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#1 Re : Entraide (supérieur) » Similitudes » 02-07-2010 14:09:38
Je vais contrarier Domi
C'est pô gentil !
C'est sûr qu'on peut fixer nous mêmes O et O' et ainsi calculer le centre de la similitude composée. Moi j'applique les ordres : c'est pas dans l'énoncé, je fais pas.
Sinon, je me suis posé la question suivante :
s est une similitude directe, et s est la composée d'une homothétie et d'une rotation : l'un se déduit de l'autre ? Comment est défini la similitude directe ? Est-ce que par définition, une similitude directe est la composée d'une rotation et d'une homothétie ou bien est-ce que cela se démontre ?
Je t'ai suggéré de regarder un manuel de terminale S spé maths : toutes les questions que tu poses y sont traitées, et ce n'est pas vraiment le rôle d'un forum de recopier un bouquin. Ton exo est d'ailleurs une application directe du cours : si tu veux qu'il soit "productif", je ne saurais que trop te conseiller de regarder ce cours que visiblement tu ne connais pas.
#2 Re : Entraide (supérieur) » Similitudes » 02-07-2010 08:04:19
Les similitudes qui te concernent (définies par le centre = point invariant, l'angle et le rapport) sont des similitudes dites "directes". Elles conservent les angles orientés, contrairement aux similitudes indirectes qui les inversent.
Dans le plan complexe, une similitude directe peut s'exprimer sous la forme :
z' = s(z) = az+b
avec a et b complexes
Le coef a est très important : son module est égal au rapport de ta similitude et son argument est l'angle.
Si tu prends 2 similitudes directes et que tu les composes, tu obtiens :
s(z) = az+b
s'(z) = a'z+b'
sos'(z) = a(a'z+b')+b
sos'(z) = aa'z +(ab'+b)
On obtient bien une forme caractéristique d'une similitude directe.
Le coef aa' te donne le coef et l'angle. Tu retrouves le résultat de Webern : les modules sont multipliés et les angles additionnés (si a=r exp(i teta) et a'=r' exp(i teta'), alors aa' = rr' exp(i(teta+teta'))
Dans ton cas (si tu as donné tout ton énoncé), on ne peut pas calculer le centre de ta similitude, il manque soit les coordonnées de O et O', soit les coordonnées d'un point et de son image par sos'
Un bon conseil : trouves un bouquin de termS avec l'option spé maths, tout ce que tu cherches est dedans !
#3 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 28-06-2010 13:48:35
P.S.Je voudrais encore préciser que je suis exaspéré par le dédain que témoignent certains crétins diplômés envers les travailleurs manuels.
Mon pauvre Nérosson, je pense que c'est bien pire que ça, il ne s'agit pas de quelques crétins, c'est carrément institutionnalisé.
C'est un peu ce que je disais à Yoshi : regarde le salaire des travailleurs manuels à côté de celui des travailleurs "intellectuels". Si ce n'est pas du dédain, c'est quoi ? Certes, il y en a qui s'en tirent très bien, mais c'est vraiment une minorité.
Et le gros souci, c'est que dès le collège, ceux qui ont des résultats qui laissent à désirer ont l'épée de damoclès au dessus de la tête : ils auront droit à une "orientation" (c'est le terme pudique employé).
Dans l'esprit collectif, c'est quasiment perçu comme une punition.
Personne n'est dupe, surtout pas les intéressés, qui savent bien qu'ils vont en baver au boulot (pénibilité, horaires atypiques…) pour un salaire pas très réjouissant. Même si le boulot est intéressant, à force, c'est pesant pour les gens concernés, mille fois hélas.
#4 Re : Café mathématique » technique de normalisation des notes » 27-06-2010 19:57:36
@ Thadrien : que nenni, le CAG est fait pour donner un niveau de sortie constant quel que soit le niveau d'entrée => ça correspond à une compression infinie, puisqu'en sortie on n'a plus du tout de dynamique.
Ramené au pb de Freddy, ça donnerait la même note finale à tout le monde ! Un poil démago !!
C'est bien de l'expansion : on part d'une dynamique faible (notes de 2 à 8 par exemple, la dynamique correspondant à l'étendue en stats) pour arriver à une forte dynamique (de 2 à 18 par exemple).
@ Yoshi : je suppose que de toutes façons, Freddy rentre ses notes dans un tableur, donc après, le calcul ne coûte pas très cher…
@ Freddy : dans ton processus, quand tu as noté sur 97 ou 103, pourquoi t'enquiquiner à revenir sur 20 au 1/4 de point pour ensuite appliquer ta moulinette ? Tu peux directement appliquer ta moulinette avec la moyenne et l'écart type de ta notation sur 103 pour obtenir une note "correcte" sur 20, les coefs seront justes différents !
Dernière question : en fait, ton algo est juste une fonction de transfert affine qui fait furieusement penser aux outils de retouche d'image numérique (luminosité / contraste), avec la fameuse courbe de la fonction de transfert entrée/sortie.
As-tu envisagé une fonction de transfert non linéaire, type courbe en S ? (bah allez, c'était une blague…)
#5 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 26-06-2010 16:18:22
Erreur commune donc très répandue, suite à déformation (volontaire ?) des propos de Chevènement. Son ambition exacte était d'amener 80% d'une classe d'âge au niveau du Bac, pas de faire 80% de bacheliers...
C'est clair que ce propos a été la cible de toutes les attaques et déformations possibles et imaginables.
Je suis d'accord avec toi sur le vocable "niveau bac" qui est effectivement différent de "bac" : le diable se cache dans les détails (comme en maths d'ailleurs !). => j'ai pas assuré !
