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#276 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 17-08-2024 12:13:09

Bonjour à tous,

Ah oui ! Le programme !!

Pourquoi alors le programme, dans son infinie et insondable sagesse, accorde-t-il une telle importance à cette limite qui, à mon sens, devrait être anecdotique et simplement entrer dans le récit historique des notions d'exponentielle et de logarithme  ?
En quoi l'obtention de $e$ par cette limite (ou par le développement en série d'ailleurs) permet-elle aux élèves d'améliorer leur compréhension de fond de ces notions ?

L'avantage du développement en série est que, à la fois, il fournit la valeur de $e$ et explique pourquoi la dérivée de l'exponentielle de base $e$ est elle-même. Ensuite on peut démontrer qu'elle est bien la seule fonction (et pas seulement la seule fonction exponentielle) à avoir cette particularité.

Soit. Il y a au moins un manuel qui dans un TD fait référence au développement en série.
Mais par ce que je vois concrètement, et quotidiennement, auprès de mes élèves, le TD sont plutôt perçus comme un pensum, et je n'ai pas l'impression qu'ils en tirent une réelle compréhension. Le mode descriptif (récitatif ?) serait, toujours à mon sens, bien plus opérant.


A propos d'élèves, mon "contradicteur préféré" fait en permanence référence à des lycéens que, en douze ans de métier — je dois intuitivement totaliser une dizaine de milliers d'heures de cours — je n'ai jamais rencontrés, même parmi les élèves de lycées privés prestigieux.

Mon moteur quotidien est de faire comprendre à mes élèves, tels qu'ils sont, la logique et le sens des notions qu'ils voient en classe.
Et pour cela je dois moi-même m'extraire des "maths apprises" et élaborer, par essais et améliorations successifs, ma propre démarche pédagogique, celle qui me convient, et, surtout, celle qui convient à mes élèves. ( « C'est fou ! Je comprends plus en une heure et demie avec vous qu'en deux semaines avec le prof ! » ; « C'est beaucoup plus simple expliqué comme cela ! » ; etc.)


Pour ce qui est des articles cités, en toute humilité « ne volant pas bien haut », je n'acquiers des connaissances mathématiques supplémentaires que dans la mesure où elles me permettent de consolider ma propre compréhension, et, surtout, de transmettre cette consolidation à mes élèves.
Les explications de la démarche d'Euler que j'ai trouvées dans l'ouvrage en deux tomes «Mathématiques à travers les siècles » de Michel Garcia (éditions Calvage & Mounet) me suffisent amplement.


PS : Il serait bon que les attaques ad hominem n'aient pas leur place dans ce forum (ni dans aucun, d'ailleurs)...

#277 Re : Entraide (collège-lycée) » Passage en première spé maths » 16-08-2024 20:16:57

Bonsoir,

Voici quelques façons (non exhaustives) de traduire en égalités vectorielles les informations donnés dans un exercice :

  • Milieu d'un segment
    I milieu de [AB] se traduit par
    $\vec {AI} = \vec {IB}$
    $\vec {AI} = \dfrac 1 2 \vec {AB}$,   d'où $\vec {AB} = 2 \vec {AI}$    idem pour $\vec {IB}$
    $\vec {IA} + \vec {IB} = \vec 0$    (égalité très souvent utilisée)

  • Point divisant un segment en deux parties inégales
    $\vec {AK} = \dfrac 2 3 \vec {AB}$  se traduit par :
    $\vec {AB} = \dfrac 3 2 \vec {AK}$
    $\vec {KB} = \dfrac 1 3 \vec {AB}$   d'où $\vec {AB} = 3 \vec {KB}$
    relation reliant les deux parties entre elles très souvent oubliée dans le travail préparatoire. Or c'est précisément cette relation qui permet souvent de résoudre l'exercice !  :  $\vec{AK} = 2 \vec {KB}$   d'où $\vec {KB} = \dfrac 1 2 \vec {AK}$

  • Même type de raisonnement avec un point à l'extérieur du segment
    Par exemple $\vec {AK} = \dfrac 5 3 \vec {AB}$

  • Milieu d'un côté d'un triangle
    Si dans le triangle ABC I est le milieu de [BC]   $\vec {AB} + \vec {AC} = 2 \vec {AI}$
    relation très souvent utilisée

  • Vecteur joignant les milieux de deux côtés d'un triangle
    J milieu de [AB] et K milieu de [AC] se traduit par $\vec {JK} = \dfrac 1 2 \vec {BC}$

  • Centre de gravité d'un triangle
    Se souvenir qu'il se trouve à $\dfrac 2 3$ de n'importe quelle médiane (en partant du sommet dont elle est issue), et donc à $\dfrac 1 3$ de la base de celle-ci.


