vers moins l'infini", "tend vers zéro".
Et pas seulement se contenter d'écrire $\to +\infty$,   $\to -\infty$,   $\to 0$,  $\lim = 0$,   $\lim = +\infty$,    $\lim = -\infty$   sans avoir une vision réelle de ce que ces indications peuvent signifier en pratique lorsqu'on étudie une fonction.

Donc, ce ne sont pas les pentes qui permettent de tirer des conclusions sur la prépondérance d'un fonction par rapport à une autre, mais bien les évolutions de valeurs respectives.

Bonne journée à tous

#305 Re : Entraide (collège-lycée) » Un angle, une règle et un compas. » 28-07-2024 08:28:10

Bonjour,

En dehors de la trisection d'un angle droit ou d'un angle plat [ajouté : et d'un angle de 135°], qui peuvent effectivement être réalisées à la règle et au compas (il faut certes quelques étapes, mais cela se fait relativement facilement), quels sont les autres cas où la trisection est possible ?

#306 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 16-07-2024 18:44:28

Donc, $\ln 10^{-n} = -n \ln 10$
Et comme $\ln 10 \approx 2,303$,    $\ln 10^{-n} = -n \times 2,303$

Pour la même raison, la fonction $ln$ croît extrêmement lentement :
$ln 10^{3} = 3 \times 2,303 \approx 6,908$
$ln 10^{6} = 6 \times 2,303 \approx 13,816$
$ln 10^{9} = 9 \times 2,303 \approx 20,723$
$ln 10^{12} = 12 \times 2,303 \approx 27,631$
[...]
$\ln 10^{435} = 1001$        (Essayez de dire $10^{435}$ en milliards ...
[ajouté] Pour vous donner un ordre de grandeur, on estime que la totalité des atomes de l'Univers est de l'ordre de $10^{100}$ ; $10^{435}$ est donc supérieur à ce nombre puissance 4 ! Et pour un nombre aussi inconcevable, le logarithme népérien est tout juste égal à 1000 !   :-)

Là aussi, on est infiniment loin de valeurs infinies !!

C'est logique : comme la fonction exponentielle de base $e$ croît infiniment rapidement, sa fonction réciproque croît infiniment lentement.


En termes de pente, les dérivées de deux fonctions réciproques en deux points symétriques sont inverses l'une de l'autre.
Par exemple, la dérivée en $3$ de $x^2$ est égale à $2 \times 3 = 6$ ; et la dérivée en $9$ de $\sqrt x$ est égale à $\dfrac 1 {2 \sqrt 9} = \dfrac 1 {2 \times 3} = \dfrac 1 6$

Donc, puisque la pente de la fonction exponentielle devient très rapidement infinie, la pente de la fonction logarithme devient très rapidement quasiment nulle.

#307 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 16-07-2024 09:56:51

Borassus a écrit :

La fonction logarithme népérien tend certes vers $-\infty$ lorsque sa variable tend vers $0^+$, mais de façon très modérée.

Bonjour bibmgb, bonjour tout le monde,

Cette modération très prononcée s'explique par la transformation de $\ln x^a$ en $a \ln x$.

Donc, $\ln 10^{-n} = -n \ln 10$
Et comme $\ln 10 \approx 2,303$,    $\ln 10^{-n} = -n \times 2,303$

Ainsi,
$ln 10^{-3} = -3 \times 2,303 \approx -6,908$
$ln 10^{-6} = -6 \times 2,303 \approx -13,816$
$ln 10^{-9} = -9 \times 2,303 \approx -20,723$
$ln 10^{-12} = -12 \times 2,303 \approx -27,631$
etc.

[Ajouté] Pour que $ln 10^{-n}$ devienne inférieur à $-1000$, il faut que $n$ soit égal à $435$ !!

On est très loin de valeurs infinies !

Il faut donc savoir appréhender $+ \infty$ et $-\infty$ avec discernement et bon sens...