Je ne vois pas en quoi la formule "certificat de fin d'études secondaires" est provocatrice, ça pourrait effectivement être utile… D'ailleurs, ça doit bien exister sous une autre forme plus officieuse (style bulletins de terminale ou qqchose comme ça), car certain élèves recalés passent un DAEU (diplôme d'accès aux études universitaires) pour pouvoir poursuivre des études sup.
Tu connais sûrement ce "faux" diplôme, "faux" car il n'est validé comme équivalent bac que lorsque tu valides ta première année post bac. C'est juste un sésame provisoire d'entrée dans le supérieur.
Par contre, quand tu parles "d'erreur commune très répandue", si tu te reportes au graphique que j'ai joint dans un post précédent, on voit clairement une pente abrupte cassée net en plein élan : je ne pense pas que les ministres aient dit : stop, on a le quota de "niveaux" bac, on arrête tout.
Je ne me rappelle plus trop la cause invoquée par Maurin, mais grosso modo, ça doit être la fronde enseignante contre l'ouverture en grand des portes des lycées sans préparation aucune des protagonistes qui a dû arrêter le processus de démocratisation. Il faudrait voir dans les textes ministériels de l'époque ce qui a causé cette rupture si nette.
Je vais te raconter une anecdote...
Nous sommes bien d'accord, ça reste une anecdote ! C'est un peu ce genre de raisonnement qui est à la base du mythe Américain de l'ascension sociale. Or, les stats sont sans appel : la société Américaine est (encore) plus immobile que la nôtre du point de vue ascension sociale. En clair, les gosses de riches s'en tirent bien mieux que les autres.
Et sinon, je reste (encore : si je vous gonfle, dites le moi !) sur des stats : tu prends une cohorte de CAP boulangers, et une autre de BAC pro ou de BTS, et tu compares le niveau de boulot et la paye, et on en rediscute…
Parce que pour un boulanger qui a gazé, tu en as 9 qui rament dans la cave de leur patron à bosser la nuit pour un gros SMIC.
Et les patrons boulangers héritent aussi souvent du fond de commerce de papa, ça aide…
Et là, dans notre quartier, notre boulanger vient de tirer sa révérence : aucune vie sociale, il en avait marre (à 45 ans environ).
Et une contre-anecdote pour finir : imagine que ton copain soit, comme un de mes cousins, allergique à la farine et qu'il soit obligé d'abandonner un boulot qui lui plaît ? Que fait-il ? Il se recycle dans quoi ? C'est là qu'il est content d'avoir son bac C…
Maintenant, je suis d'accord avec toi : il est totalement illusoire en tant que parent d'obliger un gamin à faire des études à contre cœur, c'est toujours improductif.
Et on ne compte plus les cadres qui, passé la quarantaine, en ont marre de leur boulot et se recyclent dans un boulot plus manuel… Mais là, pareil, les gros sous accumulés dans la vie de cadre, ça permet de voir la vie différemment qu'un débutant avec son CAP en poche.
PS : pour ta fille, ils ont effectivement pas été fair-play du tout, en général, surtout avec une moyenne aussi proche de 10, ils arrondissent et ça passe. Rageant et totalement inutile de faire doubler un élève dans ces conditions.
#6 Re : Café mathématique » technique de normalisation des notes » 25-06-2010 15:39:32
Réflexion faite, si je ne m'abuse, ta moulinette de calcul c'est un peu un "compresseur-expanseur"* ?
J'explique : les bonnes notes (au dessus de la moyenne) prennent un bonus, mais les mauvaises (sous la moyenne) prennent un malus. Et plus t'es bon, plus t'as de bonus, plus t'es mauvais, plus t'as de malus.
J'ai bon ?
* : technique utilisée en électronique pour améliorer le rapport signal sur bruit d'un dispositif : on augmente le niveau des signaux forts (le signal) tout en affaiblissant le niveau des signaux faibles (le bruit).
#7 Re : Café mathématique » technique de normalisation des notes » 25-06-2010 15:26:41
En un mot : bravo !
Ce qui est bien, c'est que tu es conscient de l'effet "GVT" et que tu corriges le tir de manière très scientifique, alors que d'autres se contentent de mettre des sales notes et de devenir… déclinologues !!!
D'ailleurs, si je ne m'abuse, ta méthode n'est-elle pas similaire à celle utilisée au bac et à certains concours (CRPE par exemple) dans les commissions de normalisation des notes ?
#8 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 25-06-2010 15:17:44
Salut Nérosson,
pour répondre à ta question, je pense que c'est un faux problème : on n'a jamais donné le bac à un champion de surf, au vu des coefs du surf et des autres matières. S'il est nul, ce ne sont pas les 4 ou 5 points grapillés avec le surf qui vont lui "donner" le bac.
Par contre, ne négliges pas le sport !
Il y a notament des écoles d'ingénieur et des écoles de commerce (à recrutement sur dossier, les concours c'est autre chose) qui privilégient les candidatures de gens qui font du sport à haut niveau, par rapport à des candidatures d'élèves standard (lire : sportifs mais sans plus) qui ont de meilleures notes aux matières "scolaires".
Ils considèrent que ces gens là ont un mental, une résistance et une "niak" que n'auront pas les autres dans l'exercice de leur carrière, et feront peut-être de meilleurs ingénieurs et commerciaux que des élèves simplement "scolaires".
Ca se discute aussi !
#9 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 25-06-2010 10:32:03
@ Nérosson : les "impressions" et intuitions sont bienvenues dans tout débat, quelqu'il soit et ce n'est pas parce que tu n'as pas de "preuves" qu'il faut te taire et rester dans ton coin, bien au contraire.
D'ailleurs, qui a la "preuve" ? Maurin a fait un boulot remarquable, maintenant, il est aussi sujet à la controverse, comme tout boulot, et le débat autour de ses idées fait rage, avec des protagonistes de haut vol.