Important : Utiliser principalement les relations de Chasles qui mènent à des vecteurs établis lors de la phase préparatoire. (Le risque avec des relations de Chasles successives est de revenir au vecteur de départ, ce qui est très désagréable.)

Important aussi : Si on a l'impression de patiner, c'est probablement parce qu'on a oublié une égalité vectorielle dans le travail préparatoire.


Ce travail préparatoire peut paraître long. En fait, c'est un travail qui s'avère souvent très rentable car il permet de résoudre facilement des exos !

#278 Re : Entraide (collège-lycée) » Passage en première spé maths » 16-08-2024 14:47:50

Bonjour Jean-Louis,

Oups ! Il fallait bien sûr lire.

Demande-toi à quelle distance correspond le quotient $\dfrac {b^2}{4a}$ intervenant dans l'expression de $\beta$. (Il s'agit d'une valeur signée, son signe étant celui de $a$).

Merci !
Bien amicalement aussi.

#279 Re : Entraide (collège-lycée) » Passage en première spé maths » 16-08-2024 14:41:48

Erwin751 a écrit :

J'ai aussi l'impression de ne pas maîtriser certaines notions que j'ai appris cette année

Ce serait peut-être plus simple que tu nous dises quelles sont justement ces notions que tu as l'impression de ne pas maîtriser.

Si possible aussi je voudrais savoir quels chapitres de première je devrais réviser en avance selon vous.

Ayant l'habitude de faire à mes élèves une "visite guidée" de ce qu'ils verront en classe, j'ai embrayé, peut-être un peu vite, sur cette demande.
D'autant plus que j'ai eu quelques élèves de Seconde qui voyaient effectivement cette notion de forme canonique en cours.
(C'est pour cela que j'avais indiqué « Si ce n'est pas déjà fait, »)

Dis-moi si tu souhaites que je continue (un peu) sur le seconde degré.


DeGeer a raison, revois le calcul littéral (notamment les identités remarquables, dans les deux sens, et les factorisations) et les fonctions — bien comprendre qu'il s'agit d'une logique de calcul, peu importe comment est désignée la variable, $x$, $s$, $t$, voire $s^2$ ou $3t - 2$ —, notamment les notions d'image et d'antécédent.

Pour ce qui est des vecteurs, je compte écrire un texte sur la façon de traduire les éléments d'un énoncé en égalités vectorielles. Car c'est souvent dans ce travail préparatoire que réside la solution de l'exercice, ou de la question.

(Les exercices de géométrie vectorielle sont une excellente source de "patinage" énervant. Et rien n'est plus rageant, après toute une série de transformations, que de retomber sur $\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{AB}$. Surtout en contrôle !)

#280 Re : Entraide (collège-lycée) » Passage en première spé maths » 16-08-2024 12:12:45

Si ce n'est déjà fait, vous allez apprendre à établir ce qu'on appelle la forme canonique du polynôme : $P(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta$, avec $\alpha = - \dfrac b a$ et $\beta = c - \dfrac{b^2}{4a}$   (plutôt que $\beta = \dfrac {4ac - b^2}{4a}$).

La forme canonique est en quelque sorte une "fiche d'identité" permettant de spécifier tout polynôme du second degré à l'aide de trois paramètres, quelle que soit la forme sous laquelle il est initialement écrit, un peu comme un passeport : en effet, tous les passeports du monde sont formatés sur le même modèle.

La valeur $a$ correspond à l'orientation de la courbe (appelée "parabole") et à l'ouverture de la parabole : si $a$ est positif, l'intérieur de la courbe est orienté "vers le haut" (on dit que la courbe est convexe) ; si $a$ est négatif, l'intérieur de la courbe est orienté "vers le bas" (on dit que la courbe est concave) ; si $a$ est petit en valeur absolue, la parabole est plus ou moins largement ouverte ; si $a$ a une valeur absolue plus importante, la parabole est plus ou moins resserrée.

La valeur $\alpha = - \dfrac b a$ correspond à la valeur centrale du polynôme, et à l'abscisse de l'axe de symétrie de la courbe.

La valeur $\beta$ correspond à la valeur du minimum si $a$ est positif, et à la valeur du maximum si $a$ est négatif.
Graphiquement, cette valeur correspond à l'ordonnée du sommet de la courbe.

Demande-toi à quelle distance correspond le quotient $\dfrac {b^2}{4ac}$ intervenant dans l'expression de $\beta$. (Il s'agit d'une valeur signée, son signe étant celui de $a$).
Rappel : La courbe coupe obligatoirement l'axe des ordonnées au point $(0 \: ; \: c)$.