Bonne journée vacancière

#308 Re : Entraide (collège-lycée) » Retour sur le Pendule de Foucault » 13-07-2024 18:20:24

Bonsoir Jean-Louis, Yop, et ceux qui suivent cette discussion,

Merci, Jean-Louis !!  :-)
Rassure-toi, mes chevilles n'ont pas trop gonflé.  :-)

#309 Re : Entraide (collège-lycée) » Vecteurs » 13-07-2024 18:17:28

CO2 a écrit :

$$\vec{AO}=\frac{\vec{AB}+\vec{AC}}{3}=\frac{2}{3}\vec{AM}$$

Bonjour CO2,

A une exception près, la division d'un vecteur par un nombre n'est pas admise. Seule la multiplication par un nombre existe, le nombre étant obligatoirement placé en premier.

L'écriture juste est donc $$\frac 1 3 (\vec{AB}+\vec{AC})$$

L'exception concerne la définition du vecteur unitaire associé à un vecteur : $ \dfrac {\text{vecteur}} {\text{norme du vecteur}}$ : $ \dfrac {\vec{u}} {\lVert \vec{u} \rVert} $

#310 Re : Entraide (collège-lycée) » Retour sur le Pendule de Foucault » 08-07-2024 22:06:46

Bonsoir Yop !

Bravooo !!

Cette belle nouvelle fait chaud au cœur !!

Merci pour ton très gentil remerciement !!

Quelle est maintenant la suite pour toi ? As-tu obtenu les prépas que tu souhaitais ?

#311 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 03-07-2024 16:39:49

La fonction logarithme népérien tend certes vers $-\infty$ lorsque sa variable tend vers $0^+$, mais de façon très modérée.
Donc, très rapidement, la variable tendant vers $0^+$ devient largement prédominante par rapport à la fonction $ln$, et c'est elle qui fait tendre le produit vers $0^-$.

Concrètement :
$\ln {0,1} = -2,3$ ; donc $0.1 \times \ln{0.1} = -0.23$
$\ln {0,01} = -4,6$  ;  donc $0.01 \times \ln{0.01} = -0.046$
$\ln {0,001} = -6,9$  ;  donc $0.001 \times \ln{0.001} = -0,0069$

#312 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 03-07-2024 16:22:48

Bonjour bibmgb, bonjour tout le monde,

Cette limite de croissance comparée érigée en théorème quasi divin m'agace sensiblement car la fonction exponentielle de base $e$ ne croît pas plus rapidement que sa variable, elle croît infiniment plus rapidement que sa variable.

Très concrètement :
$e^{10} = 22 \: 026$  ; donc $\dfrac {e^{10}} {10} = 2 \:202$
$e^{20} = 485 \: 165 \: 195$  (soit plus de 485 millions !!)  ; donc $\dfrac {e^{20}} {20} = 24 \: 258 \:259$  (soit plus de 24 millions)
$e^{30} = 10 \: 686 \: 474 \: 581 \: 524$  (soit plus de 10 686 milliards !!!)  ; donc $\dfrac {e^{30}} {30} = 356 \: 215 \: 819 \:384$  (soit plus de 356 milliards !!!  Et on ne peut pas vraiment déclarer que $30$ est un nombre déjà infiniment grand !)


Au-delà du théorème, cette limite de croissance comparée relève du plus élémentaire bon sens !!!

#313 Re : Entraide (collège-lycée) » Courbes de Bézier » 09-06-2024 08:15:45

Bonjour Komi,

Excuse s'il te plaît ma réponse tardive : je suis en vacances en Turquie et me connecte irrégulièrement au forum.

Je pense au contraire qu'entre les courbes de Bézier et les polynômes de Bernstein, tu as largement de quoi moudre, et à un relativement bon niveau, d'autant plus que tu ne disposes que de dix minutes. Et tu as largement de quoi montrer ton travail de recherche et de compréhension.
Ne t'inquiète donc pas, et continue d'avancer !
Je ne doute pas, si tu tires ce sujet, que tu assureras une prestation de haut vol !
(Quel est ton autre sujet ?)