A part ça, j'ai tranché de manière un peu binaire entre les déclinologues et les autres… En fait, c'est évidemment plus nuancé que ça.
Quand tu dis "les déclinologues voient le mal dans le fait qu'on ait donné à un plus grand nombre la possibilité d'aller au delà du primaire", il n'est évidemment pas question de vouloir sciemment laisser sur le carreau un grand nombre d'élèves. Tout est question d'arbitrage : doit-on A BUDGET DONNE (!!! ben oui, l'édu n'est pas à budget illimité) privilégier une élite et sacrifier les autres (c'était le cas dans les années 50), ou au contraire doit-on ouvrir plus largement les portes, quitte à voir baisser le niveau des meilleurs ?
Regarde ce qu'a écrit Yoshi, il ne dit rien de bien différent : "Domi, adresse-toi à n'importe quel Prof de Maths de 1ere ES ou S de TS ou TES et il te dira, qu'hélas avec les moyens qui lui sont impartis, il est contraint, pour boucler le sacro-saint programme, de laisser en route un certain nombre d'élèves"
Les gens que je classe comme déclinologues font partie du premier groupe, sachant que leur thèse est que justement, d'après eux, en démocratisant l'école, on a abaissé le niveau (sous entendu le niveau des meilleurs, car le niveau moyen a considérablement augmenté, ce que beaucoup de déclinologues oublient et que Maurin, Baudelot et Establet ont démontré avec force études statistiques)
Après, ce n'est pas par volonté de méchanceté, mais c'est plutôt vu (souvent à regrets, mais pas tout le temps, il existe aussi une vraie "élite" qui ne recule devant rien pour conserver son pré carré…) comme un mal nécessaire.
En tous cas, ton anecdote est intéressante et illustre bien le gâchis de cette époque.
Quant à la remarque de Freddy, il a évidemment raison d'un côté, mais d'un autre, l'institution scolaire est là pour former et ensuite évaluer les élèves : c'est sûr que le meilleur sera celui qui satisfera le mieux aux critères de sélection, et on peut toujours trouver d'autres critères qui modifieront le classement. C'est un autre débat, celui de la méritocratie ! Prochainement dans le café ?
#10 Re : Entraide (collège-lycée) » Sujet Bac Lille AAA9... Oui, mais que sont les A ??? » 24-06-2010 18:47:11
A vue de nez, c'est pas du 2009, la géom vectorielle et les barycentres sont passés de mode au bac. Mais ça peut être plausible jusqu'à 2005 => je dirais 1999…
Voilà ma maigre contribution, j'ai fait le corrigé de l'exo II ( un sasfépu donc…)
Dispo ici
et aussi le fichier géogebra (je sais, ici c'est une provocation. Je suis désolé, le prenez pas mal, mais c'est mon standard depuis des lustres, alors…).
Pour la question 2, j'ai fait analytique, c'est pas beau mais au vu du résultat, j'ai des doutes sur une autre méthode.
Toute remarque ou correction de mes éventuelles bêtises bienvenues, évidemment.
Modife le 25 juin…
Le sujet n'intéresse pas grand monde, visiblement.
J'ai joint le corrigé de l'exo I : les géniteurs du sujet n'ont pas eu une imagination débordante, et les 2 questions sont trop similaires à mon goût : on a tout bon ou tout faux à cet exo !
voir le pdf ici
J'ai aussi l'impression que mon fichier géogebra est foireux… (on t'avait prévenu diront les esprits chagrins !)
=> si qq'un pouvait tester…
Et aussi : qq'un a trouvé une solution vectorielle à la question 2 de l'exo II ?
#11 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 24-06-2010 09:18:39
Merci Yoshi pour ta participation fournie et instructive à ce débat !
Tout d'abord (et c'est valable pour tous les contributeurs de ce fil), il ne faut pas voir le terme "déclinologue" comme étant péjoratif. C'est juste la désignation des gens qui sont en accord avec la théorie du déclin (c'était mieux avant, les résultats étaient meilleurs, les élèves étaient meilleurs…) Cette théorie n'existe d'ailleurs pas uniquement à propos de l'éducation, et elle est soutenue par des gens brillants et influents. Maintenant, chacun choisit son camp en son âme et conscience, il n'y a pas de mauvais camp. Par contre, j'essaye au maximum d'étayer mes propos, j'en attend de même du camp d'en face, et pas uniquement du "on dit".
Le corollaire de cette théorie du déclin, c'est l'accusé suivant : le niveau est en baisse et le système éducatif décline parce qu'on a ouvert en grand les portes du collège (la fameuse réforme du collège unique).
Or, actuellement, cette démocratisation est largement remise en cause, et les déclinologues sont (hélas de mon point de vue) en train de gagner la partie.
Dans son bouquin, Maurin commence par un exemple étranger : l'Angleterre, qui à l'orée des années 60 triait 15% d'heureux élus à l'âge de 11 ans pour faire des "grandes" études. Et tant pis pour les autres.
Avec un tel tri aussi drastique et précoce, nul doute que les heureux élus étaient de bons élèves, mais aussi, le pays regorgeait de gens intelligents restés sur le carreau et qui arrivaient à faire leurs preuves au boulot, sans diplômes, ou avec un très faible diplôme.
La situation était assez semblable en France, avec les mêmes conséquences. On peut donc dire sans trop se tromper qu'une personne qui n'a que son brevet aujourd'hui a vraissemblablement un potentiel beaucoup plus faible qu'un titulaire de brevet des années 60.
C'est juste un effet de structure : ca ne veut pas dire que le niveau a baissé, ça veut dire que celui qui n'a eu que son brevet en 60 aurait eu l'opportunité de passer le bac ou un DUT aujourd'hui, ce qui n'aurait fait que rendre justice à ses capacités.