Dessine trois configurations avec $a > 0$ : la courbe est entièrement au-dessus de l'axe des abscisses ; la courbe tangente l'axe des abscises ; la courbe coupe l'axe des abscisses.
En utilisant l'expression de $\beta$, détermine l'inégalité ou l'égalité correspondant à ces trois configurations.

Même réflexion pour $a < 0$ : courbe entièrement sous l'axe des abscisses ; courbe tangentant l'axe des abscisses ; courbe coupant l'axe des abscisses. (Attention : n'oublie pas que dans ce cas $a$ est négatif...)


Quelle que soit la fonction $f$, la courbe $y = f(x -\alpha)$,  correspond à la courbe $y = f(x)$ décalée horizontalement de $\alpha$ : vers la droite si $\alpha$ est positif, vers la gauche si $\alpha$ est négatif.

De même, la courbe $y = f(x) + \beta$ correspond à la courbe $y = f(x)$ décalée verticalement de $\beta$ : vers le haut si $\beta$ est positif, vers le bas si $\beta$ est négatif.

Le tracé de n'importe quelle courbe $y = ax^2 + bx + c$ devient alors très simple lorsqu'on a établi la forme canonique : il suffit de tracer à partir de la nouvelle origine $(\alpha \: ; \: \beta)$ la courbe $y = ax^2$ en prenant les points « 1 à droite et 1 à gauche" » et « 2 à droite et 2 à gauche".
Je te propose par exemple de tracer la courbe correspondant à la forme canonique $2(x + 3)^2 -1$. (Prévois un peu d'espace vers le haut.)

La suite suit.

#281 Re : Entraide (collège-lycée) » Passage en première spé maths » 16-08-2024 10:47:54

Bonjour Erwin, bonjour à tous,

Pardon, je n'ai pas eu hier la possibilité de te répondre. Je vais essayer de te fournir le plus d'indications possibles, en toutefois un certain lot de messages pour faciliter l'écriture (pour moi) et la lecture (pour toi et pour vous).

Tout d'abord, bravo pour ton 15 de moyenne dans une matière où tu avais le plus de difficulté !

Premier sujet à travailler : le second degré $ax^2 + bx + c$, qui est un thème-clé en Première, en Terminale et au-delà. (Un grand nombre d'exercices incluent le second degré, directement ou indirectement, y compris en Prépa.)

Tout d'abord, savoir éviter deux erreurs classiques avec la fonction carré :

  • Ecrire sans précaution que si $a < b \Rightarrow a^2 < b^2$.
    C'est vrai si $a$ et $b$ sont tous deux positifs ;
    c'est faux si $a$ et $b$ sont tous deux négatifs  (exemple : $-3 < -2$, mais $(-3)^2 > (-2)^2$ ;
    et c'est faux si $a$ est négatif et $b$ positif, avec $|a| > |b|$ (exemple : $-5 < 3$ mais $(-5)^2 > 3^2$.

  • Ecrire que si la variable évolue entre $a$ négatif et $b$ positif, le résultat évolue entre $a^2$ et $b^2$.
    Exemple d'erreur : $x \in [-3 \: ; \: 4] \Rightarrow f(x) \in [9 \: ; \: 16]$.
    Le point traçant la courbe partant de $(-3 \: ; \:9)$ est obligé de passer par le minimum $(0 \: ; \: 0)$ avant de remonter au point $(4 \; ; \: 16)$
    Donc $f(x) \in [0 \: ; \: 16]$.

La suite suit.

#282 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 15-08-2024 20:32:53

Bonsoir à tous,

Toujours à propos de la fonction exponentielle de base $e$ :

Pourquoi tous les polycopiés de cours et tous les manuels présentent le nombre $e$ comme étant la limite de $\left ( 1 + \dfrac 1 n \right )^n$, qui tend extraordinairement lentement vers $e$, alors que le développement en série $1 + \dfrac 1 {1!} + \dfrac 1 {2!} + \ldots + \dfrac 1 {n!}$ (initié par Euler lui-même) tend très rapidement vers ce nombre ??!!

Avec le développement, la cinquième décimale est atteinte pour $n = 9$, alors que pour la définition habituelle, la première décimale est atteinte pour $n = 74$, la deuxième pour $n = 164$, la troisième pour... $n = 4822$ !!

Ah oui, c'est vrai : les développement en série ne sont pas au programme !
Ce n'est pourtant pas une notion difficile à comprendre, surtout pour le calcul d'une constante !