PS : Ce serait peut-être bien que tu mettes par écrit ce que tu as compris des polynômes de Bernstein, car écrire une explication est toujours profitable pour sa propre compréhension.

#314 Re : Entraide (collège-lycée) » Courbes de Bézier » 07-06-2024 10:43:08

on retrouve les composantes du polynôme de Bernstein $B_1^2$

qu'il faut comprendre comme celles du développement de $\bigg [ (1 - t) + t \bigg ]^2$

ce qui explique que la somme des coefficients est égale à 1.

#315 Re : Entraide (collège-lycée) » Courbes de Bézier » 07-06-2024 07:58:35

Bonjour Komi,

Tu as très bien fait d'ouvrir une discussion spécifiquement dédiée aux courbes de Bézier, le principe étant que le contenu d'une discussion doit correspondre à son titre.

J'avais écrit dans mon précédent message (j'ai ajouté le soulignement).

Je pense que tu as de quoi compléter les connaissances que tu as déjà acquises.

Ta démarche de comprendre d'abord par toi-même est donc on ne peut plus louable !

Concernant les polynômes de Bernstein, j'avoue humblement que je les ai insuffisamment compris, si ce n'est que dans la représentation paramétrique de la courbe à partie de trois points, on retrouve les composantes du polynôme de Bernstein $B_1^2$.

Je ne me suis donc pas risqué sur ce terrain pour guider mon élève. (Je me suis contenté du cas classique que j'utilise en pratique avec mes logiciels de dessin, à savoir deux points fixes et un troisième point glissant servant à établir un premier jet de la courbe ; ensuite je l'affine en modifiant l'emplacement et la tangente des points de contrôle.)
En évoquant ces polynômes, tu élèves sensiblement (à mon sens) le débat, avec le risque que cela comporte si tu ne maîtrises pas parfaitement le sujet.


Par ailleurs, je ne me souviens plus comment vectoriellement expliquer que le point de départ d'un segment est affecté du coefficient $1 - t$, alors que le point d'arrivée est affecté du coefficient $t$.
(Je me souviens que la démonstration est simple, mais ne sais plus la retrouver. Merci à qui voudra bien éclairer notre lanterne.)

#316 Re : Entraide (collège-lycée) » grand oral maths gps et cartographie localisation précise » 04-06-2024 06:16:52

Bonjour Tess,

J'ai lu ce livre, qui fait partie de la série très intéressante intitulée "Le monde est mathématique", que j'ai au complet (une quarantaine de volumes peu épais), et parue en 2012-2013.
(Cette série est maintenant éditée en deux ou trois gros tomes.)

Il explique bien les différentes projections, avec leurs avantages et inconvénients. Tu y apprendras sans doute plein de choses.
Mais, pour autant qu'il m'en souvienne, il traite peu la technologie GPS.


Pour ce qui est de ton plan, je ne peux pas juger a priori de sa pertinence, mais fais attention à ne pas "avoir les yeux plus gros que le ventre" : dix minutes à l'oral passent très vite, surtout si on est passionné par le sujet.

#317 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 04-06-2024 05:55:02

Bonjour Komi,

Oh que ta façon de te passionner est plaisante !!
Elle te permettra d'aller plus loin que ce que tu apprendras en cours.

A propos des courbes de Bézier, voici ce que j'écrivais dans la discussion initiée par nolann_lm20 (discussion fermée) et intitulée "Aide grand oral" :

Lien vers une vidéo expliquant bien le principe : https://www.youtube.com/watch?v=Hm-HO-HtVYo
Petit conseil : exerce-toi d'abord sur Inskape (logiciel de dessin gratuit pouvant très honorablement tenir la comparaison avec Adobe Illustrator) pour comprendre comment les courbes de Bézier sont implémentées ; puis passe sur Word pour voir comment elles y sont interprétées et quelles sont les différences les plus évidentes avec Inskape.