Ensuite, Maurin raconte tout le processus de démocratisation en France depuis la fin des années 50, et après, il analyse le bienfait de cette démocratisation en termes de salaires et positions hiérarchiques : il en déduit que ce n'est pas du vent, du diplôme en carton. Les diplômes servent réellement à avoir un meilleur boulot mieux payé.
Cette démocratisation a-t-elle été nécessaire ? Bien sûr ! Là encore, effet de structure : la France était majoritairement agricole et ouvrière dans les années 50, comparé à aujourd'hui où le nombre de postes de cadres a augmenté drastiquement, ainsi que ceux des professions intermédiaires, tous ces postes correspondant à des bac-bac+2 à bac+5. C'était donc une nécessité absolue pour le pays !
Et même aujourd'hui, pour qui connaît un peu une usine de production moderne ou le travail d'un agriculteur, le boulot a considérablement changé et nécessite beaucoup plus d'aptitudes intellectuelles qu'en 1950.
Et ça, Yoshi, je suppose que tu es d'accord avec moi ?
Après, tu te poses légitimement la question de l'accès en masse à l'université (et d'abord au lycée, car la réforme du collège unique n'a jamais vraiment été prolongée au lycée, qui s'est vu imposer une démocratisation sans trop rien changer à ses pratiques).
Il y a un phénomène bien connu qui explique un bon pourcentage d'échecs en fac. A l'origine, BTS et IUT ont été créés comme prolongements naturels des bacs techniques (bacs pro et techno d'aujourd'hui). Or, les places sont trustées en majorité par des bac S, qui auraient beaucoup plus leur place en fac. Bilan : 70% des titulaires de DUT continuent leurs études, et un gros wagon de bacs techniques échouent (au propre comme au figuré) à la fac car leur cursus ne les a pas du tout préparés à ça, mais ils sont là faute d'autre choix…
L'enjeu de la démocratisation, c'est justement : comment la mener à bien, pour emmener un maximum d'élèves au maxi de leurs capacités ? Or, dans ce qui s'est passé, le collège a beaucoup plus subi l'ouverture en grand des portes qu'autre chose, d'où l'inadéquation entre l'offre de formation et la population visée, et c'est pire au lycée. Grosso modo, le discours ambiant, c'est "on ne change rien, les élèves doivent s'adapter".
Alors évidemment, dans ces conditions, pour satisfaire certaines demandes ministèrielles, on peut être tentés de juste remonter les notes aux examens…
C'est évincer le gros du problème qui est l'adaptation du contenu à une instruction de masse.
Et ne nous trompons pas de problème : ce n'est pas tant du ressort de chaque prof dans son coin (je suis persuadé, Yoshi, à te lire sur ce forum, que tu as personnellement tout mis en œuvre pour emmener le maximum d'élèves au mieux qu'ils pouvaient faire) que du point de vue institutionnel, d'avoir une vraie politique de massification. Car en gros, et comme d'habitude, les politiques ont dit : faut massifier, profs, démerdez-vous.
Même avec plein de bonnes volontés, ça ne marche pas. D'où la remise en cause actuelle, la lassitude légitime des profs, etc.
Cela dit, si je compare les épreuves de maths de TS actuelles, avec celles de mon époque (Bac Math-Elem 67), il est évident qu'il n'y a pas de baisse de niveau : des bricoles en plus, des bricoles en moins... Pas de quoi fouetter un déclinologue (j'évite les chats, par crainte de voir la SPA s'en mêler), donc...
Tu n'es donc pas déclinologue ! Par contre, quand tu dis qu'il "est évident qu'il n'y a pas de baisse de niveau", ce n'est pas évident pour tout le monde.
Bien sûr que dans l'absolu, il est souhaitable qu'un maximum de jeunes ait un niveau Bac mini, sans pour autant les ancrer dans l'idée que seul le travail intellectuel est noble : l'intelligence est aussi bien au bout des doigts que dans la tête...
Le souci, c'est que ça ne se retrouve pas dans la paye ! Tu as sûrement connu au début des années 80 les slogans "revalorisation du travail manuel" ? Ca reste de la grosse bouffonnerie tant que la paye ne suit pas, c'est à ça qu'on reconnaît la noblesse de ton travail. Note qu'en Allemagne, le système est plus sélectif qu'en France, mais jusqu'à une époque récente (ça change très vite et très mal en ce moment là bas…), une carrière ouvrière était très valorisée en Allemagne, tant du point de vue considération que salaire, ce qui est loin d'être le cas en France.
Et puis, il faut voir autre chose : si j'en crois Marie Duru-Bellat dans son dernier bouquin sur la méritocratie (qui est un débat qui découle du nôtre !), 5 ans après l'obtention de leur dernier diplôme, seulement 30% de personnes travaillent dans un domaine en lien avec ce diplôme.
D'où l'intérêt d'avoir une formation généraliste la plus élevée possible, sinon, les reconversions sont difficiles.
Ca répond un peu à ton interrogation suivante :
Pourtant à l'heure actuelle (et j'ai la certitude absolue que c'est au-delà d'un simple sentiment) qu'un certain nombre (voire un nombre certain) de ceux qui ont obtenu leur Bac déchantent après... Est-ce un service à leur rendre ?
Il ne faut pas se contenter de voir le bénéfice immédiat du bac en termes de poursuites d'études, il faut aussi voir la reprise d'études après une période de travail, ou des formations professionnelles spécifiques, qui sauront l'utiliser, le niveau bac de ton élève ! Et oui, ça lui rendra service.