PS : Je devrais changer de pseudo : Borebelle !  :-)

#284 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 21:24:48

Bonsoir Yoshissime, bonsoir à tous,

Ô que voilà de beaux sujets de débats et de réflexion !
Merci !

Effectivement, je n'attribue pas au mot "dressage" le sens d'habilité progressivement acquise facilitant ensuite la progression.

Je lui attribue plutôt le sens de "maths fouettardes" que je vois malheureusement trop souvent sur les copies corrigées de mes élèves :
la qualité d'un raisonnement est jugée pas tant pour ses qualités intrinsèques, mais plutôt à l'aune de la capacité de l'élève à strictement respecter "la ligne du parti", le formalisme primant sur la tentative de réflexion personnelle.
Si ce formalisme n'est pas respecté, on perd des points ! D'où la nécessité de « faire l'âne pour avoir du son ».
Et d'où aussi la crainte de beaucoup d'élèves de ne pas faire « comme le prof demande ».

Je reprends ma réflexion sur le "bon sens", car elle rejoint, autrement, celle de Yoshi.

Les échanges précédents m'ont permis de comprendre que le bon sens appliqué aux maths relève des maths comprises par rapport aux maths apprises.


Les deux exemples que Rescassol et moi avons proposés concernent la même indétermination $\infty - \infty$.

Les maths apprises disent « Il y a une indétermination de type $\infty - \infty$. Il faut donc séance tenante procéder selon tel ou tel formalisme pour la lever. »
Et on lance la cavalerie du développement mathématique, sabre au clair ! Boudoum, boudoum, boudoum !

Les maths comprises disent pour le premier exemple « Du fait des valeurs exponentielles devenant très rapidement énormes par rapport à 1 (exemples concrets à l'appui), les deux termes deviennent très rapidement égaux ; donc la limite est à l'évidence nulle. »

Pour le deuxième exemple, les maths comprises disent « Du fait de l'évolution très lente de la fonction racine carrée, et du fait que les deux termes sont de même ordre de grandeur, on ne peut d'emblée prévoir la limite de la fonction. Un développement mathématique ad hoc est donc nécessaire. »

Plus généralement, face à cette indétermination $\infty - \infty$, les maths comprises discernent schématiquement trois cas :

  • le premier terme évolue, en valeur absolue, beaucoup plus rapidement que le second, auquel cas la fonction tend vers $+\infty$ ;

  • le second terme évolue, en valeur absolue, beaucoup plus rapidement que le premier, auquel cas la fonction tend vers $-\infty$ ;

  • les deux termes sont de même ordre de grandeur, auquel cas il s'agit d'une véritable indétermination qu'il faut lever mathématiquement.

(Il en est de même pour les autres indéterminations.)

Malheureusement, les élèves ont l'impression de se tirer une balle dans le pied, car leur raisonnement de maths comprises ne correspond pas à ce que les maths apprises exigent d'eux.

Je conseille donc de jouer sur les deux tableaux :
Commencer par le raisonnement de maths comprises, et faire la jonction avec les maths apprises par une phrase de type « Cette logique est bien évidemment confirmée par le calcul : »
S'ensuit la démarche mathématique attendue.
Le procédé est alors difficilement attaquable !

Yoshi a écrit :

Sinon, on donne à penser que les maths sont un empilement de recettes de cuisine.

C'est effectivement l'impression qu'ont beaucoup d'élèves.
(J'avais dans un de mes messages cité un élève de Terminale très déplaisant qui ne voulait que connaître les recettes de résolution des exercices donnés au Bac. La compréhension de fond ne l'intéressait absolument pas.)

Tout exercice corrigé, lorsque c'est possible doit être présenté comme une piste et les raisons de ce choix explicités. Si d'autres solutions possibles existent, ne pas omettre de les donner, ce sera formateur.
J'ai toujours détesté les corrigés en fin de manuels...

Nous nous rejoignons aussi sur ces points, cher Yoshi :

A quelques rares exceptions près, je déteste moi aussi les corrigés d'exercices, qu'ils soient en fin de manuel, qu'ils fassent l'objet de recueils — j'en ai toute une bibliothèque —, ou qu'ils soient rédigés par les profs.
(Pour ces derniers, j'utilise souvent l'expression « partie de bonneteau » : « regardez ! hop, hop, hop ! Vous n'avez rien compris ? Tant pis pour vous, bandes de nazes ! »
Je vois rarement des corrigés véritablement pédagogiques, qui expliquent la logique des choses.)

D'abord, parce que le plus souvent ils ne présentent, effectivement, qu'une seule approche de résolution.