Le texte préparé pour le grand oral (malheureusement, mon élève a tiré l'autre sujet en physique ; elle désirait vraiment tirer le sujet sur les courbes) : https://www.cjoint.com/c/NEjh1DgG1RD

Un texte explicatif avec un joli tracé de courbe : https://www.cjoint.com/c/NEjim1ClCpD

Les courbes x(1 - x) — en vert — et x² — en bleu — entre 0 et 1 : https://www.cjoint.com/c/NEjihBBz6JD
Tu peux voir que l'influence de B augmente jusqu'à t = 1/2, puis diminue jusqu'à disparaître.
L'influence de C, nulle au début, augmente sans cesse.
A partir de t = 1/2, elle devient prédominante.

Pour illustrer le principe des courbes de Bézier, tu peux demander à ton auditoire d'imaginer le trajectoire que suivent quatre mouches (ou quatre fourmis, si tu préfères) Adèle, Berthe, Charlotte, Dorothée placées initialement aux quatre sommets d'un carré : Adèle se dirige "en diagonale" vers Berthe, Berthe se dirige "en diagonale" vers Charlotte, Charlotte se dirige "en diagonale" vers Dorothée, et Dorothée se dirige se dirige "en diagonale" vers Adèle...  :-)

Je pense que tu as de quoi compléter les connaissances que tu as déjà acquises.
(J'imagine que tu es bien au-dessus de la solution de facilité consistant à pomper simplement le texte de présentation...  :-)

Comme tu pourras le voir, le courbe expliquant le principe est assez facile à préparer lors de la vingtaine de minutes qui te seront octroyées pour préparer ton exposé.

#318 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 02-06-2024 21:57:27

Bonsoir, ou bonjour, Komi,

Merci de ton merci !
Je comprends tout à fait et n'en suis nullement offusqué.

Peut-être l'as-tu lu, j'avais conseillé l'année dernière à une élève de traiter les courbes de Bézier et l'avait accompagnée pour ce sujet.
Elle l'a beaucoup apprécié, d'autant plus qu'elle se destinait à des études nécessitant de dessiner sur ordinateur.
Malheureusement, elle n'a pas tiré ce sujet.

Comme une de mes élèves (brillante) a choisi le sujet sur les intégrales, avec la question que je préconisais, le fait d'avoir mis par écrit mes explications orales me permettra de mieux l'accompagner.

Bonne suite !
(J'ai apprécié ton désir de bien comprendre.)

#319 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 27-05-2024 20:13:39

raison pour laquelle « solidité des connaissances » est bien le premier critère de la liste, suivi peu ou prou par « relier les savoirs ».

Hé bien, disons alors que je me suis efforcé de consolider les connaissances et de relier les savoirs, consolidation, je te rappelle, à laquelle tu as toi-même participé en aidant Komi à mieux comprendre ce que j'avais écrit.

#320 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 27-05-2024 15:51:58

Je ne pense pas avoir rédigé la présentation, et avoir fourni un sujet tout cuit, prêt à emballer, qui ne nécessite pratiquement aucun effort de la part de l'élève.

Au contraire, les élèves qui voudront traiter ce sujet devront sans doute fournir un important travail de synthèse pour rédiger et préparer leur présentation !

#321 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 27-05-2024 15:40:30

Bonjour Doc,

Je persiste et signe : l'objectif du Grand Oral n'est pas de tester des connaissances acquises par un moyen ou un autre, mais de tester la capacité à exposer oralement un sujet et à l'argumenter devant un auditoire somme toute réduit (un prof de la spécialité, et un prof d'une autre spécialité) !