Pour finir, ce graphique éloquent qui montre que la démocratisation a été stoppée net en 1994, quand ses derniers promoteurs (Jospin et Allègre, dans la foulée du 80% de bacheliers de Chevènement) ont cessé d'y croire sous le feu des critiques :

Dommage…
#12 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 22-06-2010 17:02:21
Le problème de ce débat, c'est que le camp de ceux que j'appelle les "déclinologues" se comporte toujours de la même manière, même concernant des gens qu'on pourrait qualifier de sérieux : leur propos ne s'appuie que sur leur intime conviction ou sur quelques exemples, soit directement vécus, soit racontés par une tierce personne (que j'ai trivialement appelée Nanard). JAMAIS ces gens n'ont étayé leur propos par la moindre PREUVE.
C'est là que le sujet rejoint les maths : les statistiques sont un outil mal aimé, mal compris et non reconnu du grand public, et c'est fort dommage.
Pour prouver son propos (qui est : le niveau général de la population augmente, et, contrairement à ce qu'affirment les déclinologues, l'augmentation générale du nombre de diplômés ne s'est pas accompagnée d'une dévalorisation du diplôme (ex : diplôme d'ingé d'aujourd'hui = bac 1970) et d'une dévalorisation salariale qui va avec), Maurin a épluché des dizaines d'enquêtes emploi de l'insee, il a traité des tonnes de chiffres portant sur des millions d'individus sur plusieurs décénies, et il a pu chiffrer globalement l'augmentation du niveau de vie de la population due à l'augmentation du niveau d'instruction et faire un lien chiffré delta-salaire / delta-diplôme.
C'est un travail colossal et complexe (d'où mes 3 lectures attentives + alka seltzer), pas de la discussion de comptoir.
Hé ben avec tout ça, on trouve encore des zygottos en pyjama, et bien plus malheureusement encore, des gens ayant pignon sur rue (ex : Brighelli, agrégé de lettres, tellement influent qu'il se murmure que la réforme Darcos aurait largement été inspirée par ses idées) pour contredire ces résultats bétonnés avec un minimum de science (et de conscience) avec des "stats" portant sur l'avis de 10 parents d'élèves rencontrés dans une réunion concernant une classe prépa : très représentatif du paysage éducatif Français comme chacun en conviendra.
Le problème, c'est que chacun se fait son idée en fonction de son environnement proche, et en déduit une généralité qui peut être complètement fausse, mais qu'aucune statistique, aussi bonne soit-elle, ne pourra contrebalancer tellement l'intime conviction l'emporte sur la confiance en la statistique.
Snif…
#13 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 22-06-2010 13:48:20
« ce débat n'a aucun sens… »
Pas du tout d'accord avec toi, Freddy, c'est un débat actuel qui est absolument crucial. Du reste, il n'est pas spécifique à la france, beaucoup d'autres pays se posent aussi la même question.
L'enjeu, c'est la démocratisation scolaire : veut-on faire une nation avec 2% "d'élite" et le reste d'ânes comme dit l'honomatopé ou bien une nation avec une majorité de gens suffisament formés pour assurer des tâches plus complexes qu'avant dans l'industrie et les services ?
C'est tout le propos du livre d'Eric Maurin.
Le problème, c'est que ce débat est pourri par des "purs sangs" qui parlent dans le vide, sans aucune argumentation valable (et qui ramasseraient, même actuellement avec la "surnotation", un 3 en philo bien mérité eût égard à l'indigence de leur argumentation).
Ces gens là se focalisent d'ailleurs beaucoup trop sur le "haut de gamme" : les 20% de 17% des bac S qui vont en prépa, soit moins de 4% d'une classe d'âge si je compte à peu près bien. Establet et Beaudelot montrent une superbe corrélation dans leur bouquin : plus on ratisse large et plus on essaye de donner un bon niveau à tout le monde, plus l'élite est nombreuse et performante. De ce point de vue, la performance de la france reste décevante : élite étriquée en volume et moyenne en performances, et le reste de la promo est à la traîne. => peut mieux faire !
Maintenant, ce "débat" n'est pas un sujet de maths pures, on peut donc "purger"… sachant que le "café" est aussi fait pour ça, non ?
Reste que dans le bouquin de Maurin, il y a quelques séries statistiques pas trop simples à comprendre (mon bac doit être trop récent (1977), j'ai eu du mal à suivre, j'ai dû relire 3 fois certains passages !). Mais quand on a compris le protocole, le résultat est éclairant et sans appel.
#14 Re : Café mathématique » les moyennes pondérées et le bac » 20-06-2010 17:57:52
Et c'est parti, les "déclinologues" se lâchent…
C'est vrai que maintenant tout est pourri, c'était vachement mieux avant.
Freddy a donné deux chiffres concernant le bac : méditez les bien.
Je vous conseille aussi grandement les lectures suivantes :
- L'élitisme républicain de Christian Baudelot et Roger Establet
http://www.repid.com/L-elitisme-republicain.html
- La nouvelle question scolaire d'Eric Maurin
http://www.rue89.com/restez-assis/a-pro … ric-maurin
Maurin est quand même X-ENSAE, et il ne fait pas de la stat de comptoir à 2 balles. Mais je suppose qu'on va me rétorquer que vu son jeune âge, il a eu son bac surnoté dans un paquet de bonux, son diplôme de l'X ne vaut plus rien non plus, etc.
Essayez quand même de lire son livre qui explique preuves à l'appui (et pas des "je pense que…", ou "mon copain Nanard m'a raconté que…" ) les bienfaits de la démocratisation scolaire, avec l'historique de cette démocratisation et le parallèle avec ce qui s'est passé à l'étranger.
Baudelot et Establet sont plus vieux, donc leur bac vaut sans doute quelque chose. Le premier a même réussi à être prof à normale sup. Ils expliquent très bien au travers des résultats de l'enquête PISA les problèmes qui minent notre système scolaire.