Ensuite, parce que les résolutions sont le plus souvent fastidieuses, indigestes, sans le souhait de montrer des solutions élégantes qui font dire avec plaisir et émerveillement « Oh ! Jo-li !! »

Enfin, parce qu'ils n'incitent le plus souvent pas à aller au-delà de l'exercice, à essayer de généraliser les concepts qui y sont développés.
A la fin de l'exercice, les élèves peuvent dire « Oui. Et ??? », avec le sentiment de n'avoir en réalité pratiquement rien appris (ou plutôt, de n'avoir pratiquement rien fondamentalement compris).

Bonne fin de soirée.
Bien cordialement,
B.

#285 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 15:04:55

Bonjour Yoshissime !

Oups ! Pardon !
J'ai tracé la courbe sur mon écran 1920 x 1200 et n'ai pas pensé à la charger d'abord dans mon logiciel de traitement d'images afin de la redimensionner, ce que je fais d'habitude.  :-)

Comment faire pour supprimer ce fichier de cjoint ?

#287 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 13:08:20

J'ai représenté (voir plus bas le message #42 de Yoshi) les trois courbes : le premier terme g(x) en bleu, le second terme h(x) en vert, la somme des deux f(x) en rouge.

En voit que pour $x =20$, $g(x) \approx +5$ alors que $h(x) \approx - 4$


PS : Comment on fait déjà pour placer la figure directement dans le message ?

#288 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 12:09:11

Nos deux exemples opposés permettent, semble-t-il, de mieux cerner la notion de "bon sens" appliquée aux maths :

Dans le premier cas, le bon sens consiste à dire que les valeurs exponentielles sont tellement énormes par rapport à $1$ qu'il n'est pas nécessaire de procéder au raisonnement mathématique rigoureux (qui peut être considéré comme étant "à côté de la plaque").

Dans le second cas, le bon sens consiste au contraire à dire qu'il n'est pas possible d'appliquer un raisonnement intuitif, et que donc seul le raisonnement mathématique rigoureux permet d'aboutir à un raisonnement fiable.

#289 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 11:45:54

Rescassol a écrit :

Je n'ai pas de méthode de "bon sens" en l'occurrence.

Justement, le bon sens consiste à dire ici que, du fait de la faible croissance de la fonction racine carrée, les valeurs deviennent à un moment trop proches pour qu'il soit possible de dégager un raisonnement fiable à propos de la différence de deux racines carrées similaires.

#290 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 11:41:15

Rescassol a écrit :

On peut observer la courbe sur la calcultarice, mais ça ne démontre rien.
[...]
Développer l'intuition des élèves, pourquoi pas, mais il faut aussi qu'ils fassent la différence entre "il me semble bien que" et "j'ai démontré que".

Tout à fait !

Il serait notamment BEAUCOUP plus intéressant, et BEAUCOUP plus formateur, de non pas demander d'étudier les variations d'une fonction, mais de DÉMONTRER, et de quantifier, les caractéristiques observées sur la courbe : périodicité éventuelle, limites, asymptotes (horizontales, verticales, obliques), maxima, points d'inflexion, points d'intersection avec l'axe des abscisses ou avec l'axe des ordonnées...

Cela permettrait de développer le sens d'observation et de répondre à des « Pourquoi ? », notamment quand on observe une bizarrerie.

Et cela vaut dans tous les domaines.
Par exemple, on peut observer une bizarrerie sociologique, médicale, physique... et s'évertuer à COMPRENDRE les raisons de cette bizarrerie.

Je rappelle à cette occasion deux des trois maximes que je place en signature :
« A condition qu'elle soit gênante, l'incompréhension est la clé de la compréhension. »
« « Pourquoi ? » est sans doute le principal moteur de la connaissance. »

#291 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 11:00:12

$\sqrt x \sqrt {1 + \dfrac {1}{\sqrt x}} - \sqrt x \sqrt {1 - \dfrac {1}{\sqrt x}}$     (Où est dans cette réécriture l'erreur de raisonnement ??)

Je crois que le message à transmettre est qu'il faut se méfier comme de la peste des différences de racines carrées car, du fait de la faible croissance de la fonction racine carrée, les valeurs deviennent à un moment trop proches pour qu'il soit possible de dégager un raisonnement fiable.

Donc toujours penser à multiplier "en haut et en bas" par l'expression conjuguée (à défaut d'utiliser les DL).

#292 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 10:34:17

Bonjour Rescassol, bonjour à tous,

Oh que cette fonction et cette limite sont mignonnes !
D'abord juste le point $(0 \:;0)$, puis, à partir de $1$, une partie strictement décroissante de $\sqrt 2$ à la limite $1$.
Je la retiens et la proposerai en exercice. Merci !