Donc, à mon sens, peu importe comment le candidat s'est approprié son sujet, et sur quel site il l'a éventuellement pompé, ce qui importe c'est sa façon de l'exposer et de l'argumenter, clairement, et avec assurance.
(Les questions des deux profs ont davantage pour but de vérifier si l'élève perd ou non ses moyens à la moindre question qu'elle ou il n'avait pas prévue. Pas de lui chercher des poux dans la tête sur le contenu technique du sujet.)

Or, mieux un(e) candidat(e) comprend son sujet, plus il sera à l'aise.
(Les questions de Komi vont ce sens : elles montrent qu'il cherche à bien comprendre le fond du sujet.)

Je pense avoir écrit un cours — d'ailleurs beaucoup trop gros pour être utilisé comme tel à l'oral — qui permet de bien comprendre le sujet.
Je ne pense pas avoir rédigé la présentation, et avoir fourni un sujet tout cuit, prêt à emballer, qui ne nécessite pratiquement aucun effort de la part de l'élève.
(Je m'implique beaucoup plus dans le sujet de maths de mes élèves : on le travaille et retravaille ensemble jusqu'à ce que l'élève ait le sentiment de le maîtriser, du moins dans un contexte calme et non stressant. Malheureusement, mes élèves ont jusqu'ici manqué de chance : il tiraient l'autre sujet.)

Donc, de grâce, de grâce, ne vous focalisez pas sur le contenu technique du sujet !!
Je maintiens : c'est la bonne compréhension et la bonne maîtrise du sujet, obligatoirement acquises par le travail préparatoire, qui feront que l'élève se sentira à l'aise.

Maintenant, si certains veulent prendre le risque d'utiliser le sujet sans l'avoir compris, et sans même l'avoir préparé, c'est leur choix. Ils ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes s'ils subissent une catastrophe.

#322 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 27-05-2024 13:08:19

Bonjour Eust_4che,

Je reprends ce qui est écrit sur le site education.gouv.fr (j'ai mis en gras et souligné) :

L’épreuve du Grand oral nécessite pendant l’année, de définir deux questions adossées sur les deux enseignements de spécialité, et de préparer une réponse argumentée à ces deux questions.

Dans la voie générale, les questions portent sur les enseignements de spécialité suivis en terminale.
Dans la voie technologique, elles s’adossent à l’enseignement de spécialité dans lequel une étude approfondie ou un projet, a été mené.

[...]

Le Grand oral vous forme à prendre la parole en public de façon claire et convaincante. Cette épreuve permet aussi d’utiliser vos connaissances (celles qui sont liées à vos spécialités) pour créer une argumentation et montrer en quoi elles sont essentielles pour votre projet de poursuite d'études et même votre projet professionnel.

Comment interpréter "adossées sur les enseignements de spécialité" ?
La définition que donne le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (cnrtl.fr), que je consulte souvent, est « S'appuyer sur quelque chose, pour s'en servir comme d'un appui ».
Donc, dans cette acception "adossées sur les enseignements de spécialité" signifie "devant s'appuyer sur les enseignements de spécialité".

Il me semble que ce soit bien notre cas, non ?
Je ne propose pas un sujet qui d'emblée sort complètement du cadre de l'enseignement de spécialité ; je propose un sujet qui prolonge ce qui a été vu dans le cadre du programme.
Il n'est absolument pas indiqué que le sujet traité doit impérativement se situer strictement dans le programme de Terminale.

Par ailleurs, le Grand Oral n'est pas une épreuve de spécialité bis, la première étant écrite, la seconde étant orale.
(On n'est pas dans le cadre d'un Grand Oral du concours d'entrée à une certaine Grande Ecole !!)
Il s'agit de tester les capacités de l'élève à exposer oralement un sujet, et à l'argumenter.

Pour ce qui est de "simplement faux (en tout cas imprécis)", la nuance que tu évoques dépasse, en toute honnêteté, mon propre niveau actuel.