Maintenant, d'autres chiffres que tout le monde peut tirer du rapport RERS dispo sur le site de l'éducation nationale :
Certes, les résultats au bac sont "stratosphériques". On parle moins du tri fait en amont. Seulement 64% de Français d'une classe d'âge donnée ont eu le bac en 2009 (tous bacs compris), un des taux les plus faibles d'Europe.
Et seulement 17% d'une classe d'âge ont un bac S (eh oui…).
Vous avez donc raison : on le donne à tout le monde.
Donc, les 85 à 95% de résultats au bac donnés ici et là ne doivent pas faire oublier la réalité : les collèges et lycées trient à fond pour avoir des bons résultats sur le journal, laissant sur le carreau un paquet de jeunes qui auraient pu espérer mieux.
Exemple : l'académie de Toulouse a un des meilleurs taux de réussite au bac (89% en 2009). Ca se paye en contrepartie par un taux d'accès de 62,2% d'une tranche d'âge au bac, presque 2 points sous la moyenne nationale. CQFD.
#15 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 16-06-2010 09:58:01
Bonjour Freddy,
j'ai regardé l'article wikipédia sur les nombres pseudo aléatoires : intéressant en effet.
Ce que j'en tire, c'est que même s'ils sont imparfaits, pour des "petits" tests (ex : 10000 valeurs), il n'y a pas de soucis de périodicité (je pense que mon test prouve qu'il n'y a pas de périodicité "simple" sur 1 million de valeurs avec le générateur d'Octave, car on ne retombe pas sur les mêmes valeurs de la suite après n échantillons. Après, il y en a peut-être d'autres formes de périodicité, en prenant par exemple une valeur sur deux, une sur trois… une sur n et en répétant mon test !).
Les ordis actuels sont quand même des monstres de puissance et de capacité mémoire (j'ai commencé avec un oric atmos 48k de RAM, processeur 8bits à 1MHz en 1984, ce qui n'est pas si vieux…) et permettent de faire des calculs à but pédagogique sans arrières pensées sur la validité des résultats.
De toutes façons, dans le pb qui m'intéressait, le souci était beaucoup plus dans l'interprétation du test que dans la validité de la pseudo-distribution de khi2, qui, vu la manière dont elle est générée, est aussi forcément source de variabilité !
#16 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 15-06-2010 11:18:26
Les séries de 30 sont beaucoup plus intéressantes !
On trouve un min de -0.79 et un max de 0.82 !!!
Environ 5 pour 1000 des coefs de corrélation ont une valeur absolue supérieur à 0.5.
L'histo donne ceci :

et la meilleure corrélation donne ceci :

Là, c'est vraiment très net.
Conclusion (à la hache, je te laisse cogiter ça car il y a sûrement plein de paramètres qui m'échappent) :
Sur 1 million de tirages consécutifs, il n'y a pas de répétition absolue des mêmes nombres (on serait tombés sur une corrélation =1 qqpart)
Sur 2*1000 échantillons pris dans la série, il n'y a pas non plus de franche corrélation (<0.15 en valeur absolue)
Sur des séries de 30 échantillons en revanche, on peut trouver de fortes corrélations, mais avec une occurence inférieur au pourcent.
Peut-on conclure que les manips de lycée qui sont basées sur des tirages de 1000 ou 10000 échantillons sont fondamentalement biaisées par cette corrélation ? Au vu des résultats, je ne pense pas vraiment, mais pour des analyses fines, peut-être que ça pose souci…
#17 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 15-06-2010 10:22:55
Ah, ça a été plus rapide que prévu !
Pour info, la fonction corrcoef d'Octave calcule la valeur suivante :
corrcoef(x,y) = cov(x,y)/(std(x)*std(y))
Au niveau des résultats, on a un min à -0.15483 et un max à 0.16543, soit des valeurs très faibles.
L'histo des répartitions des coefs de corrélation est le suivant :

et voilà ce que donne le plot des deux séries les "mieux" corrélées (une série en X, l'autre en Y) :

Globalement, on ne voit pas franchement de corrélation, mais localement, on peut voir des petits motifs.
Ce qui est bizarre, c'est qu'avec des séries plus courtes (100 valeurs consécutives), j'ai eu des coefs de corrélation plus élevés
=> je relance avec des séries de 30 pour voir
#18 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 15-06-2010 09:52:24
Ben non, va falloir revoir ta conjecture : les coefs de corrélation sont très proches de 0, et ça ne m'étonne pas. Vu que les nombres sont théoriquement aléatoires, si on corrèle une série avec la même décalée d'un cran, il n'y a aucune raison pour que les valeurs soient corrélées.
J'ai lancé ma moulinette, mais auparavant, j'ai fait un test de mon programme en prenant 100 valeurs parmi 1000 en glissant comme indiqué. Pour les coefs de corrélation, j'ai obtenu un truc à distribution qui peut ressembler à une gaussienne (ok, ok, je ferais le test de khi 2 pour vérifier ça !), avec des valeurs min / max aux alentours de -0.27 à +0.27 (c'est symétrique / 0).
Pour info, en prenant 2 séries de 1000 consécutives comme tu l'indiques, j'avais eu un coef de -0.06, soit une corrélation quasi nulle => sur 1000 valeurs, on doit pouvoir considérer que le générateur est à peu près bon ?
A ± 0.27, je trouve que la corrélation n'est plus si nulle que ça !