Si on ne prend pas le soin de préalablement voir l'allure de la courbe sur sa calculatrice — Important à l'intention de amis lycéens : avant de vous lancer dans des développements mathématiques, ayez systématiquement le réflexe de vérifier d'abord l'allure de la courbe !! cela vous permettra de vous assurer que vos résultats sont bien en accord avec celle-ci —, elle est en effet piégeante.

En effet, le réflexe intuitif "à la louche" cité par Rescassol mène à une contradiction par rapport à l'observation.
Il en est de même si on réécrit l'expression sous la forme
     $\sqrt x \sqrt {1 + \dfrac {1}{\sqrt x}} - \sqrt x \sqrt {1 - \dfrac {1}{\sqrt x}}$     (Où est dans cette réécriture l'erreur de raisonnement ??)

Bernard a raison : il vaut mieux, par rapport à des lycéens — les développements limités ne sont malheureusement pas au programme de Terminale —, utiliser l'expression conjuguée.
On aboutit alors à l'expression
     [tex]\dfrac {2 \sqrt x}{\sqrt x \sqrt {1 + \dfrac {1}{\sqrt x}} + \sqrt x \sqrt {1 - \dfrac {1}{\sqrt x}}} [/tex]
qui tend vers $\dfrac {2 \sqrt x}{2 \sqrt x}$ , c'est-à-dire vers $1$.


Maintenant, cher Rescassol, ne me fais pas dire ce que je ne dis pas !!

Quand dans mon exemple je me réfère au bon sens, c'est parce que la calculatrice m'autorise à faire appel à lui : $1$ vs $485$ millions ; $1$ vs $10 \: 686$ milliards, etc.

Je ne dis absolument pas qu'il faut uniquement se fier à son intuition (ou au raisonnement hâtif "à la louche"), qui effectivement peut être trompeuse, et rejeter le raisonnement rigoureux !!

#293 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 13-08-2024 00:05:18

Bonjour (ou bonsoir) Vam, bonjour (ou bonsoir) à tous,

Concernant tout d'abord les dessins — j'ai compris les courbes, c'est cela ? —, l'allure de la courbe $y = e^x$ donne un aperçu très faible de l'évolution de la fonction car elle est en pratique limitée à l'intervalle $[-5 ; 3]$ : en dessous de $-5$, la courbe est définitivement confondue avec l'axe des abscisses, et il faut zoomer vraiment très fort sur GeoGebra pour la voir commencer à décoller un tout petit peu de l'axe ; au-delà de 3, la courbe n'est simplement plus traçable sur une feuille, comme le montrent les exemples ci-dessous.

$e^3 \approx 20$. Il faut donc disposer vers le haut de $20 \times 0,8 = 16$ cm sur une feuille Seyès, et de $20 \times 0,5 = 10$ cm sur une feuille à petits carreaux. Cela va encore.

$e^5 \approx 150$. Il faut donc disposer vers le haut de $150 \times 0,8 = 120$ cm, soit 1,20 m, sur une feuille Seyès, et de $150 \times 0,5 = 75$ cm sur une feuille à petits carreaux. Difficiles à trouver chez son papetier habituel.

Pour $e^{10}$, il faut disposer vers le haut de 176 m sur une feuille Seyès...


Pour ce qui est des notations, ce ne sont pas "mes" notations. Par ailleurs, il semble que chaque notation ait été initiée par une personne, et validée ensuite par la communauté des mathématiciens. Je propose pour ceux qui le souhaitent, une réflexion collective, que j'initie par mes premières esquisses, pouvant éventuellement aboutir à une "notation Bibmath". Ce serait chouette, non ?


Qu'on explique, sur la base d'exemples calculatoires concrets, que les notations habituelles ne traduisent pas du tout les évolutions réelles des fonctions $e^x$, $\frac {e^x}{x}$, $xe^x$ etc., et qu'il faut les accepter comme des "notations établies", pour reprendre l'expression de Bernard, soit.

Mais là où je me me braque fortement, c'est qu'on IMPOSE, au nom de la sacro-sainte "rigueur", le raisonnement par les limites comme seul raisonnement autorisé.

Je reprends un exemple que j'ai cité dans l'un mes (nombreux) messages.
Il s'agit dans un exercice de calculer la limite, quand $x$ tend vers plus l'infini, de $\sqrt {e^{2x} + 1} - \sqrt {e^{2x} - 1}$

Le plus élémentaire bon sens permet d'écrire que $1$ devient très rapidement inexistant devant $e^{2x}$.
Par exemple, pour $x=10$, $e^{2x} \approx 485$ MILLIONS !! Et pour $x = 15$, $e^{2x} \approx 10 \: 686$ MILLIARDS !!
Donc, très rapidement, la fonction devient égale à $\sqrt {e^{2x}} - \sqrt {e^{2x}} = e^{x} - e^{x} = 0$

Mais, le bon sens n'est pas mathématique, n'est pas rigoureux !
Comparer $1$ à $485$ millions n'est pas mathématique !