J'ai posé la question « Le résultat d'une intégrale double peut-il dépendre de l'ordre d'intégration ? » à ChatGPT.
Réponse :

Le résultat final d'une intégrale double ou triple ne dépend pas de l'ordre d'intégration, à condition que certaines conditions de régularité soient respectées. Ces conditions incluent principalement la continuité de la fonction et le fait que la région d'intégration soit correctement définie. Ce principe est basé sur le théorème de Fubini pour les intégrales multiples, qui stipule que si $f(x,y)$ est continue sur une région $D$ de $\mathbb{R}^2$ alors $|displaystyle \int \int_D f(x,y)dxdy = \int \int_D f(x,y)dydx$.

Cependant, il existe des situations où l'ordre d'intégration peut affecter le calcul :

1. Fonctions Discontinues ou Non Intégrables :
Si la fonction est discontinuité ou non intégrable sur la région d'intégration, le changement de l'ordre peut conduire à des résultats différents ou même à des intégrales divergentes.

2. Régions d'Intégration Complexes :
Pour des régions d'intégration plus complexes, les limites peuvent changer en fonction de l'ordre d'intégration, ce qui peut rendre le calcul plus ou moins facile, mais le résultat final restera le même tant que la fonction et les limites d'intégration sont correctement manipulées.

[Suit un exemple où l'ordre d'intégration peut être délicat à gérer.]

Je crois que ta rectification est celle d'un spécialiste de haut niveau.
Komi, et d'autres élèves qui auront opté pour ce sujet — j'en connais notamment une —, pourront toutefois avoir en réserve la réponse « Pour faire simple, l'ordre d'intégration ne modifie pas le résultat. Cependant, on m'a dit qu'il existe des situations où l'ordre d'intégration peut affecter le calcul. Mais ces situations dépassent mon niveau actuel d'élève de Terminale. »
Ce n'est pas pour autant que le sujet doit être jeté aux orties. L'élève précise simplement qu'il ou elle sait que l'affirmation initiale doit être nuancée, mais qu'elle ou lui n'a pas encore le niveau pour expliciter cette nuance.

qu'un enseignant percevant que l'élève a été aidé [...]

En quoi c'est rédhibitoire de se faire aider ??
Il est probable qu'une proportion importante des élèves, si ce n'est la grande majorité, se fait aider pour ce Grand Oral.

[...] lui demande de justifier l'interversion des intégrales, et demande davantage de détails.

Ce serait à mon sens une méchanceté gratuite de la part du prof, qui s'arrogerait un pouvoir que le cadre de l'examen ne lui confère pas.
(Je n'ai pas eu de retour de la part de mes élèves concernant un prof de la spécialité vicieux qui cherche à tout prix à piéger l'élève sur des points de détail.
J'insiste, l'objectif du Grand Oral n'est pas de s'assurer de la parfaite maîtrise du programme — c'est l'objet de l'épreuve écrite —, mais de tester les capacités de l'élève à présenter et à argumenter oralement le sujet qu'il aura choisi.)

Bonne seconde partie de journée.
Bien cordialement,
B.

#323 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 27-05-2024 06:17:51

[ suite 8, et fin ]

Bonjour Komi, bonjour à ceux qui suivent cette discussion,

Je conçois que cela te fût difficile d'assimiler mon feuilleton, surtout en une journée.  :-)
Reviens autant qu'il t'est (qu'il vous ?) est nécessaire. Si je ne suis pas en mesure de te répondre dans l'immédiat du fait de mon séjour de vacances, un de nos membres, par exemple DrStone, te répondra très sûrement.
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Pour résumer, une grandeur peut être calculée par intégration s'il est possible de définir un élément pouvant être infiniment sommé.

Cet élément doit être composé d'une fonction, à une, deux, ou trois variables, multipliée par le produit des variations infinitésimales de ces variables, l'ordre d'intégration — de l'intérieur vers l'extérieur — étant celui du produit.