Pour info, voilà mon programme (si Yoshi traîne par là, il verra que comparé au python, y'a pas beaucoup de code pour le boulot que ça fait !) :
% test de nombres pseudo aléatoires
% Vecteur de nombres aléatoires
ech=rand(1001000,1);
% on le sauve
save ech
% Echantillon témoin de 1000 valeurs
echt=ech(1:1000);
% init du vecteur de corrélation
corgliss=zeros(1000000,1);
% Calcul des coefs de corrélation
for j=1:1000000
echj=ech(j+1:1000+j);
corgliss(j)=corrcoef(echt,echj);
end
% Résultat des coefs de corrélation
hist(corgliss,20); grid on
min(corgliss)
max(corgliss)
#19 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 15-06-2010 08:55:17
Dis moi, Freddy, je ne voudrais pas t'empêcher de dormir avec mon problème (cf l'heure de ton post) !
Le "pseudo" nombre aléatoire (c'est sa vraie dénomination, les concepteurs de programmes qui utilisent cette fonction sont conscients de ce que tu dis) pose effectivement souci.
Pour la répétition éventuelle des séries, il doit y avoir moyen de faire un genre de test d'autocorrélation assez simple, pour vérifier si oui ou non sur un certain nombre de tirages on retrouve des séries sinon égales, du moins fortement corrélées.
Je te propose le test suivant, que je vais tenter avec le logiciel Octave :
- tirage d'une série de nombres aléatoires (disons 1 million)
- on prend les mille premières valeurs (n°1 à 1000) : c'est notre série de référence
- on prend les mille premières valeurs mais décalées de 1 (n°2 à 1001)
- on calcule le coef de corrélation (enfin, c'est Octave qui bosse !) entre cette série et celle de référence
- on recommence l'opération en décalant encore de 1 (n°2 à 1002)
et ainsi de suite jusqu'au décalage 1million - 1000
On examine les valeurs des coefs de corrélation qui doivent être très faibles si les nombres sont vraiment aléatoires.
Qu'en penses-tu ?
Allez, je sens que l'ordi va chauffer sec aujourd'hui !
#20 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 14-06-2010 17:38:55
Sinon, je pense que c'est un choix fait par l'éducation nationale pour montrer aux élèves que les mathématiques ont des domaines d'application très variés.
C'est sûr, et non seulement je ne conteste pas la démarche mais au contraire, je me réjouis que les maths se soient ouvertes à la vie courante et qu'on ait abandonné la philosophie type "médecins de Molière" comme je l'ai connue dans les années 70. Il est clair que sur 100 élèves qui rentrent au lycée, combien feront des maths pures ? L'enseignement doit en tenir compte.
Maintenant, quand un sujet est un peu flou comme celui dont on discute, on peut le laisser au programme tout en évitant de le poser aux examens comme le bac (après, les concours, c'est autre chose…).
Mais c'est vrai que si ce sujet n'apparaît pas au bac, il ne sera sans doute pas traité en classe… C'est dommage, ça pourrait être l'occasion pour les profs de montrer aux élèves que même en maths, tout n'est pas "blindé", et qu'il y a des sujets à polémique et discussion !
#21 Re : Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 14-06-2010 12:40:05
C'est toujours un plaisir de te lire, Freddy ! Merci pour tes commentaires.
J'ai regardé le dico Bibmath (PS : dans ton lien, tu as englobé la virgule après le .html et donc le lien ne marche pas…), ça résume bien en effet.
J'ai lu un peu la même chose dans un livre du CERESTA. En fait, le point clé comme tu le dis, c'est le fait qu'un test d'hypothèse est négatif par nature, qu'on peut traduire en Normand par : on ne dit pas "c'est vrai", mais "ce n'est pas faux", ce qui est effectivement très différent.
Ce que j'ai vu aussi, dans le livre du CERESTA, c'est que les risques α et β ne sont pas complémentaires (α ≠ 1-β) dans le cas général. Intuitivement, je l'avais pressenti, car à priori, on ne connaît rien de la manière dont notre pièce (ou dé) est pipée et de la répartition des d2 qu'on obtiendrait en la lançant une infinité de fois.
Ce n'est donc pas parce que le dobs2 nous permet de dire à 1 ou 10% qu'on n'a pas affaire à de la fluctuation d'échantillonnage que ça signifie que le dé (la pièce) est pipé. Il peut y avoir d'autres causes !
Mais là, c'est clair, j'ai dépassé ma limite d'incompétence depuis longtemps, la théorie qui va avec a l'air vraiment très compliquée !
Reste le truc qui me choque : je ne comprends pas qu'un sujet pareil, qui fait débat et dont on trouve dans des documents "officiels" (manuels, publications) des conclusions contraires puisse faire l'objet de questions de bac.
#22 Café mathématique » Adéquation à une loi équirépartie » 14-06-2010 08:46:53
- Domi
- Réponses : 12
Bonjour à toutes et à tous,
Un type de problème me chiffonne depuis un certain temps : il s'agit de l'adéquation à une loi équirépartie. Ce type de problème est vu en 1eS et en Term ES et peut faire l'objet d'une question dans un sujet de bac.
Le but est de sensibiliser les élèves à la variabilité de l'échantillonnage.
L'expérience type consiste à lancer un dé n fois et se poser la question s'il est équilibré ou non. Pour ce faire, on calcule la somme des carrés des écarts des fréquences obtenues lors de cette expérience avec les probabilités théoriques : on obtient un indicateur dobs2.
Ensuite, dans le problème, on donne la loi de répartition d'un indicateur similaire mais issu de la simulation théorique d'une loi équirépartie (qui est en fait une loi de khi2).
Et on compare notre dobs2 au 9e décile de cette simulation théorique, qui vaut D9.
La formulation de ce problème telle que je l'ai vue dans des livres et aussi sur internet ( Adéquation à une loi équirépartie : http://pagesperso-orange.fr/gilles.cost … deqloi.pdf ) me pose problème.