Il faut, par exemple, mettre $e^{2x}$ en facteur de façon à réécrire la fonction sous la forme   $e^x \sqrt {\left ( 1 + \dfrac {1}{e^{2x}} \right )} - e^x \sqrt {\left ( 1 - \dfrac {1}{e^{2x}} \right )}$
et écrire que $\lim \limits_{x \to +\infty} \dfrac {1}{e^{2x}} = 0$, etc.


Cette pseudo-rigueur entérine auprès des élèves l'idée que les maths est une matière vis-à-vis de laquelle « il faut faire l'âne pour avoir du son » — j'apprends l'expression à mes élèves —, et les enferme encore plus dans les maths apprises — Yoshi a plusieurs fois évoqué le mot très juste de "dressage" — en les éloignant des maths comprises.

Bonne et belle journée.

#294 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 12-08-2024 14:39:05

J'essaie de placer $x>0 \nearrow$ sous $e^x \uparrow ^{+\infty}$ à l'aide de "substaque" mais le système me répond "No spam please" (d'où l'écriture bizarre).

#295 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 12-08-2024 13:52:08

La croissance très rapide de $e^x$ quand x croît en étant positif pourrait s'écrire quelque chose comme $x >0  \nearrow \: \Rightarrow e^x \uparrow +\infty$.

Une variante, semble-t-il plus parlante, serait de placer $+ \infty$ en exposant : $x >0  \nearrow \: \Rightarrow e^x \uparrow ^{+\infty}$


Ajouté Oups ! J'ai par erreur effacé le début du message. De mémoire :

Oui, j'essaie précisément d'élaborer une écriture symbolique alternative qui puisse traduire les évolutions des fonctions concernées, et qui utilise des symboles LaTeX existants.

Je compte notamment utiliser les flèches $\uparrow$ (\uparrow) et $\downarrow$ (\downarrow) pour désigner respectivement une croissance très rapide et une décroissance très rapide.
Par exemple $\uparrow +\infty$ pourrait signifier croissance très rapide vers plus infini, et $\downarrow 0^{+}$ pourrait signifie décroissance très rapide vers $0^{+}$.

Les flèches $\nearrow$ (\nearrow) et $\searrow$ (\searrow) pourraient signifier respectivement croissance "simple" et décroissance "simple".

Mais ce sont que des premiers balbutiements.
Toute idée d'amélioration sera la bienvenue !

#296 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 12-08-2024 09:36:53

Pour l'instant, toute mon attention est accaparée par la réalisation d'un tableau très technique en html, css et JavaScript.

Je suis grandement aidé dans mon travail par ChatGPT, qui me fournit de précieuses indications.
Il me faut cependant rédiger soigneusement les prompts, en indiquant exactement les codes de structure, pour qu'il ne parte pas dans une fausse direction.

[Ajouté] C'est dans l'aide au codage que ChatGPT est véritablement bluffant ! Il comprend votre besoin, propose une solution de codage, propose des modifications à cette solution si la solution ne fournit pas le résultat attendu, repère dans votre code les erreurs de syntaxe, mais aussi de logique de programmation...
Et, au bout du compte, par itérations, on trouve ensemble la solution permettant d'obtenir le résultat escompté.

#297 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 12-08-2024 09:34:36

Bonjour Eust_4che, Rescassol, Bernard, Jean-Louis, bonjour à tous

Je vous remercie de vos interventions qui font, à mon sens, avancer le débat et les réflexions.

Je répondrai de façon élaborée, comme j'aime le faire, un peu plus tard.
Pour l'instant, toute mon attention est accaparée par la réalisation d'un tableau très technique en html, css et JavaScript.
(C'est d'ailleurs en m'apprêtant à écrire cela que j'ai découvert le message de Jean-Louis.)

Ô que j'apprécie ton message, Jean-Louis, qui est très juste !!  Merci !!

Oui, j'essaie précisément d'élaborer une écriture symbolique alternative qui puisse traduire les évolutions des fonctions concernées, et qui utilise des symboles LaTeX existants.
Pour l'instant, mes croquis et leur codage en LaTeX ne me satisfont pas. Mais je ne doute pas que j'arriverai à vous proposer une écriture épurée, facilement compréhensible et traduisible dans sa langue de pensée, et facilement codable en LaTeX.
Je suis preneur de toute suggestion !