De plus, lorsqu'on intègre la fonction par rapport à une de ses variables, les autres variables sont considérées comme constantes.

Par exemple, l'intégrale $\displaystyle \int_{\alpha}^{\beta} \int_{\delta}^{\gamma} f(u,v)dudv$ doit être calculée en intégrant d'abord $f(u,v)$ entre $\delta$ et $\gamma$ par rapport à la variable $u$, ce qui produit une fonction $g$ en $v$, puis en intégrant la fonction $g(v)$ obtenue entre $\alpha$ et $\beta$ par rapport à $v$.

Alors que l'intégrale $\displaystyle \int_{\delta}^{\gamma} \int_{\alpha}^{\beta} f(u,v)dvdu$ doit être calculée en intégrant d'abord $f(u,v)$ entre $\alpha$ et $\beta$ par rapport à $v$, ce qui produit une fonction $h$ en $u$, puis en intégrant la fonction $h(u)$ obtenue entre $\delta$ et $\gamma$.

Bien évidemment, le résultat est le même quel que soit l'ordre d'intégration. (Par exemple, le volume d'un parallélépipède reste le même que l'on calcule $L \times H \times P$, ou $H \times P \times L$.)


Pour ce qui est des exemples, le calcul d'une aire ou d'un volume simples, comme par exemple l'aire d'un disque ou le volume d'une sphère, peut être traité rapidement.
Par contre, le calcul de la distance parcourue par un skateboarder sur une piste parabolique est bien plus riche, et fait bien mieux percevoir, à mon sens, ce que le raisonnement par intégrale peut apporter.


Vous pouvez maintenant comprendre pourquoi je suis si dubitatif face aux avis de certains profs sur la difficulté de tenir 10 minutes avec ce sujet.
Je crois au contraire qu'il faudra bien faire attention à tenir dans ces dix minutes, et donc bien préparer son exposé, car il y a de quoi dire !


Pour terminer, je dirais que l'ensemble formé par le calcul intégral et les équations différentielles — qu'on appelle justement "calcul différentiel et intégral" — représente sans doute le fondement d'une (très) grande partie de notre évolution technique et scientifique depuis le troisième quart du XVIIème siècle, lorsque Newton et Leibniz ont élaboré, chacun de son côté, la notion de dérivée.


Bon courage dans ta (votre ?) préparation !
J'espère que je vous aurai donné envie de poser la question « L'intégrale permet-elle d'aller au-delà du calcul de l'aire sous une courbe ? »

Bonne journée, et bon début de semaine.
Bien cordialement,
Borassus

Конец (konets, fin)

#324 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 26-05-2024 10:02:18

[ suite 7 ]

Etudions maintenant le volume d'un corps de révolution.

Imaginons un vase obtenu en faisant tourner autour d'un axe vertical la courbe $x = f(y)$, $y$ allant de $\alpha$ à $\beta$.

Oui, vous avez bien lu : la variable est ici $y$ et le résultat du calcul est reporté sur l'axe $0x$.
Par exemple, voici les courbes de la fonction carré $x = y^2$ et de la fonction cosinus $x = \cos y$ vues de façon quelque peu inhabituelle :
n9ns.png


Pour calculer le volume du vase, on va sommer des tranches circulaires de rayon $| f(y) |$ et d'épaisseur $dy$ :
en3e.png

Le volume d'une tranche est donc égal à $\pi f^2(y) dy$,
et le volume du vase est égal à

$V = \displaystyle \int_{\alpha}^{\beta} \pi f^2(y) dy$

Là aussi, on va un peu au-delà de la sempiternelle aire sous une courbe...


Prodolgénié sliédouiet

#325 Re : Entraide (collège-lycée) » Grand oral de maths sur les intégrales » 26-05-2024 08:10:02

[ suite 6 ]

Bonjour à tous, et notamment à Komi et Dr Stone,

Petites remarques avant de continuer sur notre sujet principal :

Oups !
$7 − 9 = 2$ !!
Pas mal, comme étourderie !!