Ex de formulation dans le Declic TermES (relatif à un jeu de pile ou face)
Théorème admis : 90% des valeurs de d2 obtenues lors de la simulation de la loi équirépartie sont inférieurs à D9, si la valeurs dobs2 trouvée lors de l'expérience sur la pièce testée est telle que dobs2<D9
Alors on conclut, avec un risque d'erreur de 10% que la pièce est équilibrée.
Si on extrapole ce théorème, et qu'on utilise le 99e centile comme valeur de comparaison, on conclut la même chose avec seulement 1% d'erreur. C'est d'ailleurs le raisonnement que fait l'auteur du papier cité plus haut, tout en reconnaissant qu'il y a là un paradoxe.
Et on peut aller plus loin…
En clair, plus le dé est pipé, plus on prouve avec une marge d'erreur de plus en plus faible qu'il est équilibré !!!
Ce raisonnement est celui que j'ai retrouvé un peu partout (sachant que dans certains manuels, le résultat au test reste suffisament évasif pour ne pas prêter à la polémique).
Maintenant, j'ai révisé plusieurs documents afin d'y voir clair, et dans wikipédia (test d'hypothèse), j'ai trouvé ça :
Il y a deux façons de se tromper lors d'un test statistique:
▪ la possibilité de rejeter à tort l'hypothèse nulle lorsqu'elle est vraie. On appelle ce risque le risque de première espèce et en général on note α la probabilité de se tromper dans ce sens. α est alors la probabilité d'avoir un faux négatif : de rejeter une hypothèse alors qu'en fait elle était vraie.
▪ la possibilité d'accepter à tort l'hypothèse nulle lorsqu'elle est fausse. On appelle ce risque le risque de deuxième espèce et en général on note β la probabilité de se tromper dans ce sens. β est alors la probabilité d'avoir un faux positif : d'accepter une hypothèse alors qu'en fait elle était fausse.
J'ai bien l'impression que dans les manuels, il y a confusion entre les risques α et β
Reprenons notre test et posons l'hypothèse nulle : le dé est équilibré.
le risque α correspond donc à la possibilité de REJETER à tort notre hypothèse nulle. Ca paraît logique : au delà de D9, il n'y a que 10% de chances pour que notre dobs2 corresponde à de la variabilité d'échantillonnage.
Ca reviendrait donc à reformuler le théorème précédent de la manière suivante : si dobs2>D9, on conclut, avec un risque de 10% que la pièce N'est PAS équilibrée.
Si on compare avec le 99e centile, on n'a plus que 1% de possibilité d'erreur, donc en clair on est quasi sûr que la pièce (ou le dé) est pipée, ce qui rejoint le bon sens.
Les commentaires qui pourraient éclairer ma chandelle sont extrêmement bienvenus !
#23 Re : Café mathématique » Les statistiques...et les médias » 01-04-2010 13:14:39
Bonjour à tous,
effectivement, super article.
Le problème, c'est que le raisonnement mis en question est extrêmement pervers car si on ne réfléchit pas un petit peu, il paraît logique.
Voici un autre exemple, poussé à l'extrême pour en montrer le ridicule :
il y a eu à une époque un débat sur la dépénalisation du canabis. Un ami m'avait rapporté les propos d'un député, qui disait en substance : la majorité des gens qui se piquent à l'héroïne ont fumé du canabis. Comprendre : si tu fumes, un jour tu te piqueras. Belle confusion entre condition nécessaire et suffisante…
Et mon ami d'extrapoler son propos : tous ceux qui fument du canabis ont bu du lait dans les premiers mois de leur vie.
Conclusion : arrêtez de donner du lait aux nourrissons, vous en faites des futurs drogués !
Je propose un sondage pour voir le % de gens qui tombent dans le panneau de telles affirmations :))
#24 Re : Entraide (supérieur) » sin ( ln n) [Résolu] » 15-05-2009 13:35:03
Allez, je viens parasiter, et proposer qqchose qui me semble plus simple (mais y-a-t-il une faille dans mon raisonnement ?)
Ne serait-il pas possible de revenir à la base de la def de la convergence = existence d'une limite = passé un certain rang n, on peut enfermer tous les termes de la suite dans un intervalle aussi petit qu'on veut.
Si on prend un nombre entier N très grand, on peut toujours trouver un entier N' = E(N*exp(pi))
Quand N tend vers l'inf, on a ln(E(N*exp(pi)))-ln(N*exp(pi)) = ln(E(N*exp(pi))/N*exp(pi)) qui tend vers 1
Donc, on aura sin(ln(N'))~sin(ln(N)+?) = -sin(ln(N))
Si on choisit N pour que le sin(ln(N)) soit différent de 0 (et cette valeur peut par def du sin aller de -1 à +1), on ne peut pas trouver d'intervalle aussi petit qu'on veut contenant tous les termes de la suite.
Elle ne converge pas, donc elle diverge.
J'ai bon ?
Domi
#25 Re : Enigmes, casse-têtes, curiosités et autres bizarreries » Sommes de nombres » 15-05-2009 10:29:56
Merci mille et une fois Domi de tes précisions qui me comblent d'aise ...
Mais il faut aussi et surtout remercier les auteurs des sujets de ces bouquins de maths de TC ou bien TS spé maths, qui, comme tu me le confirmes, se sont inspirés des travaux de matheux de temps anciens qui avaient dû passer du temps à trouver une approche aussi roborative et efficace.
Précisions pour le fun, parce que c'est vrai que question utilité…
C'est vrai qu'on trouve des bouquins avec des auteurs qui se défoncent un peu, et heureusement, parce qu'à part ça, on voit quand même énormément de pb stéréotypés, ce qui induit un comportement de bachotage chez les élèves : on gave tout ce qu'on peut pour le recracher à l'examen.
Ca ne génère pas forcément de l'intelligence…
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