Bonne et fructueuse journée, qu'elle soit de travail ou de vacances.

#298 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 10-08-2024 11:07:14

Bonjour,

En résumé — excusez-moi d'insister, mais c'est un sujet qui me tient à cœur —, et en étant "quelque peu" iconoclaste, les limites

     $\lim \limits_{x \to \infty} e^x = +\infty$

     $\lim \limits_{x \to \infty} \dfrac {e^x} x = +\infty$

     $\lim \limits_{x \to -\infty} e^x = 0$

     $\lim \limits_{x \to -\infty} x e^x = 0^{-}$

     $\lim \limits_{x \to \infty} \ln x = +\infty$

     $\lim \limits_{x \to \infty} \dfrac {\ln x} x = 0^{+}$

     $\lim \limits_{x \to 0^{+}} \ln x = -\infty$

     $\lim \limits_{x \to 0^{+}} x \ln x = 0^{-}$

devraient être purement et simplement interdites car relevant d'un non-sens total !


A la place devraient être enseignées les formulations en français — c'est utile le français en maths ! — suivantes :

  • La fonction exponentielle de base $e$ croît infiniment rapidement quand sa variable, positive, croît.
    Exemple : $e^{30} = 10 \: 686 \times 10^9$

  • La division de la fonction exponentielle de base $e$ par sa variable ne change rien à la croissance infiniment rapide.
    Exemple : $\dfrac {e^{30}}{30} = 356 \times 10^9$

  • La fonction exponentielle de base $e$ tend infiniment rapidement vers 0 lorsque sa variable, négative, décroît.
    Exemple : $e^{-12} = 6,1 \times 10^{-6}$

  • La multiplication de la fonction exponentielle de base $e$ par sa variable lorsque celle-ci est négative ne change rien à la décroissance infiniment rapide.
    Exemple : $e^{-12} \times -12 = -7,4 \times 10^{-5}$

  • La fonction logarithme népérien croît infiniment lentement.
    Exemple : $\ln 10^9 = 20,7$

  • Comme la fonction logarithme népérien croît infiniment lentement, la division par sa variable lorsque celle-ci croît infiniment produit un nombre infiniment petit.
    Exemple : $\dfrac {\ln 10^9}{10^9} = 2 \times 10^{-8}$

  • La fonction logarithme népérien décroît négativement lentement lorsque sa variable tend infiniment vers 0.
    Exemple : $\ln 10^{-9} = -20,7$

  • La multiplication de la fonction logarithme népérien par sa variable lorsque tend infiniment vers 0 produit un nombre infiniment petit.
    Exemple : $\ln 10^{-9} \times 10^{-9} = -2 \times 10^{-8}$


Sur ce, je dois me préparer pour aller au Parc des Princes en tant que volontaire, malheureusement aux abords et non à l'intérieur du stade.

Bonne journée olympique à tous !

#299 Re : Entraide (collège-lycée) » Croissance comparée en spécialité maths » 07-08-2024 13:34:31

Bonjour Yoshissime, bonjour à tous,

Oui, bien sûr, je connais cette légende. J'ignorais par contre le nom du sage, et je ne savais pas que la quantité de grains (de blé ou de riz, selon les versions) permettrait de couvrir d'une épaisseur de 1 m une superficie équivalente au territoire de la France.

Un autre grand nombre est le nombre de coups — $1,8447 \times 10^{19}$ — , et donc le nombre d'années — $5,84 \times 10^{11}$, en comptant un coup par seconde, soit 42 fois l'âge de l'Univers — pour déplacer 64 disques d'une tige à une autre, en utilisant une tige intermédiaire (exercice dit des Tours de Hanoï).
Voir le corrigé que j'ai rédigé il y a quelques années : https://www.cjoint.com/c/NHhmDfiLnTD

(Le problème mathématique des tours de Hanoï a été inventé par Édouard Lucas. Paru d'abord en fascicule en 1889 , il est publié ensuite dans le tome 3 de ses Récréations mathématiques, parues à titre posthume en 1892. Il annonce que ce problème est dû à un de ses amis, N. Claus de Siam (anagramme de Lucas d'Amiens, Amiens étant sa ville de naissance), prétendument professeur au collège de Li-Sou-Stian (anagramme de Saint Louis, le lycée où Lucas enseignait). Wikipédia)

#300 Re : Entraide (collège-lycée) » Retour sur le Pendule de Foucault » 06-08-2024 15:33:31

Bonjour Yop,

Merci de nous donner de tes nouvelles !
Bonne (brillante) suite, donc !

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