Plus qu'une étourderie, il s'agit bien d'un bug. Je sais que lorsque je produis ce genre de bug (en particulier avec une ou un élève), je dois impérativement partir me reposer quelque part.

DrStone a écrit :

Le plus étonnant finalement, c’est que personne ne l’ait relevé en plus d’une journée.

Alors qu'elle était parfaitement visible, comme une verrue sur le nez :

$= (7 - 9) - \left ( - \dfrac {14}{3} + \dfrac 8 3 \right ) \quad = \quad 2 + \dfrac 6 3 \quad = \quad 4$


Que signifie le fait que l'intégrale calculée soit égale à 0 ?

Comme une aire sous une courbe, un volume sous une surface est signé, et peut donc être positif ou négatif. L'intégrale égale à 0 signifie que le volume au-dessus du plan $(Ox , Oy)$ et le volume au-dessous de ce plan se compensent parfaitement, comme c'est le cas, par exemple, pour l'intégrale de $\cos x$ ou $\sin x$ sur une période : l'aire positive sous la courbe est exactement compensée par l'aire négative.

Pour terminer cette note préliminaire, en voyant les questions de Komi, auxquelles a si bien répondu DrStone, que je remercie de nouveau, je me suis rendu compte que j'ai agi "par excès d'évidence" : cela me semblait "évident" que la logique de calcul était immédiatement compréhensible, alors qu'une petite voix me disait de détailler les calculs...

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Revenons maintenant au sujet qui nous préoccupe, à savoir « L'intégrale simple permet-elle d'aller au-delà de l'aire sous une courbe ? »

Voici, pour commencer, le calcul de la longueur d'un arc de la courbe définie par $y = f(x)$.

Le principe, simple, consiste à considérer que la longueur entre deux points infiniment proches de la courbe peut être assimilée à un segment.
La longueur de l'arc de courbe est donc égale à la somme infinie de tous ces segments. (Dans le raisonnement intégral, il faut toujours sommer l'élément générateur. Tout réside dans le bon choix de cet élément.)

Or la longueur $l$ d'un segment élémentaire est égale à $\sqrt {(\Delta x)^2 + (\Delta y)^2}$ (théorème de Pythagore), où $\Delta x$ et $\Delta y$ désignent les variations de l'abscisse et de l'ordonnée.

Comme il s'agit de variations infiniment petites, on peut remplacer $\Delta$ par $d$.
La longueur d'un segment élémentaire devient maintenant $l = \sqrt {(dx)^2 + (dy)^2}$.
En mettant $(dx)^2$ en facteur,   $l = \sqrt {1 + \left( \dfrac {dy}{dx} \right)^2} dx$

Or, comme $y = f(x)$,   $\dfrac {dy}{dx} = \dfrac {df}{dx} = f'(x)$.
La longueur d'un segment élémentaire est égale à $\sqrt {1 + \bigg[ f'(x) \bigg]^2} dx$.

D'où la longueur $L$ d'un arc de courbe entre les abscisses $\alpha$ et $\beta$ :

$\displaystyle L = \int_{\alpha}^{\beta} \sqrt {1 + \bigg[ f'(x) \bigg]^2} dx $


Prenons un exemple concret :
Soit une piste de skate board modélisée entre le plateau de départ et le plateau d'arrivée par $y = 0,1x^2$, avec $x$ compris entre $-8$ et $7$, les unités étant exprimées en mètres.
Quelle est la distance parcourue par un skate boarder allant du plateau de départ au plateau d'arrivée ?
Elle est égale à $\displaystyle \int_{-8}^{7} \sqrt {1 +  0,04x^2} dx$.
A la calculatrice, on obtient $D = 19,5$ mètres.


Vous voyez qu'on est assez loin du calcul de l'aire sous une courbe !


Prodolgénié sliédouiet

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